Ces courriels qui embarrassent Hillary Clinton

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Selon John Wonderlich, directeur des programmes d'action de la Fondation Sunlight, il semble que l'objectif de Mme Clinton ait été de contourner les règles de reddition de comptes à l'égard du Congrès et de la loi d'accès à l'information.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Hillary Clinton n'a pas encore lancé officiellement sa campagne présidentielle, mais elle est déjà dans l'embarras. Durant ses quatre années à la tête du département d'État, elle a utilisé exclusivement un système privé de courriels pour ses communications officielles, a-t-on appris cette semaine. Transparence zéro. Polémique assurée. Explications.

Q: Quelles sont les questions juridiques et éthiques soulevées par l'usage exclusif d'une messagerie personnelle de la part d'Hillary Clinton à titre de secrétaire d'État?

R: La loi américaine rend obligatoire l'archivage par les Archives nationales de toute correspondance professionnelle des responsables américains. En utilisant une adresse courriel personnelle plutôt que gouvernementale, Hillary Clinton a cru pouvoir se soustraire à cette obligation. Depuis 2014, cependant, toute communication échangée depuis à partir d'une adresse privée doit également être archivée.

«Mme Clinton a probablement enfreint les règles du département d'État mais pas nécessairement la loi», a expliqué hier à La Presse John Wonderlich, directeur des programmes d'action de la Fondation Sunlight, une organisation américaine vouée à la transparence politique.

«Sur le plan de l'éthique, l'usage exclusif d'un compte courriel personnel est certainement contraire à la façon dont nous nous attendons à ce que les responsables gouvernementaux travaillent. Quand ils conduisent des affaires officielles, ils devraient utiliser les voies officielles. Il semble que l'objectif de Mme Clinton ait été de contourner les règles de reddition de comptes à l'égard du Congrès et de la loi d'accès à l'information», a ajouté John Wonderlich.

L'usage d'un compte courriel personnel soulève en outre la question de la sécurisation des communications délicates.

Q: Mercredi soir, Hillary Clinton a demandé au département d'État, sur Twitter, de rendre publiques les quelque 50 000 pages de courriels qu'elle lui a remises récemment. Cette démarche peut-elle satisfaire ses critiques?

R: «Nous n'avons aucun moyen de savoir si ces 50 000 pages de courriels constituent tout ce que Mme Clinton aurait dû remettre, dit John Wonderlich. A-t-elle supprimé des choses? S'est-elle abstenue de remettre certains courriels importants? Il ne faut pas oublier non plus que les gens qui ont pris les décisions quant aux courriels à envoyer étaient des employés de Mme Clinton et non pas des fonctionnaires du département d'État.»

La requête d'Hillary Clinton au département d'État, faut-il préciser, est intervenue après que des républicains du Congrès eurent déposé une assignation pour obtenir tous les courriels qu'elle a envoyés de sa messagerie personnelle à titre de secrétaire d'État. Ces républicains font partie de la commission d'enquête de la Chambre des représentants sur l'attaque contre la mission diplomatique de Benghazi en 2012.

Q: Quelles seront les retombées politiques de cette polémique?

R: Ross Baker, politologue de l'Université Rutgers au New Jersey, répond à cette question par une boutade: «La controverse suit les Clinton comme un chien fidèle.»

Sur un ton plus sérieux, le politologue estime qu'Hillary Clinton pâtira de la polémique actuelle parce que celle-ci jette une lumière crue sur un aspect négatif de son image, à savoir son manque de transparence, sa tendance à cultiver le secret.

Q: Comment une personnalité publique aussi expérimentée qu'Hillary Clinton peut-elle s'exposer à ce genre de controverse?

R: «Je pense que cela est dû à l'isolement dans lequel elle se trouve», répond le politologue de Rutgers. «Elle est entourée d'une vaste coterie d'admirateurs, d'apologistes, de protecteurs, de personnes qui prétendent parler en son nom. C'était son problème lors de la course à l'investiture démocrate de 2008.»

Et cela suscite un malaise chez certains démocrates, selon Ross Baker, qui a servi de conseiller à plusieurs sénateurs démocrates, dont Patrick Leahy du Vermont. «Je peux vous dire qu'il y a une grande nervosité et une grande anxiété devant le fait que le sort du Parti démocrate est lié à une personne ayant ces vulnérabilités manifestes.»

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