Poursuite du dialogue entre Washington et La Havane

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La presse a pu voir quelques minutes la secrétaire d'État adjointe américaine pour l'Amérique latine, Roberta Jacobson (ci-dessus), assise autour d'une grande table face à la directrice chargée des États-Unis au ministère cubain des Affaires étrangères, Josefina Vidal. Les deux diplomates chevronnées étaient entourées de leurs délégations dans une ambiance apparemment détendue, mais personne n'a dit un mot aux journalistes présents.

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Nicolas REVISE
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis et Cuba ont repris vendredi leur dialogue historique pour rétablir leurs relations diplomatiques mais le secrétaire d'Etat John Kerry a prévenu que les deux ennemis ne parlaient pas de rayer La Havane d'une liste américaine d'«États soutenant le terrorisme».

Les deux gouvernements ont entamé vendredi au département d'Etat un second cycle de pourparlers officiels avec l'objectif de rouvrir des ambassades et, à très long terme, de normaliser complètement leurs relations pour clore un demi-siècle de conflit.

Ces discussions font suite à de premiers entretiens officiels à La Havane fin janvier, dans la foulée de l'annonce-choc, le 17 décembre, par les présidents Barack Obama et Raul Castro d'une amorce de dégel entre les deux voisins.

«Les négociations en cours visent à régler la question du rétablissement des relations diplomatiques», a réaffirmé John Kerry devant la presse. «Le classement des États soutenant le terrorisme est un sujet distinct. Ce n'est pas une négociation. C'est une évaluation (...) qui se poursuit séparément», a-t-il argumenté.

Car La Havane réclame, avant même le rétablissement des relations avec Washington, d'être effacée d'une liste noire du département d'État de pays «soutenant le terrorisme». Cuba y figure depuis 1982 aux côtés de l'Iran, de la Syrie et du Soudan. Le 17 décembre, le président Obama avait indiqué avoir fait avancer le dossier.

Le diplomate cubain Gustavo Machin avait fait valoir récemment qu'il y aurait une forme de «contradiction» à rétablir les liens avec Washington tout en restant sur sa liste «terroriste». Mais, avait répondu un diplomate américain, «ce serait très facile de rétablir les relations diplomatique s'ils (les Cubains) ne liaient pas les deux choses».

Des délégations des deux pays discutent depuis 9 h et un point de presse est prévu vers 16 h.

Des journalistes ont pu voir la secrétaire d'État adjointe américaine pour l'Amérique latine, Roberta Jacobson, assise autour d'une grande table face à la directrice chargée des États-Unis au ministère cubain des Affaires étrangères, Josefina Vidal. Les deux diplomates chevronnées étaient entourées de leurs délégations dans une ambiance apparemment détendue mais sans un mot pour la presse.

Des ambassades peut-être au printemps 

L'objectif est de rouvrir, peut-être au printemps, des ambassades dans les deux capitales et d'y nommer des ambassadeurs. Les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1961 mais entretiennent depuis 1977 des sections d'intérêts qui font office de chancelleries.

«Nos présidents (Obama et Castro) et mon secrétaire d'État (John Kerry) seraient ravis si nous pouvions avoir tout réglé à temps pour le Sommet des Amériques» les 10 et 11 avril à Panama, avait indiqué un responsable du département d'État. MM. Obama et Castro devraient y assister dans six semaines. Une occasion pour une éventuelle rencontre historique et pour la réouverture d'ambassades.

Si l'échange d'ambassadeurs paraît envisageable, la normalisation complète promet d'être beaucoup plus compliquée: après plus de 50 ans d'hostilité, les contentieux sont légion, à commencer par l'embargo commercial et financier que Washington impose à l'île communiste depuis 1962.

La Havane demande sa levée, le président démocrate Obama y est favorable et a demandé au Congrès, contrôlé par les républicains, d'y travailler car lui seul a la prérogative institutionnelle pour le faire.

Des élus républicains et démocrates plaident aussi pour la fin de l'embargo mais ils sont aussi nombreux dans les deux camps à être vent debout face à une telle perspective. Ils dénoncent un processus de normalisation sans dialogue préalable avec le régime castriste sur les droits de l'homme et la répression politique.

Washington a certes assoupli ces dernières semaines quelques contraintes de l'embargo -- pour le secteur privé d'entreprises cubaines et dans les télécommunications -- mais l'essentiel reste en vigueur.

Juste avant les entretiens américano-cubains fin janvier, La Havane avait libéré 53 dissidents d'après une liste établie avec le gouvernement américain. Et les discussions de vendredi pourraient peut-être aussi permettre de fixer une date pour une possible première réunion officielle sur les droits de l'homme, selon des diplomates américains.

Ce processus historique de normalisation entre les États-Unis et Cuba avait en fait commencé dans le plus grand secret il y a près de deux ans lors de négociations confidentielles menées du printemps 2013 à l'automne 2014, sous l'égide du Vatican et du Canada.

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