Obama: «Nous ne sommes pas en guerre avec l'Islam»

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Barack Obama a livré un discours mercredi après-midi à la Maison-Blanche lors du sommet pour «contrer la violence extrémiste»

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Barack Obama a appelé mercredi à lutter contre les «fausses promesses» de l'extrémisme et à discréditer les «idéologies haineuses» en déjouant la propagande des groupes terroristes qui ciblent particulièrement les jeunes musulmans sur internet.

«Nous ne sommes pas en guerre avec l'islam, nous sommes en guerre avec des gens qui ont perverti l'islam», a martelé le président américain au deuxième jour d'un sommet qui intervient après les attentats de Paris et Copenhague.

Les dirigeants d'organisations comme celle de l'État islamique (EI) «ne sont pas des leaders religieux, ce sont des terroristes», a-t-il insisté, relevant que ces derniers ne parlaient «évidemment pas au nom d'un milliard de musulmans».

Soulignant que les opérations militaires, comme les frappes aériennes depuis des mois contre l'EI en Irak et en Syrie, ne pouvaient être la seule réponse face à la «violence extrémiste», M. Obama a jugé que les «terroristes étaient d'abord une menace pour les communautés qu'ils visent».

«Les groupes terroristes utilisent une propagande très ciblée dans l'espoir d'atteindre et de manipuler de jeunes musulmans, en particulier ceux qui se sentent abandonnés. C'est la vérité», a-t-il lancé. «Les vidéos de haute qualité, l'utilisation des réseaux sociaux, les comptes Twitter des terroristes sont conçus pour toucher les jeunes en ligne», a-t-il poursuivi.

L'EI a diffusé ces derniers mois une série de vidéos glaçantes montrant des décapitations d'otages soigneusement mises en scène. La dernière en date, mise en ligne dimanche, montre 21 Égyptiens de confession chrétienne copte alignés sur une plage les mains menottées dans le dos, avant que leurs bourreaux ne les décapitent au couteau.

En écho, Jeh Johnson, ministre américain de la Sécurité intérieure, a dénoncé l'utilisation «extrêmement efficace et habile» d'internet et des réseaux sociaux par les organisations terroristes, mettant en exergue l'évolution de leur mode de communication, infiniment plus sophistiqué que celui de l'ancien chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden «il y a quelques années seulement».

Le secrétaire d'État John Kerry a, lui, partagé une anecdote: «L'an dernier, deux jeunes hommes ont quitté la Grande-Bretagne pour rejoindre Daech, commandant avant de partir les livres "L'islam pour les nuls" et "Le Coran pour les nuls"».

Il a encore qualifié la lutte contre l'EI de «combat fondamental de notre génération».

«Réceptifs aux théories du complot» 

Appelant à faire preuve de franchise, le président Obama a en particulier appelé les leaders religieux musulmans à «faire plus» pour discréditer l'idée selon laquelle les pays occidentaux seraient «déterminés à supprimer l'islam». «Tout le monde doit parler très clairement», a-t-il lancé.

Soulignant la nécessité de répondre aux difficultés «que les terroristes exploitent» pour recruter, il a insisté sur le rôle de l'école: «quand des jeunes n'ont reçu aucune éducation, ils sont plus réceptifs aux théories du complot et aux idées radicales».

Plus tôt, la maire de Paris Anne Hidalgo, qui fait partie des représentants d'une soixantaine de pays invités à Washington, avait aussi insisté sur ce point, car «derrière chaque parcours de radicalisation, il y a un échec à l'école».

«À Paris, notre ambition est de prendre l'exact contrepied des "no-go zones" fantasmées par certains», a dit Mme Hidalgo, provoquant des rires dans l'assistance. Dans les jours qui ont suivi l'attentat contre le magazine satirique Charlie Hebdo le 7 janvier, la chaîne américaine Fox News avait à plusieurs reprises expliqué, carte à l'appui, qu'il existait à Paris des «no-go zones» (des zones de non-droit) échappant aux lois de la République et interdites aux non musulmans.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et les ministres de l'Intérieur français et britannique, Bernard Cazeneuve et Theresa May, sont également attendus jeudi au dernier jour de ce rendez-vous international annoncé en janvier après les attentats de Paris mais préparé de longue date.

Certains adversaires républicains de M. Obama ont déploré que ce sommet ne se concentre pas explicitement sur la lutte contre l'islamisme radical, jugeant en particulier regrettable que le président américain se refuse à parler d'«extrémisme islamiste». 

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