Le Congrès américain va supprimer la retraite des anciens nazis

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Agence France-Presse
WASHINGTON

La Chambre des représentants américaine a adopté mardi à l'unanimité une proposition de loi supprimant le versement de pensions de retraite à une poignée d'anciens nazis ayant vécu aux États-Unis, après de récentes révélations qui ont révolté les élus.

La loi, intitulée «Pas de retraite pour les nazis», doit encore être adoptée par le Sénat. Elle vise quelques anciens nazis encore en vie, qui ont quitté les États-Unis après avoir été identifiés par les autorités.

L'un d'eux serait l'Allemand Jakob Denzinger, présumé ancien gardien du camp d'Auschwitz pendant la Seconde guerre mondiale, qui vit aujourd'hui en Croatie. Selon un accord avec les autorités américaines, il a accepté en 1989 de quitter les États-Unis avant d'être déchu de sa citoyenneté américaine, mais aurait en échange eu le droit de continuer à toucher les pensions du système de retraite public américain (Social Security). M. Denzinger est visé par une enquête pour crimes de guerre par la justice croate depuis janvier.

Les anciens nazis qui quittaient d'eux-mêmes les États-Unis, et épargnaient aux autorités une longue procédure formelle d'expulsion, pouvaient bénéficier de la retraite, et c'est cette faille juridique que les parlementaires américains entendent combler aujourd'hui.

«Bien que le nombre de nazis recevant des pensions soit faible, continuer le versement de ces pensions serait une insulte à ceux qui ont souffert aux mains des nazis», a déclaré le républicain Sam Johnson, coauteur de la mesure.

Les parlementaires se sont empressés de déposer une proposition de loi après un article en octobre de l'agence américaine Associated Press, qui a révélé qu'au moins quatre anciens nazis continuaient à percevoir une pension.

Selon un rapport parlementaire de 1999, au moins 44 anciens nazis avaient perçu des pensions de retraite dans les décennies précédentes, et huit continuaient à toucher des chèques en juin 1999.

«Les responsables de l'Holocauste n'ont pas leur place aux États-Unis, et en aucune circonstance ils ne doivent avoir accès aux joyaux de la couronne, la retraite (Social Security)», a dit le représentant démocrate Xavier Becerra.

Des propositions de lois similaires avaient été déposées en 1999 et 2001, mais n'avaient jamais été examinées.

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