Des experts de l'ONU dénoncent les coupures d'eau à Detroit

Les activistes Tawana Petty, Priscilla Dziubek et Lou... (PHOTO REBECCA COOK, ARCHIVES REUTERS)

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Les activistes Tawana Petty, Priscilla Dziubek et Lou Novak (de gauche à droite) ont manifesté contre l'augmentation des coupures d'eau à l'extérieur de l'hôtel de ville de Detroit, le 24 juillet.

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Des experts de l'ONU chargés des droits de l'homme ont fermement condamné lundi les coupures d'eau courante à Detroit (Michigan) pratiquées contre des milliers de personnes qui n'arrivent plus à payer leurs factures.

Dans un communiqué publié après trois jours de mission dans la ville, les rapporteurs spéciaux des Nations unies, Catarina de Albuquerque et Leilani Farha, ont estimé que couper l'eau courante à 27 000 foyers en raison de factures impayées violait les droits de l'homme.

«C'est contraire aux droits de l'homme de couper l'eau courante à des gens qui n'ont tout simplement pas les moyens de payer leurs factures», a relevé Catarina de Albuquerque.

Les résidants noirs de Detroit sont souvent «contraints de faire des choix impossibles: payer leur facture d'eau ou payer leur loyer», a-t-elle ajouté.

Le problème a été accentué par une hausse brutale du prix de l'eau, qui visait à couvrir les coûts des fuites dues à une infrastructure en mauvais état, ont expliqué les rapporteurs de l'ONU.

«Cela, combiné à un nombre décroissant de clients et un taux de chômage en hausse, a fait que les factures d'eau sont devenues de plus en plus inabordables pour des milliers de résidents de Detroit vivant sous le seuil de pauvreté», selon Catarina de Albuquerque.

«De surcroît, des cas répétés d'erreurs grossières sur des factures d'eau ont été signalés, qui ont aussi servi de motif à des coupures» d'eau. «Dans la pratique, les gens n'ont aucun moyen de prouver qu'il s'agit d'erreurs et se retrouvent avec des factures impossibles à payer».

Ancien berceau de l'industrie automobile américaine, Detroit est devenue la plus grande ville des États unis à avoir déposé un dossier de faillite en juillet 2013.

Les autorités ont commencé à couper l'eau plus tôt cette année à tous les foyers qui n'avaient pas payé leurs factures durant deux mois.

Leilani Farha a estimé que cette politique allait à l'encontre «des normes sur les droits de l'homme internationalement reconnues».

Sa collègue Katarina de Albuquerque a indiqué avoir recueilli les témoignages de plusieurs habitants frappés par cette mesure.

«Une femme dont l'eau courante avait été coupée a expliqué que ses filles adolescentes devaient se laver avec une bouteille d'eau durant leurs règles et éviter de tirer la chasse des toilettes pour économiser l'eau», a-t-elle raconté.

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