Le Tea Party bat le numéro deux de la Chambre

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Un rallye du Tea Party à Washington en 2010.

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Agence France-Presse
Washington

Le numéro deux de la Chambre des représentants américaine, le républicain Eric Cantor, a été battu mardi lors d'une primaire par un candidat du Tea Party, une victoire surprise qui fait suite à plusieurs défaites de la mouvance dans le pays.

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Eric Cantor

Photo: AP

Selon des résultats quasi-complets du scrutin dans la septième circonscription de Virginie, le professeur d'économie David Brat a battu facilement Eric Cantor avec environ 55,5% des voix, soit environ 7000 voix d'écart sur 64 000 votants.

«Le message de la base ne pourrait pas être plus clair», a réagi Matt Kibbe, président de Freedomworks, une des organisations nationales du Tea Party. «Peu importe votre poste, peu importe votre pouvoir. Si vous vous éloignez des militants sur le terrain, votre siège est en danger».

Le monde politique semblait comme sonné de cette défaite, Eric Cantor étant l'un des républicains les plus puissants des États-Unis, appelé à succéder un jour au président actuel de la Chambre, John Boehner.

Cette victoire fait en outre suite à plusieurs défaites de candidats de la mouvance ultra-conservatrice du Tea Party dans les primaires d'autres États, face à des élus sortants soutenus par l'establishment du parti républicain, qui semblait en passe de reprendre la main après plusieurs années de divisions internes entre les différentes factions.

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David Brat 

Photo: AP

Eric Cantor avait reçu l'appui financier de nombreuses organisations liées au patronat, et ses ressources financières dépassaient largement celles de son adversaire, peu connu.

Mais le Tea Party a pris en joue plusieurs sortants républicains lors de la saison des primaires, en leur reprochant notamment leurs ouvertures en faveur d'une réforme des règles d'immigration et leurs votes de compromis sur le budget et la dette. C'est sur l'immigration que David Brat avait beaucoup fait campagne.

Comme l'ont souligné les démocrates mardi soir, Eric Cantor était pourtant loin d'être un modéré; il avait lui-même été soutenu auparavant par le Tea Party, et n'avait jamais pris clairement position en faveur d'une régularisation des sans-papiers.

Il avait toutefois tâché de renouveler la marque républicaine en en faisant un parti de proposition et non d'obstruction. Sous son impulsion, la Chambre avait voté une série de mesures économiques en faveur de la classe moyenne.

Côté démocrate, on analysait les résultats comme la preuve que les républicains avaient épousé les idées radicales du Tea Party: ultra-orthodoxie budgétaire, ultra-conservatisme sur les questions de société.

«Pour ceux qui étaient tombés dans le piège de croire que le parti républicain avait réussi à tuer le Tea Party, cette soirée devrait permettre de remiser cette théorie», a commenté dans un mémo American Bridge, un comité politique très lié aux démocrates.

La soirée n'était pas totalement noire pour les sortants républicains.

En Caroline-du-Sud, selon des médias américains, le sénateur sortant Lindsey Graham a remporté l'investiture avec plus de la moitié des voix face à plusieurs rivaux du Tea Party, compliquant l'analyse de l'état des forces à droite. M. Graham avait en effet été l'un des artisans du projet historique de réforme de l'immigration adopté par le Sénat en 2013, et bloqué à la Chambre.




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