Une peine d'amour à l'origine du «Bridgegate»?

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Le rapport émanant d'une enquête interne sur le «Bridgegate» est la première étape de la campagne de réhabilitation de Chris Christie, dont la cote de popularité chez les républicains a chuté de façon spectaculaire.

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Richard Hétu, COLLABORATION SPÉCIALE
La Presse

(New York) Se peut-il qu'une peine d'amour ait été à l'origine du «Bridgegate», ce scandale politique ayant compromis les ambitions présidentielles du gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie?

L'étonnante hypothèse est soulevée dans un rapport d'enquête sur la fermeture de voies d'accès au pont George Washington, artère vitale entre le New Jersey et New York, pendant quatre longues journées en septembre dernier.

Le rapport exonère Chris Christie de toute responsabilité dans cette fermeture ayant provoqué des embouteillages monstres à Fort Lee, localité du New Jersey. Il montre plutôt du doigt deux alliés du gouverneur: son ex-chef adjointe de cabinet Bridget Anne Kelly et David Wildstein, qui travaillait à l'Autorité portuaire de New York et du New Jersey.

Mais il faut prendre ce rapport avec un grain de sel. Rendu public jeudi dernier, il résulte d'une enquête interne effectuée par l'avocat de Chris Christie, Randy Mastro, ex-bras droit de l'ancien maire de New York et allié du gouverneur du New Jersey, Rudolph Giuliani.

Le document est en fait la première étape d'une campagne de réhabilitation, celle de Chris Christie, dont la cote de popularité chez les républicains a chuté de façon spectaculaire depuis les révélations de janvier dernier sur le «Bridgegate». Le jour de sa publication, Chris Christie a également accordé des interviews aux chaînes de télévision ABC et Fox News. Le lendemain, il a tenu une conférence de presse avant de s'envoler pour Las Vegas, où il a participé à la réunion printanière d'un groupe conservateur avec d'autres aspirants républicains présumés à la présidence.

Mais la première étape de cette campagne n'a pas été un succès incontestable, loin de là. Plusieurs médias de New York et du New Jersey ont non seulement qualifié le rapport de Randy Mastro de «poudre aux yeux», mais également de «sexiste».

Une «attaque préventive»

Certes, tout le monde s'accorde pour dire que Bridget Anne Kelly, l'ex-collaboratrice de Chris Christie, n'est pas innocente dans cette affaire. Le 13 août dernier, cette femme de 42 ans a bel et bien envoyé à David Wildstein un courriel l'informant que le temps était venu «pour des problèmes de circulation à Fort Lee». Et Wildstein est passé à l'action au début de septembre en fermant deux voies d'accès à l'un des ponts les plus fréquentés du monde.

Le rapport de Randy Mastro conclut que Kelly et Wildstein sont les seuls responsables de cette fermeture. Il ne parvient cependant pas à déterminer le motif qui les a animés, les deux ayant refusé de collaborer à cette enquête. Tout au plus le rapport évoque-t-il certaines hypothèses, dont l'une a fait surface dès le début de cette affaire: le blocage du pont George Washington aurait été une mesure de représailles contre le maire démocrate de Fort Lee, Mark Sokolich, qui avait refusé d'appuyer la réélection de Chris Christie au poste de gouverneur.

Le rapport avance une autre hypothèse: divers problèmes personnels ont pu peser dans la décision de Bridget Anne Kelly de mettre en oeuvre le blocage du pont. Les auteurs du document font notamment référence à la rupture de la relation amoureuse de cette femme avec le directeur de campagne de Chris Christie, Bill Stepien, qui a également refusé de collaborer à l'enquête de Randy Mastro.

«Des événements dans sa vie personnelle ont peut-être influencé ses motivations subjectives et son état d'esprit», écrivent les auteurs du rapport, qui s'étendent également sur la nervosité et l'émotivité de Bridget Anne Kelly dans certaines circonstances.

Bridget Anne Kelly est la seule personne mentionnée dans le rapport dont la vie personnelle ou émotionnelle est analysée. Le fait n'a échappé ni aux médias ni à son avocat, Michael Critchley.

«Les remarques sexistes, inappropriées, gratuites et fielleuses concernant Mme Kelly n'ont aucune place dans ce qui est prétendument un rapport professionnel et indépendant», a déclaré Critchley dans un communiqué, accusant les auteurs du rapport d'avoir lancé une «attaque préventive» contre sa cliente. «Mme Kelly n'est pas une menteuse. Elle est une mère célibataire de quatre enfants qui était profondément dévouée et attachée à son travail auprès du gouverneur.»

Pour le moment, Bridget Anne Kelly, tout comme David Wildstein, refuse de collaborer aux enquêtes criminelles et parlementaires qui sont en cours sur le «Bridgegate». Elle pourrait cependant avoir des choses intéressantes à révéler si on lui offrait l'immunité.

C'est du moins ce que son avocat a laissé entendre la semaine dernière. Et c'est probablement ce que Chris Christie et son avocat craignent le plus.




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