Transport ferroviaire de pétrole brut: de Lac-Mégantic à Washington

La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, codirigera une... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, codirigera une mission canado-américaine sur la sécurité ferrovière et sera à Washington pour deux jours.

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(Washington) De passage à Washington aujourd'hui et demain dans le cadre d'une mission canado-américaine, la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, aura peut-être plus de succès que le représentant de l'Oregon, Peter DeFazio.

Il y a moins de deux semaines, l'élu démocrate a participé à la première audition majeure du Congrès américain sur la sécurité du transport ferroviaire du pétrole brut depuis les déraillements et incendies de la dernière année en Amérique du Nord. Il a tenté en vain d'obtenir d'une représentante du département américain des Transports la date de l'annonce de nouvelles normes de construction des nouveaux wagons de train DOT-111, ceux-là mêmes qui ont explosé lors de la catastrophe de Lac-Mégantic.

«Pour le moment, il n'y a aucune certitude», a déclaré le représentant de l'Oregon sur un ton exaspéré après avoir entendu les réponses évasives de la bureaucrate. «Nous allons continuer à utiliser ces wagons DOT-111 minables et à tuer des gens.»

Cette déclaration donne une idée du climat qui attend Colette Roy-Laroche à Washington, où elle rencontrera aujourd'hui des hauts responsables du département des Transports et demain des membres du Congrès. Ces rendez-vous se dérouleront dans le cadre d'une mission de la Coalition municipale transfrontalière pour la sécurité ferroviaire.

La mairesse de Lac-Mégantic codirigera cette mission avec Karen Darche, mairesse de Barrington, petite municipalité de l'Illinois qui a vu le nombre de convois ferroviaires traversant son artère principale passer de cinq par jour à près d'un par heure au cours des dernières années. Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal peu après la tragédie de Lac-Mégantic, l'élue américaine avait qualifié d'«indéfendable» l'utilisation des wagons DOT-111, dont la coque perce trop facilement en cas de déraillement, un fait relevé en 1991 par le Conseil national de la sécurité des transports (NTSB).

«S'il y a une chose qui m'a frappée en parlant aux maires et aux mairesses des deux côtés de la frontière, c'est qu'on avait les mêmes préoccupations», a déclaré à La Presse Vicki May Hamm, mairesse de Magog et porte-parole de la coalition municipale, qui sera également présente à Washington.

«Le drame de Lac-Mégantic les a secoués eux autres aussi», a-t-elle ajouté en faisant référence aux membres américains de la coalition. «Quand on leur a fait visiter les lieux en décembre, ils ont compris l'ampleur de la catastrophe. Cela dit, ils avaient déjà des inquiétudes, car ils voient à l'oeil nu, tout comme nous, de plus en plus de pétrole brut traverser leurs communautés.»

Et le phénomène devrait continuer à prendre de l'ampleur. En Amérique du Nord, le nombre de barils de pétrole brut transportés par train quotidiennement devrait passer d'environ 1 million à 4,5 millions au cours des 10 prochaines années, selon le Bureau de la sécurité des transports (BST).

Les membres de la coalition municipale profiteront de leurs rencontres au département des Transports et au Congrès pour tenter de convaincre responsables et élus de la nécessité de renforcer l'encadrement législatif des transports ferroviaires. Ils souhaitent notamment que les recommandations conjointes du BST, organisme fédéral indépendant du Canada, et de la NTSB, son pendant américain, soient mises en place dans les plus brefs délais.

Ces recommandations, émises en janvier, incluent l'adoption de normes plus sévères pour les wagons-citernes de catégorie 111, la mise en place par les sociétés ferroviaires d'une planification et d'une analyse formelles de la sécurité des itinéraires pour le transport des marchandises dangereuses et l'élaboration de plans d'intervention d'urgence pour toutes les grandes quantités d'hydrocarbures liquides, dont le pétrole brut.

La mairesse de Lac-Mégantic sera également en mesure de témoigner personnellement des conséquences d'une catastrophe comme celle vécue par sa municipalité, où 47 personnes ont perdu la vie l'été dernier.

«Ce n'est pas pour rien que Colette Roy-Laroche vient, a dit Vicki May Hamm. C'est pour être capable de bien faire comprendre ce qui a été vécu à Lac-Mégantic, de même que la difficulté qu'elle rencontre maintenant au niveau du rétablissement et des coûts phénoménaux. Qui est responsable? Comment ça va se faire? Ce ne sont pas des questions négligeables. On oublie vite, mais elle est là-dedans au quotidien.»

Reste maintenant à voir si la mairesse de Lac-Mégantic parviendra à obtenir des responsables américains des engagements plus fermes que le représentant d'Oregon.

Au programme

LUNDI

> 9h à 10h30: Rencontre de la Coalition municipale transfrontalière pour la sécurité ferroviaire à l'ambassade canadienne avec Daniel Grochowalski, conseiller en matière de transports.

> 11h30 à 12h15: Rencontre de la Coalition avec Victor Mandez, secrétaire adjoint aux Transports, et Joseph C. Szabo, responsable de la Federal Railroad Administration.

MARDI

> 10h15 à 10h45: Rencontre avec l'ambassadeur du Canada, Gary Doer.

> 11h à 12h: Conférence de presse à l'ambassade du Canada.

> 14h à 15h30: Rencontre avec des élus du Congrès.




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