Chaude lutte pour la bibliothèque d'Obama

L'Université de Chicago, où Barack Obama a enseigné... (Photo archives, The Associated Press)

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L'Université de Chicago, où Barack Obama a enseigné pendant 12 ans (notre photo), semble avoir une longueur d'avance dans le choix du lieu de la bibliothèque présidentielle.

Photo archives, The Associated Press

(New York) Avant même d'avoir achevé sa première année à la Maison-Blanche, John Kennedy évoquait dans une lettre à l'Archiviste des États-Unis la possibilité de construire sa bibliothèque présidentielle sur le campus de l'Université de Harvard. Ce projet n'a jamais vu le jour. Mais, comme le démontre la lettre de JFK, il n'est jamais trop tôt pour parler de la construction d'une bibliothèque présidentielle. Dans le cas de Barack Obama, cette tradition observée depuis Herbert Hoover provoque plus d'une bataille. Explications en trois temps.

Le lieu

L'Université Columbia, où Barack Obama a étudié pendant deux ans, et l'État d'Hawaii, où il a vu le jour, n'ont pas encore été écartés de la course. Mais il y a peu de chances que la bibliothèque présidentielle du 44e président aboutisse à New York ou à Honolulu. Pour l'heure, la grande bataille autour du lieu de la future bibliothèque se déroule principalement à Chicago, où Barack Obama a vécu les moments les plus importants de sa vie d'adulte avant d'être élu à la Maison-Blanche. Et le campus de l'Université de Chicago semble avoir une longueur d'avance sur ses concurrents. L'institution n'a pas seulement l'avantage d'avoir employé le président comme professeur mais également d'être située dans le quartier - Hyde Park - où se trouve la résidence des Obama. Mais elle doit livrer une rude bataille à d'autres institutions universitaires locales et à d'autres quartiers, dont Bronzeville, carrefour de la vie culturelle, politique et commerciale de la communauté noire de Chicago.

Les acteurs

Les présidents voient la construction de leur bibliothèque présidentielle comme une façon de définir leur héritage. L'endroit ne sert pas seulement à préserver et à rendre accessibles aux chercheurs les documents historiques d'un président. Il sert aussi à raconter sa vie, sa carrière et sa présidence de la façon la plus avantageuse possible. Mais Barack Obama n'est pas le seul acteur engagé aujourd'hui dans ce projet. Plusieurs membres de son entourage jouent des coudes ces jours-ci pour imposer leur influence et définir leur propre héritage. Se trouvent parmi eux Valerie Jarrett, conseillère à la Maison-Blanche et amie intime des Obama - c'est elle qui a présenté Michelle à Barack -, Rahm Emanuel, maire de Chicago et ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche, et Marty Nesbitt, investisseur et ami le plus proche du président. Les trois ont en commun d'être originaires de Chicago. Mais ils ne voient pas tous le projet du même oeil.

L'argent

C'est connu: Barack Obama déteste appeler et cajoler les riches donateurs du Parti démocrate pour leur soutirer de l'argent à des fins politiques. Mais sa carrière de quémandeur n'a pas pris fin avec sa dernière campagne présidentielle. Il devra en effet participer à une autre bataille financière colossale pour amasser les quelque 500 millions de dollars nécessaires à la construction et au fonctionnement de sa bibliothèque présidentielle. À titre comparatif, la bibliothèque présidentielle de George W. Bush, sur le campus de l'Université Southern Methodist, à Dallas, a coûté 250 millions de dollars. Comme les autres bibliothèques présidentielles, celle de Barack Obama sera financée entièrement par des dons privés, une règle qui occasionne souvent des controverses. Des médias avaient notamment poussé les hauts cris en apprenant que la famille royale d'Arabie saoudite avait versé 10 millions de dollars pour la construction de la bibliothèque de Bill Clinton à Little Rock, en Arkansas.

Trois chiffres

13

Nombre de bibliothèques présidentielles administrées par le Bureau des bibliothèques présidentielles.

300 000

Nombre de visiteurs en 2012 à la bibliothèque présidentielle de Bill Clinton, la plus populaire cette année-là.

400 millions

Nombre de pages de documents écrits dans les 13 bibliothèques présidentielles du réseau national.




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