Les États-Unis face à une cure d'austérité forcée

Le président Barack Obama a prononcé un discours... (PHOTO KEVIN LAMARQUE, REUTERS)

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Le président Barack Obama a prononcé un discours sur les conséquences qu'aurait une cure d'austérité forcée, depuis un chantier naval de Newport News, en Virginie, le 26 février.

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Richard Hétu, collaboration spéciale
La Presse

(New York) À trois jours d'un nouveau «mur budgétaire», Barack Obama s'est rendu dans un chantier naval de la Virginie pour illustrer le coût d'une cure d'austérité forcée qui menace des dizaines de milliers d'emplois liés à l'industrie militaire.

«Cela revient à se tirer une balle dans le pied», a dit le président en faisant allusion aux coupes budgétaires automatiques qui doivent entrer en vigueur le 1er mars, faute d'entente entre les élus à Washington. Ces coupes automatiques découlent d'un accord remontant au mois d'août 2011 pour réduire le déficit. Et voici les conséquences possibles de ce énième blocage budgétaire à Washington...

Des coupes de 85 milliards

Entre le 1er mars et le 30 septembre, faute d'une entente de dernière minute, l'État fédéral devra réduire ses dépenses de 85 milliards de dollars, une somme relativement modeste sur un budget annuel de 3600 milliards (sur 10 ans, les coupes s'élèvent à 1200 milliards). Mais l'impact des compressions sera d'autant plus douloureux qu'il sera localisé dans certains programmes.

Le département de la Défense encaissera à lui seul la moitié des coupes, soit 8% de son budget annuel. Plusieurs programmes militaires seront différés ou annulés, dont le déploiement d'un second porte-avions dans le Golfe. L'autre moitié des compressions seront appliquées aux dépenses dites discrétionnaires du gouvernement. Les budgets de plusieurs ministères - Agriculture, Éducation et Justice, entre autres - seront réduits de 5% en 2013, alors que les grands programmes sociaux - retraite, assurance maladie pour les démunis et bons alimentaires, notamment - seront épargnés.

Vers une récession?

Les coupes budgétaires automatiques pourraient entraîner la perte de 750 000 emplois en 2013 et retrancher 0,6% au taux de croissance de l'économie américaine, selon le Bureau du budget du Congrès. Il n'en faudrait pas plus pour pousser les États-Unis vers une nouvelle récession, ont averti certains économistes.

Les Américains risquent de mesurer l'impact des compressions de plusieurs façons. Le département des Transports prévoit notamment de plus longues attentes dans les aéroports en raison du chômage partiel auquel seront contraints les contrôleurs aériens et les agents de sécurité. Le département de l'Intérieur annonce pour sa part une réduction des heures d'ouverture des parcs nationaux.

La justice risque également de tourner au ralenti, chaque employé du FBI devant notamment être mis au chômage partiel au moins trois semaines entre le 1er mars et le 30 septembre. Les services d'inspection alimentaire seraient également compromis, de même qu'une partie importante de l'aide promise aux victimes de l'ouragan Sandy.

L'avis des démocrates

«Ces coupes sont mauvaises. Elles ne sont pas intelligentes. Elles ne sont pas justes. Cela revient à se tirer une balle dans le pied.»

- Barack Obama, président des États-Unis

L'avis des républicains

«Il est temps que le Sénat agisse. Cela ne relève pas de la Chambre. Nous avons agi. Où est le plan du président pour éviter les coupes automatiques? En avez-vous vu un? Je n'en ai pas vu.»

- John Boehner, président de la Chambre des représentants

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