Un vaccin canadien contre l'Ebola «efficace à 100%»

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Les deux vaccins les plus avancés contre le virus Ebola sont actuellement testés en Afrique.

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Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Elisabeth ZINGG
Agence France-Presse
PARIS

Le premier vaccin efficace contre l'Ebola, un virus qui a fait plus de 11 000 morts en Afrique de l'Ouest depuis décembre 2013, est désormais «à portée de main», selon l'OMS, au vu des résultats très encourageants d'un premier essai réalisé sur le terrain en Guinée.

Margaret Chan, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, a souligné qu'il s'agissait d'une «avancée très prometteuse». «Un vaccin efficace sera une arme supplémentaire très importante dans la lutte» contre l'Ebola, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Testé en Guinée sur plus de 4000 personnes, le vaccin VSV-ZEBOV - développé par l'Agence de la santé publique du Canada et dont la licence est détenue par les laboratoires américains NewLink Genetics et Merck - s'est révélé à 100 % efficace, selon une étude publiée vendredi dans la revue médicale britannique The Lancet.

«C'est une grande nouvelle et l'évènement médical le plus prometteur jusqu'à présent dans la lutte en cours pour stopper Ebola», a commenté le virologiste britannique Benjamin Neumann.

Partie du sud de la Guinée, l'épidémie actuelle d'Ebola en Afrique de l'Ouest est la plus grave depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976, avec 27 748 cas recensés. Plus de 99 % des victimes se concentrent dans trois pays (la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia) où la maladie a désorganisé les systèmes de santé, ravagé les économies et fait fuir les investisseurs.

En dépit d'un retard à l'allumage, la communauté internationale a fini par se mobiliser massivement à partir de l'automne dernier pour tenter de trouver des traitements et des vaccins jusque-là inexistants pour venir à bout du virus.

Le vaccin VSV-ZEBOV a ainsi pu être testé sur le terrain en Guinée en un temps record - moins d'un an - alors qu'il faut généralement près de dix ans pour qu'un vaccin arrive à ce stade de développement, soulignent plusieurs experts.

Ebola, ça suffit

Intitulé Ebola, ça suffit, l'essai, entamé le 23 mars, a été mis en place grâce à une importante coopération internationale impliquant l'OMS ainsi que des experts de la Norvège, de France, de Suisse, des États-Unis, du Royaume-Uni et de Guinée.

Il a concerné plus de 7000 personnes ayant eu des contacts avec des patients infectés : 4123 personnes tirées au sort ont reçu le vaccin immédiatement tandis que 3528 autres ont reçu le vaccin 21 jours plus tard. Dans le premier groupe, aucun cas d'Ebola n'a été détecté au cours des 10 jours ayant suivi l'inoculation alors que dans le second groupe 16 ont présenté des symptômes.

Devant ces résultats, les promoteurs de l'essai ont autorisé toutes les personnes à risque à recevoir le vaccin immédiatement, a précisé l'OMS.

Après cette phase, l'essai devrait se poursuivre en incluant des adolescents de 13 à 17 ans et éventuellement des sujets âgés de 6 à 12 ans, selon l'Organisation.

L'OMS reconnait toutefois que si «jusqu'à présent, le vaccin semble être efficace chez tous les sujets vaccinés, il faudra disposer de données plus concluantes pour savoir s'il peut conférer une "immunité collective" à des populations entières».

À ce stade toutefois, il n'est pas prévu de vacciner tout le monde préventivement, comme c'est le cas pour la poliomyélite ou la rougeole, selon Merck.

Le laboratoire précise qu'une fois les autorisations de mise sur le marché obtenues, il devrait produire et stocker suffisamment de doses de vaccins en prévision des prochaines flambées d'Ebola.

D'autres vaccins sont actuellement en cours de développement, dont certains sont déjà à des stades avancés. C'est notamment le cas du vaccin ChAd3, développé par la firme britannique GSK (GlaxoSmithKline) avec l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID). Il est testé sur le terrain au Liberia depuis février.

Compte tenu des progrès constatés dans la lutte contre l'Ebola, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dissous vendredi la Mission de l'ONU pour l'action d'urgence contre l'Ebola (MINUAUCE) et décidé de rendre à l'OMS le contrôle complet de l'épidémie.

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