Merkel décline une invitation de Poutine en signe de soutien à Kiev

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Angela Merkel et Vladimir Poutine après une conférence de presse à Berlin, en juin 2012.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Daniel ARONSSOHN
Agence France-Presse
Berlin

La chancelière allemande Angela Merkel a décliné mercredi une invitation du président russe Vladimir Poutine à assister aux célébrations des 70 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie le 9 mai à Moscou, en signe de solidarité avec le gouvernement ukrainien.

La chancelière allemande «n'honorera pas l'invitation du président Poutine à participer à la parade militaire sur la Place rouge à Moscou», a annoncé un porte-parole du gouvernement à Berlin.

Selon le magazine Die Zeit, citant des sources dans l'entourage de la chancelière, elle aurait jugé «impossible» d'assister à la parade militaire du 9 mai, dans un contexte de tension toujours vive entre la Russie et les Occidentaux sur le dossier ukrainien.

La présence de Mme Merkel à Moscou le 9 mai aurait représenté «un affront» envers le gouvernement ukrainien, selon l'hebdomadaire allemand.

Mais le désistement de la chancelière s'accompagne d'un geste envers Moscou avec qui Berlin s'efforce de maintenir le dialogue. Angela Merkel, qui a grandi dans l'ex-Allemagne de l'Est communiste et parle russe couramment, se rendra à Moscou le 10 mai pour déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu avec le président Poutine.

Vladimir Poutine a accepté la proposition de la chancelière, a-t-on expliqué à Berlin. «Il est très important pour la chancelière de faire un symbole du souvenir commun de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la libération du nazisme», a déclaré le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert.

«Tant de morts et de souffrances sont venues d'Allemagne dans ce chapitre de l'histoire», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

«Le devoir de garder vivant ce souvenir et de rendre hommage aux morts, demeure, indépendamment de ce qui nous sépare politiquement de la Russie en ce moment, indépendamment des critiques claires que nous devons exprimer envers l'attitude et les agissements russes en Ukraine», a-t-il ajouté. Il a souligné que Mme Merkel «avait aussi soutenu l'an dernier la participation du président Poutine aux célébrations en Normandie» pour les 70 ans du Débarquement allié.

Interrogé mercredi sur la non participation de Mme Merkel, le Kremlin a indiqué ne pas être au courant. Mais il a souligné que l'absence de certains dirigeants occidentaux n'affecterait pas les célébrations.

«Cela n'aura pas d'impact sur l'esprit du jour férié, son aspect émotionnel et l'échelle des festivités», a dit un porte-parole, Dmitry Peskov, à la radio Russkaya Sluzhba Novostei.

Avec Kim Jong-Un

Il aurait en effet été difficile pour la chancelière de s'afficher avec Poutine le 9 mai alors qu'aucun allié occidental de l'Allemagne n'est pour l'instant annoncé à Moscou, à part peut-être le nouveau Premier ministre grec de la gauche radicale Alexis Tsipras qui s'est démarqué des autres Européens sur la question russe. Invité par M. Poutine au lendemain de son élection fin janvier, il avait affirmé vouloir accepter l'invitation. Mais sa venue reste à confirmer.

Le président français François Hollande est attendu du 8 au 11 mai dans les Antilles françaises puis à Cuba. Et selon les agences russes, les présidents polonais, letton, lituanien et estonien, ont déjà indiqué qu'ils ne viendraient pas.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, attendu à Moscou pour sa première visite à l'étranger, fait pour l'instant figure de seul invité de marque!

Les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les séparatistes dans l'Est de l'Ukraine avec du personnel et des armes, alors que Moscou nie toute implication.

Les États-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient envoyer des drones d'observation et des véhicules de transport Humvee à l'Ukraine, pour l'aider à faire face à l'insurrection séparatiste dans l'Est.

Sur le terrain, cependant, la situation reste relativement calme, avec des incidents sporadiques. Le président ukrainien, Petro Porochenko, attendu lundi à Berlin, a fait état d'avancées majeures dans l'application des accords de paix de Minsk, signés le 12 février, en confirmant le retrait d'une grande partie des armes lourdes le long de la ligne de front.

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