Nouvelle tentative pour sauver le cessez-le-feu ukrainien

Des rebelles prorusses à bord d'un char d'assaut... (PHOTO ANDREY BORODULIN, AFP)

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Des rebelles prorusses à bord d'un char d'assaut se déplacent sur une route du district de Marioupol, le 24 février.

PHOTO ANDREY BORODULIN, AFP

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Cécile FEUILLATRE, Ania TSOUKANOVA
Agence France-Presse
PARIS et KIEV

La Russie, l'Ukraine, la France et l'Allemagne ont appelé mardi au respect du cessez-le-feu et au retrait des armes lourdes dans l'est de l'Ukraine, à l'issue d'une réunion à Paris qui n'a pas permis de véritable percée selon Kiev.

Le premier ministre britannique David Cameron, dont le pays ne prenait pas part à la réunion, a pour sa part annoncé mardi l'envoi d'instructeurs militaires en Ukraine pour conseiller et entraîner les troupes ukrainiennes, tout en excluant une nouvelle fois d'envoyer des armes à ce stade.

«Nous appelons à la mise en oeuvre stricte de toutes les dispositions des accords de Minsk, à commencer par un total cessez-le-feu et un retrait complet des armes lourdes», ont affirmé dans une déclaration commune les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français, à l'issue de trois heures de discussions au Quai d'Orsay à Paris.

Cette réunion de «suivi» intervient douze jours après la signature des accords de Minsk qui prévoient notamment un cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes dans l'est de l'Ukraine, ravagé depuis dix mois par un conflit meurtrier entre rebelles prorusses et forces loyalistes.

Mais si le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a fait état de «négociations très utiles», son homologue ukrainien Pavlo Klimkine a déploré qu'il n'y ait «pas vraiment eu de percée» politique. Il a aussi regretté que l'offensive la semaine dernière des séparatistes dans la ville stratégique de Debaltseve, n'ait pas été condamnée et a réitéré son «extrême inquiétude» concernant la situation à Marioupol.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a lui aussi mis en garde contre une offensive des rebelles prorusses contre le port ukrainien. S'il y avait «une attaque contre Marioupol, ça changerait évidemment complètement la base (des accords) de Minsk. On serait devant une nouvelle situation», a-t-il dit.

En Ukraine, beaucoup craignent que Marioupol, sur les bords de la mer d'Azov, ne soit, après Debaltseve, la prochaine cible des séparatistes.



Près de 6000 morts en 10 mois

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les séparatistes en leur fournissant armes et troupes. Moscou nie toute implication dans ce conflit, qui a fait presque 5800 morts en dix mois.

Kiev et les rebelles ont signé le 12 février les accords de paix de Minsk 2 à l'issue de négociations-marathon sous la médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel, et avec la participation du chef de l'État russe Vladimir Poutine.

Au terme de ces accords, un nouveau cessez-le-feu a été instauré le 15 février, mais il a été battu en brèche à plusieurs reprises.

L'armée ukrainienne a fait état mardi d'un soldat tué et de sept autres blessés ces dernières 24 heures.

«Le pays a désespérément besoin d'un cessez-le-feu. Des milliers de personnes sont mortes, des millions ont été déplacés. Nous avons besoin d'apporter la paix dans cette partie de l'Ukraine», a commenté à Londres la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Les quatre ministres des Affaires étrangères réunis à Paris ont demandé le «renforcement» de la mission d'observation de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) et «l'extension de son mandat avec des personnels, de l'équipement, et des financements supplémentaires».

Cette mission, déjà déployée sur place, est chargée de vérifier le respect du cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes. Mais les quelque 500 observateurs sur le terrain n'ont pas accès aux zones les plus contestées, selon une source diplomatique française.

Violations continues du cessez-le-feu 

Malgré un calme relatif sur l'ensemble de la ligne de front, les rebelles ont effectué à neuf reprises «des tirs de char, mortier et d'armes légères» sur les positions ukrainiennes à Chyrokine, à une quinzaine de kilomètres de Marioupol, a indiqué un porte-parole militaire Andriï Lyssenko.

Kiev a également fait état d'un affrontement la veille entre un groupe d'infiltrés séparatistes et des policiers ukrainiens dans la ville de Marioupol, qui a fait deux morts de chaque côté.

À la base rebelle Parous, tout près de Chyrokine, où des tirs de mortiers étaient audibles mardi selon des journalistes de l'AFP, le responsable rebelle local, Igor Mavrine, a confirmé que des «combats quotidiens» avaient lieu depuis le 13 février. Il a fait état de trois morts dans ses rangs la veille.

La «Novorossia (nom donné par les rebelles à la zone qu'ils souhaitent occuper dans l'est de l'Ukraine, NDLR) a besoin de Marioupol», a dit M. Mavrine.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré lundi ne pas croire à un «scénario d'apocalypse» pour l'Ukraine. «Personne n'a besoin d'un conflit, a fortiori armé, à la périphérie de l'Europe», a-t-il déclaré.

Mais pour Mme Mogherini : «Poutine a tort quand il dit qu'il est peu probable d'avoir un conflit là-bas. Le conflit est déjà en cours et nous devons trouver les moyens pour l'arrêter».

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