Ukraine: le Parlement veut rétablir la conscription

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Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk (gauche) et le président du Parlement, Olexandre Tourtchinov (centre)

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
KIEV

Le Parlement ukrainien a voté jeudi une résolution pour demander au président par intérim d'étudier un retour à la conscription, face à «l'agression» russe contre le territoire ukrainien.

Le texte adopté «recommande au président intérimaire (Olexandre Tourtchinov, le président du Parlement) de réintroduire sans délai la conscription» afin de «renforcer les capacités de défense de l'Ukraine face à l'agression de la Fédération de Russie».

L'Ukraine a supprimé la conscription plus tôt cette année, au terme d'une loi adoptée en 2013 sous la présidence de Viktor Ianoukovitch, le président pro-russe renversé en février lors d'un soulèvement pro-européen.

Les forces armées ukrainiennes sont fortes de quelque 130 000 hommes.

Elles souffrent toutefois d'un manque chronique d'équipements, selon les responsables.

Les besoins en uniformes et équipements de protection ne sont par exemple couverts qu'à 30 à 40%, a indiqué jeudi le chef-adjoint du département de l'intendance du ministère de la Défense, Arkadi Stoujik. Manquent tout particulièrement des gilets pare-balles et casques, selon ce responsable.

«La situation actuelle nous a pris au dépourvu», a-t-il reconnu, à propos de «l'agression» russe que dénoncent les autorités de Kiev, en référence aux insurrections séparatistes dans l'est du pays.

Le ministère a lancé des appels à l'aide étrangère et passé des commandes auprès d'entreprises locales spécialisées. «La France nous a déjà fourni des gilets pare-balles au titre de l'assistance humanitaire», a indiqué le responsable.

Il a précisé que sur 100 millions de hryvnias  (8,38 millions $CAN) récoltés lors d'une souscription populaire, 51,8 millions (4,42 millions $CAN) avaient déjà été dépensés, notamment pour acheter des gilets pare-balles et des sacs de couchage.

Entrée interdite aux hommes russes de 16 à 60 ans

La compagnie aérienne russe Aeroflot a indiqué jeudi avoir reçu un «avis officiel» du gouvernement ukrainien interdisant l'entrée sur le territoire de ce pays à tout homme russe de 16 à 60 ans.

«En accord avec un avis officiel reçu par la compagnie, tous les citoyens russes de sexe masculin âgés de 16 à 60 ans sont interdits d'entrée en Ukraine», a indiqué Aeroflot, la principale compagnie aérienne russe.

Sont aussi interdits d'entrée sur le territoire ukrainien les hommes ukrainiens âgés de 16 à 60 ans et les femmes ukrainiennes âgées de 20 à 35 ans «domiciliés sur le territoire de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol», a signalé la compagnie aérienne.

«Dans le cadre de l'opération anti-terroriste, (...) l'Ukraine prend des mesures afin de limiter l'accès à son territoire aux personnes indésirables», a confirmé à l'AFP le porte-parole des gardes-frontières ukrainiens Sergueï Astakhov.

Réagissant, le ministère russe des Affaires étrangères s'est dit prêt à prendre des mesures de rétorsion.

«La partie russe insiste pour que soient immédiatement clarifiées de manière officielle les mesures (...) prises par le Service des gardes-frontières ukrainiens. Une fois que nous aurons obtenu de telles informations de la part de Kiev, nous étudierons les réponses possibles», a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué, cité par les agences de presse.

De son côté, le vice-président de la Douma russe, Sergueï Jelezniak, a qualifié ces restrictions «de preuve claire que les décisions que prend le pouvoir de Kiev n'ont rien à voir avec les principes démocratiques des droits de l'Homme et de la liberté».

«L'absurdité même des restrictions par genre et âge imposées démontre encore une fois le niveau de professionnalisme de ceux qui prétendent être au pouvoir en Ukraine», a-t-il ajouté.

Aeroflot recommande aux passagers concernés par les nouvelles mesures «de s'abstenir temporairement de voyager en Ukraine».

S'ils présentent des documents confirmant le décès de parents proches ou bien le fait que ces derniers soient atteints de maladies graves, ou bien une invitation issue par une entreprise, l'administration régionale pourra cependant autoriser leur entrée sur le territoire ukrainien, a précisé Aeroflot.

La compagnie aérienne russe S7 a de son côté signalé des retards sur ses vols à destination de Kiev et Odessa, «à cause de l'augmentation des contrôles sur les passagers», mais a précisé ne pas avoir reçu d'informations sur ces nouvelles restrictions de la part du gouvernement ukrainien.




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