Cellulaires sous haute surveillance

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Le GCHQ, en Grande-Bretagne, aurait travaillé avec la NSA américaine et le CSTC canadien sur la surveillance téléphonique, selon le site The Intercept

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Edward Snowden, un ancien consultant de la CIA, a révélé l'existence de programmes secrets de surveillance des communications électroniques en remettant des documents compromettants aux quotidiens The Guardian et The Washington Post. Il s'est depuis réfugié à Hong Kong alors que le gouvernement américain a lancé une enquête contre lui. »

L'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) a colligé subrepticement des informations techniques cruciales sur des centaines de réseaux de téléphonie cellulaire répartis partout dans le monde en vue de pouvoir intercepter les communications privées de cibles d'intérêt.

L'organisation a collaboré à cette fin avec les agences de renseignement d'autres pays alliés, incluant le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC), selon une enquête menée par The Intercept.

Le site, fondé par le journaliste Glenn Greenwald, base ses conclusions sur l'analyse de documents inédits dérobés à la NSA par l'ancien contractuel Edward Snowden.

Les documents en question indiquent que l'agence avait réussi, en mai 2012, à travers ce programme appelé Auroragold, à recueillir des informations sur près de 70% des réseaux cellulaires existants.

L'armée américaine aurait mis à profit les capacités de la NSA quelques semaines avant le lancement d'une opération de l'OTAN contre Mouammar Kahdafi, pour espionner les messages textes échangés sur les réseaux de téléphonie libyens.

Une carte affichant des codes de couleur montre que l'agence américaine a ciblé avec succès des réseaux utilisés dans pratiquement tous les pays, sur tous les continents, incluant plusieurs États européens comme l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. Une poignée seulement de pays, dont le Canada, ne semblent pas avoir été touchés, mais on n'a fourni aucune explication à ce sujet.

Afin de parvenir à ses fins, la NSA a espionné plusieurs centaines d'entreprises et d'organisations actives dans le domaine de la téléphonie. Plus de 1200 adresses internet ont été utilisées afin de recueillir des renseignements techniques et d'identifier d'éventuelles failles sécuritaires pouvant être mises à profit à des fins d'espionnage, précise The Intercept.

Des renseignements ont aussi été colligés sur les systèmes de cryptage qu'utilisent les réseaux cellulaires afin de se protéger, théoriquement, de toute intrusion électronique.

L'agence de sécurité américaine a notamment ciblé la GSM Association (GSMA), basée à Londres, qui représente les intérêts de plus de 800 compagnies de téléphonie mobile dans le monde.

Dans un communiqué, la GSMA a indiqué hier qu'elle n'avait aucune indication concrète que ses activités soient actuellement ciblées, ou que ses systèmes ou ses communications aient été espionnés avec succès dans les dernières années.

L'un des documents dévoilés par The Intercept et mis en exergue par un spécialiste canadien du renseignement, Bill Robinson, suggère que le CSTC faisait partie d'un groupe ayant travaillé avec la NSA et son pendant anglais, le GCHQ, sur la question des réseaux de téléphonie.

L'organisation canadienne n'a pas voulu commenter hier son rôle allégué dans le programme Auroragold, se bornant à souligner qu'elle n'est pas autorisée, «pour des raisons de sécurité nationale», à «commenter ses méthodes, ses techniques ou ses capacités».

«La diffusion de tels commentaires réduirait l'efficacité des activités» du CSTC et «permettrait à des cibles étrangères d'échapper à la justice», a relevé son porte-parole, Ryan Foreman, dans un courriel.

M. Robinson, qui est l'auteur du blogue Lux Ex Umbra, a indiqué en entrevue qu'il ne fallait pas s'étonner de l'existence d'un tel programme au sein de la NSA.

«Il est très clair que les téléphones cellulaires constituent une cible majeure pour les agences de renseignement et qu'un effort soutenu est fait pour les surveiller», a-t-il indiqué.

Michel Juneau-Katsuya, un ancien agent du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) spécialisé dans les questions d'espionnage, pense que les nouvelles révélations sur la NSA rappellent le pouvoir technique pratiquement «illimité» des agences de renseignement. «Si elles veulent intercepter une information, elles peuvent le faire», dit-il.

Les citoyens seraient bien avisés de garder la chose en tête chaque fois qu'ils communiquent par voie électronique, souligne l'expert.

«Il n'y a pratiquement plus rien de véritablement privé», prévient M. Juneau-Kutsaya.

701

Nombre de réseaux cellulaires, sur un total de 985, sur lesquels la NSA détenait en mai 2012 des renseignements techniques devant lui permettre de procéder à des opérations de surveillance.

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