Espoir pour Snowden après les offres d'asile du Venezuela et du Nicaragua

Un homme brandit une photo d'Edward Snowden sur... (Photo Brian Snyder, Reuters)

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Un homme brandit une photo d'Edward Snowden sur laquelle on peut lire «Héros», lors des célébrations de la fête nationale, jeudi, à Boston.

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Edward Snowden, un ancien consultant de la CIA, a révélé l'existence de programmes secrets de surveillance des communications électroniques en remettant des documents compromettants aux quotidiens The Guardian et The Washington Post. Il s'est depuis réfugié à Hong Kong alors que le gouvernement américain a lancé une enquête contre lui. »

Eleonore Dermy
Agence France-Presse
MOSCOU -

Edward Snowden retrouvait quelque espoir samedi de trouver un pays d'accueil après que le Venezuela et le Nicaragua eurent affirmé être prêts à accorder l'asile à l'ex-consultant de la NSA, bloqué depuis 14 jours dans la zone de transit de l'aéroport Moscou-Cheremetievo.

Mais de nombreuses incertitudes planaient sur la manière dont le fugitif, recherché pour espionnage par Washington et invisible depuis son départ de Hong Kong le 23 juin, pourrait rejoindre un pays d'accueil.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, héritier politique du défunt Hugo Chavez, grand contempteur des États-Unis, a déclaré vendredi au cours d'une célébration de l'indépendance du pays qu'il offrait «l'asile humanitaire au jeune Snowden pour le protéger de la persécution de l'empire le plus puissant du monde, qui s'est déchaînée sur lui».

Pour sa part, le président du Nicaragua Daniel Ortega a dit que si les circonstances le permettaient, son pays recevrait Snowden «avec grand plaisir» et lui accorderait l'asile.

Ces propos devraient redonner un peu d'espoir au jeune homme, un ex-consultant de l'Agence de la sécurité nationale  (NSA), à l'origine de révélations fracassantes sur un programme américain secret de surveillance des communications mondiales.

Il avait sollicité en début de semaine des demandes d'asile auprès de 21 pays, mais essuyé les refus de nombreuses capitales.

Signe que la situation semblait désespérée, le site WikiLeaks a annoncé vendredi, avant les déclarations des chefs d'État vénézuélien et nicaraguayen, que M. Snowden avait demandé l'asile auprès de six autres pays.

Les déclarations des deux pays d'Amérique latine devraient aussi en partie soulager les autorités russes, réticentes à envenimer leurs relations déjà tendues avec Washington pour une telle affaire.

Elles n'avaient pas réagi samedi et le porte-parole du Kremlin était injoignable pour commenter la situation.

Mais Alexeï Pouchkov, le chef de la commission des Affaires étrangères à la Douma (chambre basse du Parlement russe), a estimé sur Twitter qu'«un asile pour Snowden au Venezuela serait la meilleure solution.»

«Ce pays a un sérieux conflit avec les États-Unis. Cela ne pourra pas être pire. Il ne peut pas vivre éternellement à Cheremetievo», a-t-il ajouté.

«La Russie n'est pas contente qu'il soit là. Si elle avait voulu lui accorder l'asile, elle l'aurait fait immédiatement», a commenté Maria Lipman, de l'antenne moscovite du Centre Carnegie.

Toutefois, de nombreuses incertitudes demeurent sur la façon dont le jeune homme de 30 ans, dont le passeport a été annulé par Washington, pourrait rejoindre un pays d'accueil, sans être intercepté par les Américains.

«Il n'a pas de passeport (...) J'ai de gros doutes que ce soit maintenant possible», a estimé sur la radio Echo de Moscou Alexandre Romanovitch, député du parti au pouvoir Russie Unie.

En outre, M. Snowden ne peut théoriquement quitter la zone de transit de Cheremetievo pour partir d'un autre aéroport moscovite, par exemple celui de Vnoukovo, d'où arrivent et partent les avions des dignitaires étrangers.

Par ailleurs, il n'existe pas de vol commercial direct entre Moscou et Caracas, ni entre Moscou et Managua, ce qui signifie qu'il devra faire une escale dans un autre pays - probablement Cuba - qui devra donner son feu vert pour qu'il puisse repartir.

Autre risque, celui que des pays refusent à l'avion transportant M. Snowden le survol de leur espace aérien, comme certains l'ont fait en début de semaine avec celui du président bolivien Evo Morales alors qu'il rentrait de Moscou.

Il a dû en effet faire une escale forcée de plusieurs heures à Vienne, après que plusieurs pays européens, le soupçonnant de ramener Edward Snowden avec lui, eurent refusé à son avion le survol de leur territoire.

Jeudi, M. Morales a accusé Washington d'avoir fait pression sur la France, l'Espagne, le Portugal et l'Italie pour qu'ils interdisent ce survol, et estimé, soutenu par certains de ses alliés traditionnels (Équateur, Surinam, Argentine, Uruguay, Venezuela), que l'«offense» subie constituait une agression envers toute l'Amérique latine.

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