L'ONU approuve l'accord sur le nucléaire iranien

Le secrétaire d'État américain John Kerry discute avec... (PHOTO CARLOS BARRIA, ARCHIVES AP)

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Le secrétaire d'État américain John Kerry discute avec le sectaire à l'Énergie Ernest Moniz, pendant que son homologue iranien Javad Zarif (en arrière-plan, 2e en partant de la gauche) est assis à côté de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, à Vienne, le 14 juillet.

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André VIOLLAZ
Agence France-Presse
NATIONS UNIES, New York

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entériné lundi l'accord nucléaire signé par Téhéran et les grandes puissances et a ouvert la voie à la levée des sanctions internationales contre l'Iran.

En visite en Israël, le secrétaire américain à la Défense a tenté d'apaiser les craintes de l'État hébreu face à cet accord historique. Ashton Carter a réaffirmé «qu'Israël est la pierre angulaire de la stratégie américaine au Moyen-Orient» et que Washington était prêt à renforcer son aide militaire.

L'accord avec l'Iran a été conclu mardi dernier à Vienne par les cinq membres permanents du Conseil (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), plus l'Allemagne.

Il prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique.

La résolution adoptée lundi stipule que si l'Iran respecte strictement cet accord, les sept résolutions approuvées depuis 2006 par l'ONU pour sanctionner Téhéran «seront abrogées».

Le président américain, Barack Obama, s'est réjoui de ce «message clair» de l'ONU en faveur de l'accord de Vienne.

Celui-ci «ne répond pas à toutes nos inquiétudes mais s'il est appliqué, il rendra le monde plus sûr», a nuancé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power.

Elle a invité l'Iran à «saisir cette occasion», promettant que les États-Unis l'aideraient alors à «sortir de son isolement».

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, un des négociateurs de l'accord, a exprimé sur son compte Twitter l'espoir que désormais le Conseil «changera fondamentalement» d'attitude envers l'Iran.

Devant le Conseil, l'ambassadeur iranien, Gholamali Khoshroo, a invité les monarchies du Golfe, préoccupées par l'accord de Vienne, à «travailler ensemble pour relever nos défis communs, dont l'extrémisme violent».

Les assurances américaines n'ont pas semblé apaiser les craintes des responsables israéliens.

L'ambassadeur israélien, Ron Prosor, a accusé le Conseil «d'avoir récompensé le pays le plus dangereux de la planète». «C'est un triste jour pour Israël et pour le monde», a-t-il ajouté.

Stabiliser le Proche-Orient

Aux termes de la résolution adoptée lundi, le Conseil «entérine» l'accord de Vienne et exige qu'il soit «appliqué pleinement selon le calendrier mis au point» par les négociateurs.

Il charge l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de vérifier que l'Iran tient ses engagements, comme la limitation du nombre de ses centrifugeuses ou de son stock de matière fissile.

Dès que l'AIEA aura conclu que le programme nucléaire iranien est désormais totalement pacifique, les sept résolutions prises par l'ONU depuis 2006 et qui asphyxient l'économie iranienne «seront abrogées».

Un embargo sur les armes conventionnelles et un autre concernant les missiles balistiques à capacité d'emport nucléaire resteront cependant en vigueur, pendant cinq ans pour le premier et huit ans pour le second.

Téhéran a affirmé lundi que les missiles balistiques iraniens étaient purement défensifs et n'étaient «pas conçus pour transporter des armes nucléaires», et donc qu'ils n'étaient pas concernés par la résolution de l'ONU.

Si Téhéran viole ses engagements, le Conseil se réserve le droit de rétablir toute la panoplie des sanctions de manière quasi-automatique.

Ce mécanisme s'appliquera pendant la durée de l'accord, c'est-à-dire dix ans. Mais les grandes puissances ont déjà annoncé leur intention de le proroger de cinq ans supplémentaires par une nouvelle résolution.

Les États-Unis et l'Union européenne ont frappé l'Iran de sanctions économiques bilatérales, notamment dans l'énergie et la finance, dont l'accord de Vienne prévoit également la levée.

Mais il reste à convaincre le Congrès américain, qui doit se prononcer dans les 60 jours et dont la majorité républicaine est hostile à l'accord.

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a été le premier haut dirigeant européen à visiter lundi Téhéran pour promouvoir les échanges économiques en prévision d'une levée des sanctions. Il en a profité pour plaider en faveur du droit d'Israël à la sécurité, un argument rejeté par ses interlocuteurs.

L'Union européenne a souhaité lundi voir l'Iran jouer un rôle «constructif» pour stabiliser le Proche-Orient, lors d'une réunion à Bruxelles des ministres européens des Affaires étrangères.

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