L'Iran exclut l'inspection de ses sites militaires et l'interrogatoire de scientifiques

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«Nous avons déjà dit que nous ne permettrons aucune inspection des sites militaires de la part des étrangers (...). Ils disent aussi qu'il faut autoriser des interviews avec les scientifiques nucléaires. C'est de l'interrogatoire», a déclaré l'ayatollah Khamenei.

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Siavosh GHAZI
Agence France-Presse
TÉHÉRAN

Le guide suprême Ali Khamenei a exclu mercredi l'inspection de sites militaires de Téhéran et l'interrogation de scientifiques iraniens, en pleines négociations avec les grandes puissances sur un accord nucléaire qui doit être finalisé avant fin juin.

«Nous avons déjà dit que nous ne permettrons aucune inspection des sites militaires de la part des étrangers (...). Ils disent aussi qu'il faut autoriser des interviews avec les scientifiques nucléaires. C'est de l'interrogatoire», a déclaré l'ayatollah Khamenei.

«Je ne permettrai pas que des étrangers viennent pour parler aux scientifiques qui ont fait progresser cette science à ce niveau», a ajouté le guide suprême, qui s'exprimait lors d'une cérémonie de remise de diplômes à des cadets militaires.

Il a assuré qu'aucun «gouvernement intelligent» ne permettrait une telle chose et qu'il fallait résister «face à ces demandes excessives».

L'Iran et les grandes puissances (États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, France, Allemagne, Russie) ont conclu le 2 avril un accord-cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d'un accord final d'ici au 30 juin.

Depuis plusieurs semaines, les experts politiques et techniques des deux parties négocient pour finaliser les termes d'un accord définitif. Ils devaient se retrouver ce mercredi à Vienne pour continuer les discussions.

La question des inspections est un des points délicats des négociations, surtout en ce qui concerne les sites militaires.

Selon les États-Unis, l'Iran accepte un régime d'inspections renforcées de ses sites nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), notamment sous le régime du protocole additionnel au Traité de non-prolifération, qui permet des inspections inopinées.

Fin avril, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif avait d'ailleurs souligné que l'Iran était prêt à montrer «la plus grande transparence» en acceptant d'appliquer «le protocole additionnel».

Téhéran a appliqué le Protocole additionnel jusqu'en février 2006, avant d'y renoncer après l'envoi de son dossier nucléaire devant le Conseil de sécurité.

«Ennemi insolent»

Il y a deux jours, M. Zarif a toutefois précisé les contours des contrôles de l'AIEA sur le programme nucléaire du pays.

«Le protocole additionnel ne permet en aucune manière un accès sans limite et sans raison aux infrastructures du pays», a déclaré M. Zarif en faisant allusion aux sites militaires.

Il a affirmé que les règles du protocole additionnel permettaient «certains accès» et non des inspections des sites militaires, ajoutant que ces règles étaient définies de sorte à protéger «les secrets militaires ou économiques» du pays.

«Pour s'assurer du caractère pacifique du programme nucléaire, il n'y a pas besoin de violer la souveraineté et les règles de sécurité des pays», a ajouté M. Zarif.

En excluant aussi l'interview des scientifiques nucléaires iranien par les inspecteurs de l'AIEA, le guide suprême, qui a le dernier mot dans les grandes affaires du pays et notamment sur le dossier nucléaire, veut aussi protéger ce programme.

«L'ennemi insolent veut qu'on autorise qu'ils viennent parler avec nos scientifiques d'un progrès essentiel accompli à l'intérieur du pays, mais en aucune manière nous ne le permettrons», a martelé M. Khamenei, ajoutant que les autres pays «cachaient l'identité même de leurs scientifiques nucléaires».

Plusieurs savants nucléaires iraniens ont été assassinés entre 2010 et 2012 lors d'attentats à Téhéran. L'Iran avait alors accusé les services de renseignements américains et israéliens d'avoir organisé ces attentats.

Les Occidentaux demandent que Téhéran fasse la lumière sur la «possible dimension militaire» de travaux que l'Iran aurait menés pour se doter de l'arme atomique avant 2003, selon l'AIEA. Les réponses de la République islamique, qui réfute l'existence de ces travaux, ont jusqu'à présent été jugées insuffisantes par l'agence onusienne.

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