Débat vice-présidentiel: Kaine et Pence dans l'ombre de Clinton et Trump

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Les candidats à la vice-présidence américaine, le démocrate Tim Kaine (à droite) et le républicain Mike Pence (à gauche) croiseront le fer mardi.

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Anne RENAUT
Agence France-Presse
WASHINGTON

L'un avoue être ennuyeux, l'autre brille par sa discrétion. Les candidats à la vice-présidence américaine, le démocrate Tim Kaine et le républicain Mike Pence, sauront-ils captiver les Américains autant que leurs mentors quand ils débattront ensemble mardi ?

Rien n'est moins sûr tant ils sont, dans cette campagne inédite, dans l'ombre des candidats à la Maison-Blanche, Hillary Clinton et Donald Trump. À moins qu'ils ne parviennent, à défaut de se faire remarquer, à modérer leurs excès et convaincre les nombreux indécis.

On pourrait les confondre. Tous les deux sont des hommes, blancs et âgés d'une cinquantaine d'années, tous les deux vétérans en politique. Ils s'affronteront mardi soir à Farmville en Virginie lors du débat dit des « VP », des candidats à la vice-présidence, le seul de la campagne prévu pour eux. Les candidats à la présidence ont, eux, droit à trois débats.

« La barre est haute », a avoué chacun d'eux au lendemain du premier débat, tendu, qui a opposé les prétendants à la fonction suprême et attiré un nombre record de spectateurs - 84 millions.

Les cotes d'écoute à atteindre pour eux sont les 69,9 millions de téléspectateurs qui ont regardé en 2008 la joute entre les colistiers de Barack Obama et John McCain, le démocrate Joe Biden et la républicaine Sarah Palin.

Futur président âgé

L'exercice peut sembler difficile au regard de personnalités aussi fortes et différentes que Clinton et Trump, tenace ex-chef de la diplomatie contre bouillonnant milliardaire, qui « font l'objet d'une attention incroyable », selon Geoffrey Skelley, de l'Université de Virginie.

Pourtant les vice-présidents ont un rôle notable, voire dramatique à jouer puisqu'ils sont amenés à remplacer le président s'il meurt ou s'il démissionne. C'est arrivé neuf fois dans l'histoire américaine.

Or les candidats à la Maison-Blanche figurent parmi les plus âgés de l'histoire : Mme Clinton approche des 69 ans et Donald Trump a 70 ans.

Tim Kaine et Mike Pence devront non seulement se faire mieux connaître, mais compenser les faiblesses ou les excès des premiers prétendants.

Mike Pence, 57 ans, « essaiera de présenter un visage plus respectable » du ticket républicain après les propos controversés de Donald Trump sur le physique d'une ancienne Miss Univers, prédit Joel Goldstein, de l'école de droit de l'Université de St. Louis.

Nul doute qu'il devra aussi défendre le milliardaire, gêné par la révélation par le New York Times dimanche d'une partie de sa feuille d'impôt de 1995, montrant qu'il pourrait avoir échappé à l'impôt sur le revenu pendant plusieurs années grâce à des niches fiscales.

Tim Kaine, 58 ans, se concentrera lui sur le programme, mais devra aussi éclairer certaines zones d'ombre de Mme Clinton comme ses courriels.

Si bien que le débat portera « sur les candidats à la présidence et leurs politiques et pas sur les candidats à la vice-présidence », note M. Goldstein.

Convaincre les franges

Compte tenu du nombre important d'indécis à ce scrutin, les colistiers pourraient aussi aider à séduire les franges réticentes de l'électorat.

Le sénateur Tim Kaine apporte à Hillary Clinton son État de Virginie, où il est très populaire et où la course s'annonce serrée.

Homme de consensus, Tim Kaine parle couramment espagnol après un séjour de jeunesse catholique au Honduras, un atout pour séduire les Hispaniques quand il suscite la méfiance au sein de l'aile gauche du parti démocrate et des partisans de Bernie Sanders.

L'ultraconservateur Mike Pence, gouverneur de l'Indiana, apporte lui son expérience politique à un candidat qui n'a jamais connu le verdict des urnes. « C'est un substitut important », note M. Goldstein.

Il pourrait aussi susciter l'adhésion de la droite évangélique traditionnelle, à défaut de convaincre les républicains modérés.

M. Kaine, qui se départit rarement de son large sourire, amène en outre sa chaleur à une candidate réputée distante. Quant à M. Pence il apporte une courtoisie bienvenue dans la campagne du flamboyant milliardaire. « J'imagine que (Trump) voulait équilibrer le ticket », reconnaissait-il en juillet.

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