Donald Trump prédit une présidentielle «truquée»

« Croyez-moi, il faudra qu'on fasse attention le 8... (photo Eric Thayer, REUTERS)

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« Croyez-moi, il faudra qu'on fasse attention le 8 novembre, car cette élection sera truquée », a dit Donald Trump lundi. « Et j'espère que les républicains seront vigilants, sinon la victoire nous sera dérobée ».

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Donald Trump affirme de plus en plus que l'élection présidentielle de novembre contre Hillary Clinton pourrait être « truquée », une attaque préventive qui coïncide avec de mauvais sondages pour le candidat républicain et risque de saper la légitimité du scrutin.

Le candidat républicain traverse une période de fortes turbulences, après une accumulation de polémiques qui l'ont fait plonger dans les sondages et ont relancé les défections dans son propre parti.

Clinton, à la suite d'une convention démocrate réussie la semaine dernière, a repris une avance moyenne de six points, et la dernière enquête Fox News, parue mercredi, accorde 49 % des intentions de vote à Hillary Clinton contre 39 % à Donald Trump.

« Croyez-moi, il faudra qu'on fasse attention le 8 novembre, car cette élection sera truquée », a dit le candidat sur Fox News lundi. « Et j'espère que les républicains seront vigilants, sinon la victoire nous sera dérobée ».

Le même jour, dans un rassemblement à Columbus (Ohio), il a affirmé : « Je me dois d'être honnête avec vous. J'ai peur que l'élection ne soit truquée ».

Durant les primaires républicaines, Donald Trump avait déjà accusé son adversaire Ted Cruz d'avoir triché de multiples façons après les victoires du sénateur du Texas dans l'Iowa, en février, et dans le Wisconsin, en avril.

Ces nouvelles accusations, faites sans preuve, alimentent les soupçons vis-à-vis d'un système électoral qui est loin d'être parfait, comme l'a montré le chaos de l'élection de 2000 entre George W. Bush et Al Gore, lors duquel il fallut plus d'un mois pour certifier le résultat du scrutin très serré de Floride.

Système fragmenté

De moins en moins d'électeurs disent faire confiance aux résultats des élections. Selon le Pew Research Center, en 2004, 48 % des Américains avaient une grande confiance dans le dépouillement des votes. En 2012, ils n'étaient plus que 31 %.

Une réforme nationale a été lancée en 2002, mais toute harmonisation est ralentie par la fragmentation du système, les élections étant de la compétence des États.

« Nous avons 50 systèmes électoraux plutôt qu'un système électoral unifié », explique à l'AFP Lorraine Minnite, spécialiste de l'Université Rutgers.

La tendance est depuis dix ans au retour aux bulletins de vote en papier. Cette année, selon Pamela Smith, présidente de l'organisation indépendante Verified Voting, au moins trois quarts des électeurs voteront avec un bulletin en papier ou avec des machines qui impriment un reçu papier.

Les incidents existent, dit-elle, mais principalement en raison de dysfonctionnements techniques ou de problèmes d'organisations. C'est sur ces questions que le débat doit porter, selon elle.

« Le système électoral américain a de vrais problèmes », dit à l'AFP Michael Heaney, professeur de sciences politiques à l'Université du Michigan. « Mais ce que l'on attend d'un candidat responsable est de reconnaître les problèmes existants, tout en formulant des solutions sur l'accès aux bureaux de vote, le redécoupage électoral, l'éventuelle création d'un jour férié ».

« Des déclarations comme celles de Trump, sans explication, alimentent le sentiment d'illégitimité du système ».

Mauvais perdant

Le milliardaire américain est un habitué des théories du complot.

En 2012, Donald Trump avait remis en cause la victoire de Barack Obama sur Mitt Romney au soir de l'élection. Il a aussi longtemps contesté la légitimité de la naissance américaine de Barack Obama, dont le père était kényan et la mère américaine.

John McCain, candidat républicain de 2008, avait accusé une grande association liée aux démocrates de commettre des actes de fraude électorale.

Mais « il est très rare qu'un candidat présidentiel suggère qu'un scrutin à venir soit truqué », dit Lorraine Minnite, qui a écrit un livre sur le « mythe de la fraude électorale ».

« Il essaie de se protéger contre une défaite », dit-elle. « Mais dénoncer un trucage du vote a aussi des connotations raciales aux États-Unis », ajoute-t-elle, en soulignant que de nombreux États contrôlés par les républicains avaient adopté des lois plus restrictives pour l'accès aux bureaux de vote, notamment en rendant obligatoire la présentation d'une pièce d'identité, ce qui selon les démocrates affecte de façon disproportionnée les populations pauvres et noires.

L'attitude de Donald Trump laisse présager un lendemain d'élection contesté.

« Dans l'histoire américaine, habituellement, les perdants acceptent dignement leur défaite », dit Dan Tokaji, expert du droit électoral à l'Ohio State University, à l'AFP. « Mais Donald Trump montre déjà qu'il n'a aucune intention de perdre avec dignité ».

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