Les alliés, une notion mouvante pour Donald Trump

Une illustration de Donald Trump orne un mur... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

Une illustration de Donald Trump orne un mur près du lieu de la convention républicaine, à Cleveland, la semaine dernière.

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Maison-Blanche 2016

International

Maison-Blanche 2016

Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Shahzad ABDUL
Agence France-Presse
Washington

Contrôles renforcés à l'entrée des États-Unis pour les Français et les Allemands, possible sortie de l'Organisation mondiale du commerce et remise en cause de l'OTAN. Donald Trump détricote un a un les alliances et engagements américains à travers le monde.

C'est du moins ce que promet de faire le candidat républicain s'il était élu 45e président américain en novembre, quelques jours après avoir dressé un tableau noir de la situation des États-Unis lors de son discours d'investiture.

Dans une entrevue diffusée dimanche, le milliardaire a repris et détaillé ses sujets de prédilection: immigration, contrôle des frontières, retour des emplois sur le sol américain, concurrence déloyale due au commerce international...

Les Français, dont le pays est «totalement» gangréné par le terrorisme, feront l'objet de contrôles plus poussés pour pouvoir entrer aux États-Unis, a-t-il promis en réponse à une vague d'attaques en Europe revendiquées par l'État islamique.

«Nous avons des problèmes avec l'Allemagne et nous avons des problèmes avec la France», a-t-il jugé, assurant qu'il allait «dévoiler dans les semaines à venir une liste des pays» concernés par des durcissements des critères d'entrée.

Le magnat de l'immobilier n'en est pas à sa première sortie en la matière, après des appels répétés pour des «enquêtes poussées» sur les citoyens de pays où sévit le terrorisme, et sa très controversée proposition de bannir l'entrée des États-Unis aux musulmans du monde entier.

Mais c'est la première fois qu'il évoque de telles mesures pour des proches alliés comme la France ou l'Allemagne.

«Souvenez-vous de cela», a-t-il prévenu dimanche. «Notre Constitution est fantastique. Mais elle ne nous donne pas le droit de nous suicider, ok?» 

Dindons de la farce

Donald Trump a juré, dans la même entrevue, que sous son impulsion, les États-Unis allaient «renégocier ou sortir» de l'OMC, si l'organisation ne lui permettait pas d'imposer des taxes aux entreprises basées sur le sol américain et qui délocalisent leur emplois tout en distribuant leurs produits en Amérique.

«Ces accords commerciaux sont un désastre. L'Organisation mondiale du commerce est un désastre», a-t-il tonné.

Là encore, le milliardaire n'en est pas à sa première critique du commerce international qui introduit une concurrence déloyale avec certains pays. «Nous ne pouvons pas continuer de permettre que la Chine viole notre pays», avait-il par exemple dénoncé il y a quelques mois.

Mais il a dimanche agrémenté sa critique de remarques sur l'Europe, qui s'est construite pour «battre les États-Unis en ce qui concerne le commerce».

«Désormais on parle de l'Europe comme si (ses pays) étaient merveilleux», a-t-il poursuivi. «J'adore l'Europe. Je dis juste que la raison pour laquelle elle s'est rassemblée était une sorte d'alliance pour pouvoir rivaliser avec les États-Unis».

Le candidat populiste a également réitéré ses critiques sur l'OTAN, dénonçant notamment des pays membres de l'Alliance «qui profitent des États-Unis».

Il avait récemment affirmé que si les pays baltes étaient attaqués par la Russie, il ne déciderait d'intervenir qu'après avoir vérifié que ces pays «ont bien respecté leurs obligations». Une sortie qualifiée par le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, d'«erreur de débutant».

«Plusieurs pays ne paient ce qu'ils sont censés payer, ce qui est déjà trop peu (...) et nous leur offrons un tour gratuit», a-t-il maintenu dimanche, décrivant les États-Unis comme les dindons de la farce.

Cela va «au-delà» de l'OTAN, selon Donald Trump, «puisque nous nous occupons du Japon (...), de la Corée du Sud, de l'Arabie saoudite, et nous perdons sur tous les tableaux».

«Il y a une énorme différence entre pousser nos alliés européens à tenir leurs engagements en termes de dépenses pour la défense et leur dire «Vous savez quoi ? Nous pourrions ne pas respecter l'engagement central de l'alliance la plus importante de l'Histoire»», a déploré le président Barack Obama dimanche.

Des déclarations qui, pour M. Obama, démontrent le «manque de préparation» de Donald Trump, et son manque de connaissance en matière de politique étrangère.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer