Les forces irakiennes resserrent l'étau sur Mossoul

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Les forces progouvernementales avaient déjà repris dimanche aux jihadistes une quinzaine de villages dans une zone désertique au sud de Mossoul, sur le chemin menant à l'aéroport, selon des commandants sur place.

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Le groupe État islamique

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Wilson FACHE, Thomas WATKINS
Agence France-Presse
POINT DE CONTRÔLE D'AKARAB, Bagdad

Les forces irakiennes soutenues par des avions et des hélicoptères se sont rapprochées lundi de la périphérie sud et de l'aéroport de Mossoul malgré la résistance des djihadistes du groupe État islamique (EI).

L'opération lancée dimanche pour reprendre la moitié ouest de Mossoul a reçu le soutien du nouveau secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, qui a effectué sa première visite à Bagdad depuis l'entrée en fonctions de l'administration Trump.

La partie orientale de Mossoul, séparée de la partie occidentale par le fleuve Tigre, avait été déclarée « totalement libérée » fin janvier, trois mois après le début de la vaste offensive militaire pour reprendre la deuxième ville d'Irak, conquise par l'EI en juin 2014.

Après avoir pris une quinzaine de localités, les forces fédérales ont atteint lundi le point de contrôle d'Akarab.

« C'est très important parce qu'il est considéré comme la porte sud de Mossoul », a déclaré à l'AFP le général Haider al-Mtoury, de la police, l'une des forces fédérales participant aux opérations.

Il a précisé que ses troupes étaient désormais à deux kilomètres de la périphérie de la ville malgré les actions de guérilla de l'EI comme les attentats suicide et les explosions de véhicules piégés.

Il reste « quelque 2000 » djihadistes dans la partie occidentale de Mossoul, a indiqué lundi un responsable américain du renseignement. Leur nombre était estimé à entre 5000 et 7000 avant le début de la vaste offensive, le 17 octobre, pour reprendre à l'EI son dernier grand bastion en Irak.

Les forces irakiennes ont également sécurisé lundi une zone stratégique sur les collines dominant l'aéroport de Mossoul.

La conquête de cet aéroport, qui ne fonctionne plus, et d'une ancienne base militaire adjacente ouvrirait la voie à un assaut sur la périphérie sud-ouest de Mossoul, à proximité du Tigre.

Les djihadistes ont établi une ligne de défense renforcée au nord de cet aéroport. Elle protège notamment la vieille ville, au coeur de Mossoul, une zone densément construite où les véhicules blindés de l'armée irakienne auront du mal à se déplacer.

Plus à l'ouest, les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire) ont progressé pour atteindre la route reliant Mossoul à Tal Afar, une ville encore sous le contrôle de l'EI. Elles renforcent ainsi l'encerclement des djihadistes défendant Mossoul-Ouest.

« Lutte complexe »

En chassant l'EI de la deuxième ville d'Irak, Bagdad espère porter un coup fatal au groupe ultraradical sunnite qui avait proclamé en 2014 un « califat » à cheval sur l'Irak et la Syrie. C'est à Mossoul que son chef Abou Bakr Al-Baghdadi avait fait son unique apparition publique.

Les experts s'attendent donc à ce que les djihadistes défendent chèrement leur peau.

Les forces irakiennes peuvent compter sur les frappes de la coalition internationale qui a utilisé plus de 12 000 munitions contre l'EI depuis le début de l'opération sur Mossoul.

Le commandant de cette coalition, le général Stephen Townsend, a laissé entendre qu'elle devrait rester en Irak au-delà de la bataille de Mossoul. « Je n'anticipe pas que le gouvernement irakien nous demande de partir immédiatement après Mossoul », a-t-il déclaré à la fin de la visite de Jim Mattis.

« Je pense que les autorités irakiennes réalisent qu'il s'agit d'une lutte extrêmement complexe et qu'elles auront besoin du soutien de la coalition même après Mossoul », a-t-il ajouté.

« Il s'agit d'un partenariat », a précisé M. Mattis à son arrivée à Bagdad. « Il y a eu des périodes difficiles mais il ne fait pas de doute que [...] les responsables irakiens reconnaissent [...] la valeur de la coalition ».

Cet ancien général des Marines, qui commandait des troupes lors de l'invasion de l'Irak en 2003, a aussi tenu à apaiser les craintes irakiennes après des déclarations et décisions controversées du président américain Donald Trump.

Ce dernier a notamment affirmé que les États-Unis auraient dû voler le pétrole irakien avant de retirer leurs troupes de ce pays en 2011, pour financer l'effort de guerre et priver l'EI d'une source vitale de financement.

Mais M. Mattis a relativisé ces propos. « Nous, en Amérique, nous avons généralement payé pour le gaz et le pétrole et je suis sûr que nous allons continuer à le faire à l'avenir [...] Nous ne sommes pas en Irak pour accaparer le pétrole », a-t-il déclaré.




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