Critiques contre la «non-stratégie» d'Obama contre l'EI

Preuve à charge contre Barack Obama, selon les... (PHOTO AFP)

Agrandir

Preuve à charge contre Barack Obama, selon les républicains: son affirmation, dans une interview enregistrée jeudi et diffusée juste avant les attentats de vendredi, que l'EI n'était «pas en train de gagner des forces».

PHOTO AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

L'opposition au président Barack Obama aux États-Unis a relancé après les attentats de Paris ses attaques contre l'insuffisance supposée de la stratégie américaine contre le groupe État islamique, des républicains appelant à mobiliser l'Otan et déployer des troupes en Syrie.

«Paris change tout», a déclaré le républicain Michael McCaul, président de la commission de la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants, sur la chaîne NBC. «Nous avons besoin de forces d'une coalition de l'Otan, il faut des frappes aériennes sans règles d'engagement, et les arabes sunnites doivent s'impliquer plus».

Les attentats de Paris, revendiqués par l'EI, sont devenus depuis vendredi le thème principal de débat de la campagne présidentielle américaine, à moins de trois mois du début des primaires pour l'élection de novembre 2016.

Les conservateurs, unilatéralement critiques de la politique étrangère de Barack Obama sur tous les dossiers, de la Russie à l'Iran et au Moyen-Orient, ont vu dans les attaques la validation de leurs critiques sur l'absence supposée de stratégie contre ce qu'ils considèrent être la menace principale contre la sécurité nationale: l'islamisme radical.

Preuve à charge, selon eux: l'assertion de Barack Obama, dans une interview enregistrée jeudi et diffusée juste avant les attentats de vendredi, que l'EI n'était «pas en train de gagner des forces».

L'organisation «ne gagne pas de terrain en Irak. Et en Syrie, ils vont, ils viennent, mais il n'y a pas d'avancée systématique de l'EI sur le terrain», a-t-il dit sur ABC, se félicitant d'avoir «endigué» l'organisation. Le président américain analysait ses positions géographiques en Syrie et en Irak, mais les républicains ont exploité la formule pour dénoncer la soi-disant naïveté d'un président qui avait déjà, en janvier 2014, qualifié l'EI d'amateurs.

«L'Amérique s'est rendue compte en 24 heures que la menace n'était pas endiguée», a répliqué le républicain Richard Burr, puissant président de la commission du Renseignement du Sénat.

Même la démocrate Hillary Clinton, qui soutient Barack Obama dont elle fut la chef de la diplomatie (2009-2013), a souligné lors d'un débat samedi que l'organisation jihadiste ne pouvait «pas être endiguée. Elle doit être vaincue».

Article 5 de l'Otan

Outre les attentats de Paris, la bombe qui a abattu un avion russe dans le Sinaï égyptien témoigne de l'expansion de l'EI hors de son fief syrien, disent les républicains.

Sans vraiment présenter d'alternative, ils reprochent à Barack Obama de confondre tactique (les frappes en Syrie et en Irak) et stratégie au Moyen-Orient pour affronter cette menace croissante, de l'Afrique du Nord au Pakistan.

En Syrie et en Irak, Richard Burr appelle à un renforcement des effectifs militaires américains: «3500 Américains dans un rôle de conseil ne suffiront pas», a-t-il dit sur CBS.

Le candidat à la Maison Blanche Lindsey Graham, un faucon interventionniste, propose depuis des mois d'envoyer 10 000 hommes en Syrie.

Ses rivaux des primaires ne vont pas jusque-là, mais Jeb Bush, dont le frère et le père ont fait envahir l'Irak, a répété son appel à l'instauration d'une zone d'interdiction aérienne en Syrie pour protéger les populations et aider l'Armée syrienne libre.

Marco Rubio, troisième de la course à l'investiture pour l'instant, ne cesse de parler d'un choc de civilisations. «Soit ils gagnent, soit nous gagnons», a-t-il redit sur ABC.

Le jeune sénateur propose d'envoyer plus de forces spéciales en Syrie pour infliger des «défaites humiliantes» aux dirigeants de l'EI, des opérations qu'il veut filmer afin «de montrer qu'ils ne sont pas invincibles».

«Ils utilisent la propagande pour recruter des combattants et des donateurs partout dans le monde», a-t-il fait valoir. «Ils se présentent comme une force invincible, nous devons casser cette image».

Les candidats Jeb Bush, Marco Rubio, Lindsey Graham et le gouverneur John Kasich (Ohio) ont aussi appelé dimanche la France à invoquer l'article 5 du traité de l'Atlantique nord sur la solidarité entre membres de l'Otan en cas d'attaque armée. Ils insistent sur le besoin impérieux d'une plus grande implication des pays arabes sunnites de la région.

La plupart veulent aussi fermer entièrement la porte aux réfugiés syriens, afin d'empêcher d'éventuelles infiltrations de combattants jihadistes, reprenant un amalgame que la chancelière allemande, Angela Merkel, a pourtant personnellement dénoncé.

«L'Amérique s'est rendue compte en 24 heures que la menace n'était pas endiguée.»

Richard Burr
républicain et président de la commission du Renseignement du Sénat
Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer