Un Montréalais à la rescousse des esclaves sexuelles de l'EI

L'homme d'affaires Steve Maman, inspiré par Oskar Schindler,... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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L'homme d'affaires Steve Maman, inspiré par Oskar Schindler, s'est donné comme mission de libérer tous les enfants kidnappés par le groupe État islamique en Irak. Il tente de recueillir 9 millions de dollars.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Steve Maman, un homme d'affaires montréalais, a lancé une campagne de financement pour libérer des esclaves sexuelles des griffes du groupe armé État islamique (EI). Ce vendeur de voitures a été inspiré par Oskar Schindler, qui avait sauvé 1200 juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, et dit avoir déjà réussi à libérer 128 enfants en huit mois.

C'est en cherchant à faire des affaires en Irak que le Montréalais dit avoir rencontré le révérend Canon Andrew White, qui vivait en Irak jusqu'en novembre dernier. Grâce aux contacts sur le terrain de son ami, il a eu l'idée de sauver des femmes et enfants kidnappés par l'EI. Celles-ci étaient vendues comme esclaves sexuelles.

«Nous avons commencé en janvier dernier en aidant à sortir trois familles chrétiennes d'Irak alors que Daesh [le groupe État islamique] se rapprochait dangereusement de leur village, explique M. Maman en entrevue avec La Presse. Ces familles ont été relocalisées à Ankara et nous tentons de les parrainer pour qu'ils viennent s'installer au Canada en tant que réfugiés.»

Ce Montréalais d'origine marocaine de confession juive séfarade dit avoir financé les premières opérations de sauvetage de sa poche. Les intermédiaires sur le terrain sont depuis parvenus à négocier pour libérer des enfants et des jeunes filles, principalement âgées de 17 à 22 ans, affirme M. Maman. «Selon un rapport des Nations unies, des enfants peuvent devenir esclaves sexuels dès l'âge de 8 ou 9 ans», précise-t-il avant d'ajouter qu'il en coûte entre 2000 et 3000$ pour libérer un enfant et le ramener dans sa famille.

Selon les Nations unies, la majorité des esclaves sexuelles en Irak sont des yézidis ou des chrétiennes. Un document faisant état des prix des esclaves sexuelles a récemment été découvert par une envoyée spéciale de l'ONU. On y apprend notamment que les enfants de 1 à 9 ans sont vendus jusqu'à 215$.

Organisme sans but lucratif

Disant vouloir sauver tous les enfants kidnappés, M. Maman se consacre maintenant pratiquement à temps plein à cette initiative. Il y a un peu plus d'un mois, il a fondé l'organisme sans but lucratif Liberation of Christian and Yazidi Children of Iraq et lancé une campagne de financement sur Gofundme. Depuis le 5 juillet, 382 574$ ont été amassés. M. Maman espère pouvoir récolter jusqu'à 9 millions.

M. Maman a fait parler de son initiative un peu partout dans le monde, dans les journaux israéliens, notamment. Jusqu'à présent, de nombreuses personnes de la communauté juive séfarade de Montréal se sont impliquées auprès de M. Maman, souligne-t-il. «C'est un véritable travail d'équipe. On a aussi contacté des églises chrétiennes, mais on n'a pas encore reçu de financement de leur part.»

M. Maman dit avoir également contacté des vedettes comme Céline Dion ou Guy Laliberté pour les inviter à appuyer sa cause, mais n'a pas encore reçu de réponse.

Il a également demandé l'aide de son ami Roger Demers, un collectionneur de voitures de Thetford Mines. «Il s'agit d'une famille exemplaire avec un grand coeur», insiste l'homme d'affaires.

«Je fais des appels pour demander aux gens de donner à la fondation, chaque sou est important», affirme M. Demers. Le collectionneur, qui a déjà eu quelques démêlés avec Revenu Québec, souligne qu'il ne récolte aucuns fonds directement, et se contente de rediriger les donateurs vers la fondation.

«Les gens ne donnent pas à notre famille», insiste-t-il. M. Demers a par ailleurs réglé son combat judiciaire contre Revenu Québec en acceptant, le mois dernier, de fournir certains renseignements sur sa fameuse collection de voitures anciennes.

«Il ne faut pas mélanger cette question avec l'aide humanitaire, dit-il. Steve est un ami de longue date et les enlèvements d'enfants viennent chercher n'importe qui avec un coeur.»

En payant pour libérer ces enfants, M. Maman ne se retrouve-t-il pas à financer les activités de l'EI? Ce père de famille insiste pour dire qu'il n'est en aucun cas un sympathisant du groupe et ne transige pas directement avec lui. «Nous sommes la seule organisation officielle qui tente de sauver ces enfants, rappelle-t-il. Je cherche des solutions. Je vous rappelle que les juifs ont vécu l'Holocauste et les pays ont mis six ans à réagir. Pourquoi attendre pour sauver ces enfants?»

Dans les prochains jours, il espère pouvoir sauver 10 autres enfants.

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