L'armée canadienne a combattu l'EI au sol en Irak

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Qualifiant l'opération de strictement défensive, le brigadier général Michael Rouleau a indiqué que les deux positions ennemies d'où provenaient les attaques ont été « neutralisées ».

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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(OTTAWA) Les Forces spéciales canadiennes déployées en Irak ont été impliquées dans un échange de tirs avec le groupe armé État islamique (EI), ont révélé des dirigeants militaires lors d'une séance d'information à Ottawa, hier.

Les quelque 70 membres de ces forces spéciales ont aussi aidé les avions de la coalition à localiser des cibles ennemies à 13 reprises depuis le début de la mission Impact, à l'automne.

Les commandants des Forces d'opérations spéciales et du Commandement des opérations interarmées du Canada affirment néanmoins que ces événements respectent le mandat de «formation et d'assistance» des forces armées irakiennes tel que donné par le gouvernement fédéral. Ce mandat n'autorise pas de combats au sol.

Le lieutenant-général Jonathan Vance et le brigadier général Michael Rouleau ont expliqué que les membres des forces spéciales canadiennes ont été attaqués par des tirs de mortier et de fusil mitrailleur lorsqu'ils se sont rendus au front avec des membres des forces irakiennes dans le cadre d'un exercice de formation.

Ils ont précisé que l'événement s'est déroulé «au cours des sept derniers jours» et que c'est la première fois qu'une telle situation se produit depuis le début de la mission canadienne.

«Le fait qu'on a eu un échange de feu avec l'EI ne veut pas dire que c'est devenu une mission de combat. C'est plus nuancé que ça», a déclaré le brigadier général Rouleau, commandant des Forces d'opérations spéciales.

Qualifiant l'opération de «strictement défensive», Michael Rouleau a indiqué que les deux positions ennemies d'où provenaient les attaques ont été «neutralisées».

Quant à la localisation de cibles ennemies à être bombardées par les avions de la coalition, les dirigeants militaires ont donné l'exemple de lasers pointés sur ces cibles par des militaires canadiens postés au sol.

«Ce n'est pas une escalade [de notre mandat], s'est défendu le brigadier général Rouleau. Ça fait partie du régime d'aide et de conseil... Et ça aide beaucoup les services de sécurité irakiens.»

La députée du NPD Élaine Michaud estime que le gouvernement aura des explications à donner: «On se retrouve devant une situation qui dépasse le cadre de la mission... Pour moi, c'est une situation assez préoccupante».

Plusieurs années

Le lieutenant général Vance a par ailleurs affirmé que la mission de la coalition d'une vingtaine de pays dirigée par les États-Unis en Irak et en Syrie pourrait durer encore plusieurs années, mais que ses hommes et lui-même se plieront à la volonté du gouvernement canadien quant à la durée de leur déploiement.

En principe, la mission canadienne doit durer jusqu'au mois d'avril. Mais le premier ministre Stephen Harper et ses ministres se sont déjà montrés ouverts à la possibilité de la prolonger.

«Les Forces armées sont prêtes et se préparent à prolonger si on nous le commande. Et nous nous préparons à retourner à la maison [...] si on nous le commande», a déclaré le militaire.

Le Canada a déployé quelques avions pour prendre part aux raids aériens contre l'EI dans le cadre de cette opération Impact, dont six chasseurs CF-18, et 625 membres des Forces armées, dont 10% proviennent des Forces spéciales.

Des coûts gardés secrets

Le ministère de la Défense refuse catégoriquement de divulguer les coûts liés à la mission des avions de chasse CF-18 en Irak, invoquant la confidence du cabinet pour justifier sa décision. Pourtant, ce même ministère ne s'est jamais opposé au dévoilement des coûts liés à la longue mission des troupes canadiennes en Afghanistan, qui a duré près de 12 ans et qui a pris fin en mars 2014.

La Presse a d'ailleurs obtenu les coûts de cette mission à intervalles réguliers entre 2006 et 2014, en soumettant une demande en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Mais cette même démarche pour les coûts de la mission en Irak s'est heurtée à un mur au cours des dernières semaines. Même le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, s'est fait servir la même réponse du ministère de la Défense lorsqu'il a voulu entreprendre, en novembre, une analyse pour déterminer les coûts de cette mission.

- Joël-Denis Bellavance

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