La Libye annonce la mort du chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar

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Mokhtar Belmokhtar, surnommé «le borgne», a créé fin 2012 sa propre unité combattante, les «Signataires par le sang», pour s'affranchir de la tutelle d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.

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Agence France-Presse
BENGHAZI, Libye

La Libye a annoncé la mort du chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar, cerveau de la meurtrière prise d'otages d'In Amenas en Algérie (2013), dans un raid américain dans l'est de la Libye, mais les États-Unis ne l'ont pas confirmée.

Le Pentagone a indiqué que Belmokhtar avait bien été la cible d'une frappe américaine, mais sans donner de détails sur son sort. «Nous continuons à évaluer les résultats de l'opération et fournirons plus de précisions de manière appropriée», a déclaré dimanche soir le colonel Steve Warren, un porte-parole de la Défense américaine.

S'il était confirmé, le décès de Belmokhtar représenterait un succès dans la traque que mènent les Américains contre les chefs des groupes djihadistes, qu'ils pourchassent dans de nombreux pays notamment à l'aide de drones.

Un responsable du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale avait annoncé dimanche que le chef djihadiste avait trouvé la mort dans une «frappe de l'armée américaine» ayant visé «une ferme» à Ajdabiya, à 160 km à l'ouest de Benghazi, chef-lieu de l'Est libyen. Il y «tenait une réunion avec d'autres chefs de groupes extrémistes, dont des membres d'Ansar Asharia», un groupe libyen lié à Al-Qaïda et classé terroriste par l'ONU.

Sur les réseaux sociaux, des comptes djihadistes ont fait état de sept morts dans le raid. Une page Facebook d'un groupe islamiste à Ajdabiya a publié des photos de corps ainsi que les noms des personnes tuées, sans aucune référence à Belmokhtar.

Ce n'est pas la première fois que le décès du chef djihadiste algérien est annoncé.

Il avait été donné pour mort par le Tchad en avril 2013, soit trois mois après l'attaque sanglante de janvier sur le complexe gazier d'In Amenas, en Algérie. Mais il revendiquait le mois suivant, en mai 2013, un double attentat-suicide qui a fait une vingtaine de morts au Niger.

Fidèle à Al-Qaïda

Né en juin 1972 à Ghardaïa, aux portes du Sahara, Belmokhtar a combattu très jeune en Afghanistan en 1991, où il a perdu un oeil, ce qui lui a valu son surnom de «Laouar» (le borgne).

Ex-chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), avec laquelle il était entré en dissidence, Mokhtar Belmokhtar avait créé fin 2012 sa propre unité combattante, les «Signataires par le sang».

En janvier 2013, il avait revendiqué l'attaque sanglante et la prise d'otages massive qui s'en est suivi sur le complexe gazier d'In Amenas, dans le Sahara algérien, qui se sont soldées par la mort de 37 étrangers, un Algérien et 29 ravisseurs.

Mokhtar Belmokhtar avait réaffirmé en mai la loyauté de son groupe, Al-Mourabitoune, à Al-Qaïda et démenti l'allégeance au groupe État islamique (EI) proclamée par un autre dirigeant, laissant présager une sérieuse discorde dans la hiérarchie du mouvement.

Al-Mourabitoune est né en 2013 de la fusion des «Signataires par le sang» et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), un des groupes djihadistes ayant contrôlé le nord du Mali jusqu'au lancement de l'opération française Serval en janvier 2013.

Condamné à mort à deux reprises par la justice algérienne, Belmokhtar aurait commandité l'assassinat de quatre Français en Mauritanie en décembre 2007, et la prise en otages de deux Canadiens en 2008, trois Espagnols et deux Italiens en 2009.

Rare opération américaine en Libye

À Ajdabiya, des combats meurtriers ont eu lieu dimanche autour de l'hôpital, les djihadistes ayant tenté, en vain, de prendre le contrôle de l'établissement, aux mains de milices locales, pour soigner leurs blessés, selon des témoins.

Plongé dans le chaos depuis la chute en 2011 de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi, la Libye est déchirée par des combats entre milices lourdement armées, et le pays compte actuellement deux gouvernements - et Parlements - rivaux.

Des groupes djihadistes ont profité de ce chaos, notamment le groupe État islamique qui s'est implanté l'an dernier en Libye et qui a annoncé le 9 juin avoir pris la ville de Syrte (450 km à l'est de Tripoli) ainsi qu'une centrale thermique voisine.

La dernière opération en Libye des États-Unis, qui disposent de drones basés au Niger voisin, date de juin 2014 quand leurs forces spéciales ont capturé Ahmed Abou Khattala, un des organisateurs présumés de l'attaque contre le consulat américain à Benghazi en 2012, qui avait coûté la vie à l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains.

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