Le processus de paix à l'agonie en Syrie

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À l'heure actuelle, les bombardements mutuels se poursuivent par intermittence, notamment dans la métropole d'Alep et près de la capitale Damas.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Rana MOUSSAOUI, Maya GEBEILY
Agence France-Presse
Beyrouth

La démission du négociateur en chef de l'opposition syrienne Mohammed Allouche est le signe que le processus de paix intersyrien sous l'égide de l'ONU est à l'agonie.

M. Allouche a annoncé dimanche soir sur Twitter qu'il démissionnait de son rôle au sein du Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, en raison notamment de l'échec des trois rounds de négociations indirectes avec le régime de Damas organisées cette année à Genève sous l'égide de l'ONU.

Son départ intervient trois jours après que l'émissaire de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura, a indiqué qu'il n'envisageait pas de nouveaux pourparlers «avant deux ou trois semaines».

Sous l'impulsion des Américains et des Russes, l'ONU cherche une issue au conflit qui ravage la Syrie depuis cinq ans et a coûté la vie à plus de 280 000 personnes.

Pour justifier sa démission, M. Allouche a indiqué dans un communiqué que les trois rounds de négociations à Genève avaient échoué «en raison de l'entêtement du régime, de la poursuite de ses bombardements et de son agression contre le peuple syrien».

Ce haut dirigeant du groupe rebelle d'inspiration salafiste Jaich al-Islam (Armée de l'islam), soutenu par l'Arabie saoudite, a également dénoncé «l'incapacité de la communauté internationale à faire appliquer ses résolutions, notamment en ce qui concerne le côté humanitaire, la levée des sièges, l'entrée des aides, la libération des prisonniers et le respect de la trêve».

Cette trêve entre régime et rebelles est entrée en vigueur le 27 février après une initiative russo-américaine mais a été violée à plusieurs reprises.

À l'heure actuelle, les bombardements mutuels se poursuivent par intermittence, notamment dans la métropole d'Alep et près de la capitale Damas, et le régime syrien refuse de laisser entrer de l'aide humanitaire dans plusieurs villes assiégées, comme à Daraya depuis 2012.

Selon l'Organisation syrienne des droits de l'homme (OSDH), au moins 10 civils ont été tués et plusieurs dizaines d'autres ont été blessés lundi soir dans des frappes russes très intenses sur la ville d'Idleb, chef lieu d'une province contrôlée par le Front Al-Nora,  branche syrienne d'Al-Qaïda.

«Dernier souffle»

Pour l'expert de la Syrie Charles Lister, la démission de M. Allouche risque de signifier la fin des pourparlers de paix.

«C'est la manière de Jaich al-Islam de dire que le processus de paix est littéralement sur le point de rendre son dernier souffle», a indiqué M. Lister, analyste au Middle East Institute basé à Washington.

Jaich al-Islam est l'un des mouvements rebelles les plus influents en Syrie et fait partie de la centaine de groupes insurgés ayant approuvé la trêve.

«Les groupes armés menaçaient depuis quelque temps de se retirer des pourparlers et cette annonce de Jaich al-Islam sera interprétée comme un signal pour les autres (groupes rebelles) de se préparer à ce qui semble être la mort inévitable du processus de paix», a souligné Charles Lister.

De son côté, la porte-parole de l'émissaire de l'ONU pour la Syrie a réagi lundi en affirmant que le départ de M. Allouche  était une «question interne au sein du HCN».

«Nous espérons poursuivre notre travail avec toutes les parties pour que le processus (de paix) aille de l'avant», a ajouté Josephine Guerrero.

À Genève, les négociations indirectes ont notamment buté sur la question cruciale du sort du président Assad, dont le départ est la principale revendication de l'opposition.

Le dernier round, en avril, avait été interrompu après le retrait de la délégation des rebelles.

Avec son peu d'expérience en matière de négociations, la nomination d'Allouche à la tête de la délégation de l'opposition avait été un choix controversé.

Des membres de l'opposition syrienne avait notamment critiqué Jaich al-islam pour le rôle présumé du groupe dans l'enlèvement de militants pacifiques près de Damas.

Mais la participation de ce groupe rebelle avait paradoxalement donné une légitimité à la délégation de l'opposition politique en exil, souvent accusée d'être déconnectée de la réalité sur le terrain syrien.

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