Ankara en faveur d'une opération terrestre en Syrie avec ses alliés

Des chars d'assaut turcs font feu en direction... (PHOTO BULENT KILIC, AFP)

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Des chars d'assaut turcs font feu en direction de la frontière syrienne.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
Istanbul

La Turquie a plaidé mardi pour une intervention militaire terrestre de la coalition internationale en Syrie, rendant encore un peu plus improbable la perspective d'une trêve, censée entrée en vigueur cette semaine.

Ces nouvelles déclarations de la Turquie, qui soutient l'opposition, devraient encore un peu plus envenimer ses relations avec la Russie, allié du régime, qui l'a accusée lundi de soutenir le «terrorisme international».

«Nous voulons une opération terrestre avec nos alliés internationaux», a déclaré à la presse un responsable turc qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, ajoutant toutefois: il «n'y aura pas d'opération militaire unilatérale de la Turquie».

Interrogé sur les cibles de cette éventuelle opération, le responsable turc a répondu: «tous les groupes terroristes en Syrie».

Selon lui, ces groupes incluent le groupe djihadiste État islamique (EI), maître de vastes régions en Syrie, les forces du régime et les milices kurdes.

Jusqu'à présent, la coalition internationale dirigée par Washington mène seulement des frappes aériennes contre l'EI.

Samedi, la Turquie avait déclaré qu'elle pourrait, avec l'Arabie saoudite, un autre membre de la coalition, mener une intervention terrestre contre l'EI en Syrie.

L'Iran, allié de poids de Damas, a averti mardi que le déploiement de troupes saoudiennes violerait «le droit international».

«Barbares et lâches»

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a par ailleurs de nouveau dénoncé avec véhémence les bombardements aériens menés par la Russie qu'il a qualifiés de «barbares» et «lâches».

L'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme (OSDH) a fait état lundi de bombardements «probablement russes» dans le nord du pays qui ont fait selon l'ONU près de 50 morts civils dont des enfants.

Au moins cinq établissements médicaux et deux écoles ont été visés dans les provinces d'Alep et d'Idleb selon un porte-parole de l'ONU. L'OSDH a fait état de 26 morts, dont quatre enfants, dans ces bombardements.

Ces frappes ont été vivement condamnées par la communauté internationale, et le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé mardi que les frappes russes laissent «peu d'espoir» pour la paix en Syrie.

Le Kremlin, qui a «démenti catégoriquement» les accusations de bombardements sur des hôpitaux, a dénoncé en revanche les «actions agressives» de la Turquie en Syrie qui s'apparentent, selon lui, à un soutien «au terrorisme international».

Alors que les combats ne connaissent aucun répit et que la situation humanitaire devient chaque jour plus préoccupante, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a rencontré mardi à Damas le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem.

Il a dit avoir discuté du «libre accès humanitaire à toutes les régions assiégées non seulement par le gouvernement, mais aussi par l'opposition et le groupe État islamique».

Plus d'un million de personnes vivent avec «un risque accru de décès» à cause du manque de nourriture, d'électricité et d'eau courante dans 46 localités encerclées, selon l'ONU.

Pour tenter de mettre un terme à un conflit qui entre bientôt dans sa sixième année, les États-Unis et la Russie sont tombés d'accord vendredi sur un accord prévoyant une «cessation des hostilités» dans un délai d'une semaine ainsi qu'un accès humanitaire aux villes assiégées.

Nouvelles frappes turques

Le président Bachar al-Assad a cependant estimé lundi «difficile» d'envisager un tel cessez-le-feu avec les groupes rebelles qu'il qualifie de «terroristes».

Sur le terrain, la Turquie, qui accuse les milices armées kurdes d'être des groupes «terroristes», a poursuivi mardi, pour la quatrième journée consécutive, ses bombardements contre leurs positions au nord d'Alep.

L'artillerie turque a bombardé Tall Rifaat, bastion rebelle tombé la veille aux mains des forces kurdes, rapporte l'OSDH.

Les Unités de protection du peuple (YPG) kurde ont récemment avancé dans la province d'Alep, profitant de l'affaiblissement des rebelles face à l'offensive d'envergure que l'armée a lancée le 1er février au nord d'Alep.

Elles négociaient en outre mardi pour pénétrer sans combat à Marea, l'un deux derniers bastions encore aux mains des insurgés dans la province d'Alep, selon l'OSDH.

L'offensive du régime à Alep et au nord de la ville a poussé des dizaines de milliers de Syriens à fuir les combats, et se sont réfugiés tout près de la frontière turque qui leur reste cependant fermée.

La Syrie est ravagée depuis près de cinq ans par une guerre qui a fait plus de 260 000 morts, poussé des millions de personnes à l'exil et entraîné le morcellement du pays.

Des discussions de paix à l'initiative de l'ONU, avec la participation de représentants du régime et de l'opposition, ont débuté début février à Genève, mais ont vite été suspendues, et M. de Mistura espère encore pouvoir les reprendre le 25 février.

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