La France, cible emblématique pour les djihadistes

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Depuis janvier 2015, la France a subi trois attaques meurtrières qui ont fait plus de 230 morts et des centaines de blessés.

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Attentat à Nice

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Attentat à Nice

En pleines célébrations de la fête nationale française, la ville de Nice a été frappée par une attaque terroriste alors qu'un homme au volant de son camion a semé la mort parmi les gens massés sur la promenade des Anglais pour assister à des feux d'artifice. »

Agence France-Presse
PARIS

En 18 mois, la France a subi trois attaques meurtrières massives, revendiquées par des groupes djihadistes, qui ont fait plus de 230 morts et des centaines de blessés. Symbole de la laïcité, engagé dans la lutte contre les djihadistes, l'Hexagone est une cible emblématique.

Ces attentats, dont le caractère spectaculaire ou inédit a marqué les esprits, comme la course folle jeudi d'un camion bélier à Nice, ont aussi été accompagnés de plusieurs tentatives avortées ou d'attaques faisant peu de victimes.

La France, en première ligne sur le front anti-djihadiste

Au Sahel ou au Moyen-Orient, la France est aux avant-postes de la lutte contre les groupes djihadistes.

C'est le deuxième contributeur aux opérations aériennes de la coalition internationale conduite par les États-Unis contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie. Ses avions-bombardiers basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis bombardent régulièrement centres de commandement, fabriques d'engins explosifs et dépôts d'armes de l'EI.

La veille de l'attentat de Nice, le président François Hollande avait annoncé un nouveau déploiement à l'automne au Moyen-Orient du porte-avions Charles de Gaulle, symbole de la puissance militaire française.

La France se dit en «guerre» depuis les attentats de novembre 2015 à Paris (130 morts), planifiés, selon les autorités, au coeur de la machine politico-militaire de l'EI en Irak et en Syrie.

Tout comme en novembre, François Hollande a promis vendredi d'accentuer la pression sur cet ennemi. «Nous continuerons à frapper ceux qui justement nous attaquent sur notre propre sol, dans leurs repaires», a-t-il martelé.

Au Sahel, la France est en toute première ligne avec l'opération Barkhane (3000 hommes) face aux groupes djihadistes qui continuent de frapper à coups d'attentats, de Ouagadougou à Grand Bassam, et d'attaques contre les Casques bleus, même s'ils ont été affaiblis par l'intervention française lancée au Mali en janvier 2013.

Un modèle laïc détesté

Pour l'historien des religions Odon Vallet, la laïcité «à la française», qui a conduit à l'interdiction du voile islamique dans les écoles françaises en 2004 puis dans sa version intégrale dans la rue en 2010, peut aussi être un puissant vecteur de motivation.

«Pour eux, la laïcité pure et dure à la française est incompatible avec l'islam», estime-t-il.

La vision française de la liberté d'expression, qui permet une large critique des religions, a également placé le pays dans le viseur des extrémistes. Les attaques contre la rédaction du journal Charlie Hebdo en janvier 2015 ont été menées en réaction à la publication de caricatures du prophète Mahomet.

Cinq millions de musulmans vivent en France, pays qui accueille à la fois les plus importantes communautés musulmane et juive d'Europe. Cette dernière communauté a été explicitement visée par des attentats. Le risque de tensions ou d'affrontements communautaires est plus apparent en France que dans d'autres pays européens.

En dépit d'efforts pour leur intégration dans un pays majoritairement catholique, les musulmans restent soumis à de nombreuses discriminations, notamment à l'embauche, mettant à mal leur intégration républicaine.

Pour le sociologue Raphaël Liogier, «la France est le pays où il y a le plus de frustrations par rapport à ce débat sur l'islam».

«La troisième cause cachée, c'est l'Histoire», estime Odon Vallet, en rappelant que le traité de Sèvres de 1920 a supprimé le califat de l'Empire ottoman. «Dans son histoire coloniale, la France est considérée comme l'un des ennemis principaux de l'État islamique», explique-t-il.

Des centaines de djihadistes francophones

De nombreux francophones - environ 600 Français mais aussi beaucoup de Tunisiens, Marocains, etc. - ont rallié l'EI en Irak et en Syrie.

«Ils ont la capacité de venir très facilement sur notre territoire», relève le patron de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar. «Les cibles sont multiples et les terroristes frappent là où cela leur est le plus facile», dit-il.

L'organisateur présumé des attentats du 13 novembre à Paris, le Belge Abdelhamid Abaaoud, s'était d'abord illustré en Syrie à travers des vidéos le montrant en train de commettre des atrocités.

Une société menacée, un exécutif affaibli

Pour les responsables politiques et policiers, la France est aujourd'hui le pays le plus menacé par des attentats. Cette menace survient dans un contexte d'affaiblissement de l'exécutif socialiste à l'approche de la prochaine élection présidentielle qui se déroulera en 2017.

Le président François Hollande ne dispose plus à l'Assemblée nationale que d'une majorité étriquée et il reste parmi les chefs d'État les plus impopulaires qu'ait connus la France.

L'affaiblissement du pouvoir politique, dont pourraient vouloir profiter des auteurs d'attentats, touche comme dans d'autres pays européens l'ensemble des partis traditionnels, rejetés par une population toujours aux prises avec les effets de la crise économique. Le populisme a le vent en poupe et, à chaque élection, locale ou nationale, l'extrême droite prend de l'ampleur.

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