Les Européens vont intervenir contre les trafiquants dès le 7 octobre

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Jusqu'à présent, l'opération était cantonnée à la surveillance à partir des eaux internationales des réseaux criminels qui envoient chaque jour, à partir des côtes libyennes, des embarcations précaires chargées de migrants vers l'Italie.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Agence France-Presse
Rome

Les Européens vont, dès le 7 octobre, augmenter leur pression sur les trafiquants de migrants en Méditerranée, en intervenant à leur encontre, y compris par la force, dans les eaux internationales en face de la Libye.

«La phase deux de l'opération européenne contre les trafiquants de migrants débutera le 7 octobre», a annoncé jeudi à Rome la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à l'issue d'une visite au quartier général de cette opération, intitulée Euro Navfor Med.

L'Union européenne avait approuvé il y a dix jours le recours à la force militaire contre les passeurs de migrants qui opèrent à partir de la Libye, y compris en saisissant leurs bateaux, dans le cadre d'un renforcement de son opération navale en Méditerranée.

Les bâtiments de guerre européens pourront désormais opérer contre les passeurs mais à condition de rester dans les eaux internationales, a rappelé Mme Mogherini devant la presse.

L'opération Euro Navfor Med, lancée fin juin en Méditerranée, est forte de quatre navires, dont un porte-avions italien, de quatre avions, et d'un total de 1318 militaires provenant de 22 pays européens, a précisé la chef de la diplomatie européenne.

Elle a indiqué qu'elle comptait suggérer aux Européens de changer le nom de cette opération pour la baptiser «Sophia», du nom de la petite fille née fin août sur le navire allemand Schlewig-Holstein participant à cette mission, après que ses parents originaires de Somalie eurent été sauvés par l'équipage au large de la Libye.

Jusqu'à présent, l'opération était cantonnée à la surveillance à partir des eaux internationales des réseaux criminels qui envoient chaque jour, à partir des côtes libyennes, des embarcations précaires chargées de migrants vers l'Italie.

Mais à partir du mois d'octobre, «au lieu de simplement rassembler des informations, nous serons en mesure d'arraisonner les bateaux (des trafiquants), de les fouiller et de les saisir», a précisé Mme Mogherini.

Il s'agira aussi de les dissuader de lancer ces bateaux chargés de migrants, voire de les intercepter lorsqu'ils s'aventurent dans les eaux internationales pour accompagner ces embarcations précaires.

Ces dernières semaines, Euro Navfor Med a ainsi identifié vingt bateaux «d'escorte», 17 libyens et trois égyptiens, contre lesquels les militaires engagés auraient pu intervenir si la phase 2 avait déjà été lancée, a signalé Mme Mogherini.

La chef de la diplomatie européenne se dit confiante que cette mission sera «très efficace», même si elle est pour l'instant limitée aux eaux internationales, en attendant un feu vert du Conseil de sécurité et l'aval du gouvernement libyen pour opérer cette fois dans les eaux libyennes.

«L'un des systèmes que les trafiquants utilisent est celui consistant à escorter les migrants, ce sera donc plus difficile pour eux de le faire» désormais, a-t-elle assuré.

D'ailleurs, le flux de migrants sur la route centrale de la Méditerranée, soit de la Libye vers l'Italie, s'est stabilisé depuis que l'opération Euro Navfor Med a été lancé, a-t-elle affirmé.

L'opération comprend au total quatre phases, a précisé le porte-parole de cette opération, le capitaine Antonello de Renzis Sonnino. Au cours de la phase trois, toutes les mesures nécessaires à l'encontre des trafiquants pourront être prises, y compris sur le territoire libyen, et non pas seulement dans ses eaux nationales.

La phase quatre, la dernière, prévoit essentiellement la fin de la mission et le repliement des unités, a-t-il ajouté.

Mais pour le procureur national anti-mafia italien, Franco Roberti, qui enquête sur les réseaux de passeurs, ces frappes risquent fort d'être insufissantes.

Ce qui est nécessaire, «ce n'est pas tant d'arrêter les passeurs, car ils sont le dernier maillon de la chaîne, mais de combattre le trafic d'êtres humains, les organisateurs de ces trafics, les organisations criminelle derrière tout ça, ceux qui sont à leur tête, ceux qui ont l'argent. C'est pourquoi la coopération est indispensable avec les pays d'Afrique du Nord et surtout l'Égypte», a-t-il expliqué à l'AFP. Car c'est d'Égypte que viennent les bateaux, l'appui logistique, les organisateurs de ce trafic, ainsi que de Turquie», a-t-il ajouté.

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