Inde : mort d'une dirigeante idolâtrée du Tamil Nadu

Affectueusement appelée « Amma » (« Mère ») dans son État natal... (ARCHIVES AFP)

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Affectueusement appelée « Amma » (« Mère ») dans son État natal qu'elle a dirigé par intermittence depuis le début des années 1990, Jayalalithaa n'avait plus été vue en public depuis septembre.

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Agence France-Presse
CHENNAI

La chef de l'exécutif de l'État indien du Tamil Nadu, Jayalalithaa Jayaram, extravagante ex-vedette de cinéma et objet d'un impressionnant culte de la personnalité, est décédée à 68 ans d'une longue maladie, a annoncé lundi soir une source hospitalière.

«C'est avec une peine indescriptible que nous annonçons le triste décès de notre estimée honorable ministre en chef (...) à 23h30 aujourd'hui», a déclaré l'hôpital Apollo à Chennai, la capitale régionale, dans un communiqué.

Affectueusement appelée «Amma» («Mère») dans son État natal qu'elle a dirigé par intermittence depuis le début des années 1990, Jayalalithaa n'avait plus été vue en public depuis septembre.

Traitée dans un hôpital privé de Chennai (autrefois appelée Madras), elle avait fait un arrêt cardiaque dimanche soir et se trouvait depuis dans un état critique.

En prévision de son décès et par crainte de violences, des contingents de police avaient été déployés devant l'hôpital. Le culte autour de sa personne est tel que par le passé des personnes sont allées jusqu'à se mutiler, voire se suicider, pour lui manifester leur soutien.

Des centaines de fidèles ont veillé jour et nuit devant l'hôpital depuis son premier séjour en septembre suite à une forte fièvre. Leur nombre n'a cessé d'augmenter depuis que sa santé s'est détériorée dimanche.

Lundi dans la journée, quelques esprits échauffés au sein d'une foule de plusieurs milliers s'étaient heurtés aux barrages de police. Mais à la confirmation du décès, les chaînes de télévision ne montraient que des visages d'hommes et de femmes en pleurs.

De nombreux admirateurs se sont également massés devant sa résidence, dans un autre quartier de la ville.

Le premier ministre Narendra Modi a offert ses condoléances via Twitter: «Je chérirai les innombrables occasions qui m'ont permis d'échanger avec Jayalalithaa ji (terme honorifique). Que son âme repose en paix.»

Son parti politique, l'AIADMK, a tweeté «notre dirigeante bien-aimée, la Dame de fer de l'Inde (...) Amma n'est plus», précisant que son corps serait exposé dans un bâtiment public afin que la population puisse lui rendre hommage.

Figure dominante de la politique tamoule de ces dernières décennies, Jayalalithaa inspirait une adoration confinant au religieux, nourri par l'ubiquité de son portrait et de généreuses politiques populistes.

Ses ministres avaient pour habitude de s'incliner devant elle. Ses partisans rivalisaient d'ardeur pour exprimer leur ferveur, certains célébrant ses anniversaires en se faisant tatouer son visage sur la peau.

Depuis son hospitalisation, les réunions officielles de l'exécutif local étaient présidées par sa photographie posée sur la table.

Dans un Tamil Nadu où cinéma et politique sont historiquement poreux, Jayalalithaa s'était faite la championne d'un mouvement d'affirmation des basses castes.

Jouant habilement de l'aura conférée par sa célébrité au cinéma, elle avait rapidement grimpé les échelons du parti tamoul All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam (AIADMK), jusqu'à devenir la ministre en chef du Tamil Nadu en 1991.

Elle occupera cette position à plusieurs reprises, régulièrement interrompues par des condamnations pour corruption.

En 1997, les policiers avaient découvert lors de perquisitions de ses propriétés pas moins de 10 500 saris, 750 paires de chaussures et une ceinture en or incrustée de diamants de 1,5 kg.

Jayalalithaa avait été brièvement incarcérée à deux reprises, la dernière en 2014.

Mais les accusations de mensonge et d'autoritarisme n'avaient pas entaché sa popularité, le Tamil Nadu étant devenu sous sa férule l'un des États les plus prospères de l'Inde.

Son conseiller et homme de confiance, O Panneerselvam, qui avait déjà assuré son intérim lors de démêlés liés à la corruption, lui a succédé pendant la nuit.




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