Japon: Shinzo Abe sera reconduit premier ministre

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Le premier ministre japonais Shinzo Abe

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Agence France-Presse
TOKYO

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a été réélu sans surprise mercredi par le Parlement, s'offrant un nouveau mandat pour mettre en oeuvre ses «abenomics» et son ambition de redonner fierté et puissance à son pays.

Dix jours après la victoire sans appel de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) à un scrutin législatif anticipé, M. Abe, 60 ans, a rassemblé 328 voix sur 470 votes exprimés à la chambre basse et 135 sur 240 à la chambre haute, ce qui le place pour la troisième fois de sa carrière à la tête de l'archipel nippon.

La réélection de ce meneur conservateur sans réel rival était une formalité, le PLD ayant 291 députés et son allié centriste Nouveau Komeito 35. M. Abe, dont le parti domine aussi le Sénat, a rassemblé tout son camp et même au-delà.

Il faisait face à quatre autres candidats qui n'avaient aucune chance. Le deuxième, Katsuya Okada, un ténor du Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), a obtenu pour sa part 73 voix de députés et 61 de sénateurs.

Sur fond d'abstention record (près de 48%), le Parti Libéral Démocrate (PLD) de M. Abe avait remporté le 14 décembre haut la main les élections législatives.

Cette victoire n'a étonné personne, tant l'opposition, divisée, était tout sauf en ordre de marche.

Shinzo Abe a formé son gouvernement dans la foulée en reconduisant tous les actuels ministres, à l'exception de celui de la Défense: Akinori Eto est remplacé par Gen Nakatani, un familier des questions de sécurité nationale et de lutte antiterroriste.

Après être parvenu à rééchelonner le calendrier électoral à sa convenance, Shinzo Abe entend poursuivre la politique lancée depuis décembre 2012, date de son retour au pouvoir après un premier mandat raté en 2006/07.

Plus de temps pour les réformes 

Son programme est d'abord économique, puisque le chef du gouvernement conservateur avait transformé le scrutin législatif en référendum pour ou contre les «abenomics».

Depuis sa mise en oeuvre fin 2012, cette stratégie de largesses budgétaires, souplesse monétaire et réformes structurelles a dans un premier temps eu des effets positifs (baisse du yen, retour d'une inflation modérée et regain de croissance), mais elle s'est essoufflée et le Japon est retombé en récession au troisième trimestre de cette année à la suite d'une hausse de la taxe sur la consommation début avril.

Un nouveau plan de relance de l'ordre de 3500 milliards de yens (34 milliards de dollars) devrait être annoncé en fin de semaine afin de donner un coup de pouce à la consommation et d'allouer des moyens supplémentaires à la région du nord-est dévastée par le tsunami du 11 mars 2011.

«L'économie est ma première priorité», a répété le premier ministre lors d'une conférence de presse organisée tard dans la soirée. «Ce n'est qu'après l'avoir redressée de manière solide que nous pourrons renforcer notre rôle diplomatique».

La perte de puissance économique de l'archipel, en proie à plus de 15 années de déflation, «a affaibli le poids du Japon sur la scène internationale», a-t-il estimé.

M. Abe souhaite profiter des années qu'il a devant lui pour faire avancer son ambition de réformer la Constitution pacifiste de 1947, écrite par les Américains et jamais amendée depuis.

À l'instar des nationalistes, il juge qu'elle empêche le Japon de tenir son rang sur la scène internationale, notamment face à une Chine puissante et sûre d'elle. «C'est un défi historique mais difficile à relever», a reconnu le chef du gouvernement.

Il voudrait inscrire dans la loi des textes qui lui tiennent particulièrement à coeur, notamment sur la sécurité nationale (protection des secrets d'État) et la défense collective (afin de permettre aux militaires nippons d'épauler dans certains cas un pays allié attaqué).

Pékin, qui entretient des relations tendues avec Tokyo malgré un récent sommet bilatéral, a cependant d'ores et déjà mis en garde son voisin.

«M. Abe et son nouveau ministre de la Défense vont devoir avancer avec précaution», a souligné mercredi l'agence de presse officielle Xinhua (Chine Nouvelle). «La communauté internationale doit garder un oeil sur eux et leur rappeler sans cesse de ne pas aller trop loin».

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