Le Pakistan affirme avoir tué un chef d'Al-Qaïda

Un homme rgarde la télévision où la mort... (PHOTO FAROOQ NAEEM, AFP)

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Un homme rgarde la télévision où la mort d'Adnan al-Shukrijumah est annoncée, le 6 décembre à Islamabad.

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Guillaume LAVALLÉE
Agence France-Presse
ISLAMABAD

L'armée pakistanaise a affirmé samedi avoir tué le chef des opérations extérieures d'Al-Qaïda, recherché par les États-Unis pour un projet d'attentat contre le métro de New York en 2009, au cours d'une opération ciblée dans des fiefs islamistes, près de la frontière afghane.

Adnan al-Shukrijumah, dont le nom figure sur la liste américaine des «terroristes les plus recherchés», a été abattu samedi lors d'une opération au Waziristan du Sud, bastion des talibans situé à la lisière de l'Afghanistan, a annoncé l'armée pakistanaise dans un message transmis à l'AFP.

Considéré comme le chef des opérations extérieures et une «étoile montante» d'Al-Qaïda, al-Shukrijumah avait été mis en cause dans un complot visant à faire exploser des bombes dans le métro de New York en septembre 2009, et aurait même envisagé de s'en prendre au canal de Panama, selon des responsables américains.

D'origine saoudienne, Adnan Shukrijumah aurait gravi un à un les échelons du réseau fondé par le défunt Oussama Ben Laden, après avoir démarré comme laveur de vaisselle dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda.

Aujourd'hui âgé de 39 ans, il était arrivé aux États-Unis alors qu'il était un jeune enfant et a vécu à Brooklyn avant de s'installer avec sa famille en Floride dans les années 1990, avaient rapporté des enquêteurs américains lors d'audience sur le complot déjoué contre le métro de New York.

L'homme aurait plié bagage pour l'Afghanistan avant les attentats du 11-Septembre 2001 et se réfugiait, selon des responsables américains, dans le Waziristan pakistanais, épicentre régional de la mouvance jihadiste régulièrement bombardé par les drones américains malgré les protestations officielles du Pakistan.

Opération ciblée

Or après des demandes à répétition de Washington et l'échec de pourparlers de paix avec les talibans locaux du TTP, l'armée pakistanaise a lancé en juin l'opération militaire «Zarb-e-Azb» au Waziristan du Nord, zone tribale semi-autonome servant depuis des années de refuges aux insurgés talibans et à leurs alliés d'Al-Qaïda, y compris des combattants étrangers, notamment Uzbeks et Arabes.

Cette opération, fatale à environ 1500 combattants islamistes selon l'armée, a forcé le déplacement de combattants vers l'Afghanistan ou d'autres zones tribales du nord-ouest pakistanais.

Adnan al-Shukrijumah s'était, lui, réfugié dans la zone tribale voisine du Waziristan du Sud, où il a été tué, d'après les sources militaires.

«Le haut dirigeant d'Al-Qaïda Adnan al-Shukrijumah a été abattu tôt ce matin lors d'un raid à Sinwarsak, au Waziristan du Sud», a annoncé l'armée, précisant que ce combattant était actuellement «responsable de toutes les opérations extérieures d'Al-Qaïda», principalement contre des intérêts occidentaux.

Ses gardes ont aussi été tués dans ce raid qui a fait également un mort et un blessé au sein de l'armée pakistanaise, selon ces sources militaires.

«Il est trop tôt pour dire si cette opération [Zarb-e-Azb] est un succès... mais mon sentiment est qu'elle a permis de démanteler l'infrastructure terroriste au Waziristan du Nord», a indiqué cette semaine à l'AFP une source diplomatique occidentale requérant l'anonymat.

L'annonce de la mort de ce cadre d'Al-Qaïda intervient alors que le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, se trouvait en Afghanistan pour une dernière visite avant le retrait de l'essentiel des troupes de combats de l'OTAN, d'ici la fin du mois.

Le Pakistan est soupçonné de longue date par des responsables américains et afghans de jouer un «double jeu» dans la «guerre contre le terrorisme», disant officiellement combattre des rebelles islamistes tout en protégeant certains d'entre eux.

En mai 2011, le raid d'un commando américain contre Oussama Ben Laden à Abbottabad, une ville-garnison située au nord de la capitale Islamabad, avait exacerbé les soupçons américains envers le Pakistan.

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