Un journaliste du New York Times forcé de quitter la Chine

Des journalistes étrangers sont surveillés par la police... (PHOTO ANDY WONG, AP)

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Des journalistes étrangers sont surveillés par la police chinoise, à Pékin, le 26 janvier.

PHOTO ANDY WONG, AP

Agence France-Presse
Pékin

Un journaliste du New York Times basé en Chine va devoir quitter le pays après que les autorités ne lui ont pas délivré de visa, son cas illustrant les pressions exercées par Pékin sur la presse étrangère.

Cette affaire intervient alors que le régime communiste est accusé de représailles visant des médias occidentaux, comme l'agence américaine Bloomberg ou le New York Times, qui ont publié des enquêtes sur les immenses fortunes de proches des dirigeants chinois.

Le visa d'Austin Ramzy, âgé de 39 ans, dont six années passées en Chine, expire jeudi.

Alors qu'il couvrait la Chine pour le magazine Time, il avait été recruté mi-2013 par le New York Times, qui avait déposé en juin une demande de visa le concernant. Cette demande est depuis restée sans réponse.

Résultat, «la Chine semble sur le point de contraindre (notre journaliste) à partir», a souligné dans un article le New York Times.

Qin Gang, porte-parole de la diplomatie chinoise, a démenti que M. Ramzy fasse l'objet d'un refus de visa, tout en précisant que ses démarches n'aboutiraient pas d'ici jeudi et que donc il lui faudrait quitter le pays.

Cela fera d'Austin Ramzy le second correspondant du New York Times obligé de quitter la Chine en 13 mois pour un visa non accordé.

Le New York Times a indiqué que son journaliste continuerait à couvrir la Chine à distance et qu'il n'abandonnerait pas sa demande de visa.

Ceci s'inscrit dans une série de mesures prises par les autorités chinoises contre des médias qu'elles accusent d'avoir franchi des «lignes rouges» dans leurs reportages.

Paul Mooney, un reporter connu pour sa couverture de la question des droits de l'homme en Chine, s'est vu affirmer en novembre qu'il ne recevrait pas de visa de journaliste pour un poste que lui proposait l'agence Reuters, au terme d'une attente de déjà huit mois.

Lors de sa visite à Pékin le mois dernier, le vice-président américain Joe Biden avait dénoncé les mesures de censure ou de contrôle prises à l'encontre de médias étrangers. Il avait également soulevé ce point lors de ses entretiens privés avec les dirigeants chinois.

Le New York Times avait publié en 2012 une enquête détaillant l'énorme fortune amassée par la famille du premier ministre chinois de l'époque, Wen Jiabao. Son site internet a ensuite été bloqué en Chine.

Bloomberg a fait l'objet d'une censure identique après avoir publié une enquête créditant la famille du numéro un chinois, Xi Jinping, d'une fortune de 376 millions de dollars.




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