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Tunisie : cinq « terroristes » tués au lendemain des attaques près de Ben Guerdane

Des soldats patrouillent dans la région de Ben... (photo zoubeir souissi, reuters)

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Des soldats patrouillent dans la région de Ben Guerdane, en Tunisie, au lendemain d'attaques contre l'armée et la police, près de la frontière lybienne.

photo zoubeir souissi, reuters

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Agence France-Presse
TUNIS

Les autorités tunisiennes ont annoncé avoir tué mardi soir « cinq terroristes » dans le cadre d'opérations sécuritaires menées à Ben Guerdane, au lendemain d'attaques jihadistes sans précédent dans cette région frontalière de la Libye.

Quelques heures plus tôt, Tunis a affirmé avoir « remporté une bataille » en repoussant ces attaques sanglantes, tout en promettant une « évaluation approfondie » sur d'éventuelles défaillances.

« Dans le cadre de la poursuite de l'opération (de ratissage) à Ben Guerdane, les unités sécuritaires et de l'armée ont pu cette nuit éliminer cinq terroristes dans le secteur de Benniri », a indiqué mardi soir le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Des médias locaux avaient annoncé peu auparavant que des forces de sécurité encerclaient une maison dans laquelle des hommes étaient retranchés. Le court texte du ministère n'en fait toutefois pas mention.

Alors que la ville de Ben Guerdane est sous couvre-feu nocturne depuis lundi, il relève uniquement que les « opérations » de ratissage se poursuivent.

Durant la journée de mardi, les autorités tunisiennes ont en revanche fourni un « bilan définitif » des attaques jihadistes de la veille, inédites par leur ampleur et leur niveau de préparation, qui visaient selon elles à créer un « émirat » du groupe Etat islamique à Ben Guerdane, une ville proche de la Libye.

Trente-six extrémistes, douze membres des forces de l'ordre et sept civils ont été tués, a indiqué lors d'une conférence de presse le premier ministre Habib Essid. Un des policiers « a été assassiné à son domicile », a-t-il relevé.

Selon les premières informations, une cinquantaine de jihadistes sont à l'origine de ces attaques perpétrées à l'aube contre une caserne de l'armée, un poste de police et un bâtiment de la garde nationale, a signalé M. Essid.

Le chef du gouvernement a encore précisé que, selon les données préliminaires, la majorité des assaillants tués et arrêtés étaient des Tunisiens, sans écarter la possibilité de la présence d'étrangers parmi eux.

« Guerre totale contre le terrorisme »

Malgré tout, « la réaction (des forces de l'ordre) a été rapide et forte (...). Nous avons remporté une bataille (et) nous sommes prêts pour les autres », a-t-il dit.

Après une matinée de mardi « stable » selon les autorités, des coups de feu sporadiques ont été rapportés par des témoins en cours de journée.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère de la Défense, Belhassen Oueslati, a indiqué que 17 suspects avaient été arrêtés dans les environs de la caserne militaire, à la suite d'un tir.

Ben Guerdane reste quadrillée par l'armée et la police, pendant la poursuite des opérations de ratissage en ville et dans les environs.

Témoignant de la violence des affrontements, une maison dans laquelle s'étaient retranchés des assaillants avait les murs criblés de balles et en partie noircis.

D'après les autorités, d'« importantes quantités » d'armes de guerre et de munitions ont été saisies depuis lundi.

Les jihadistes « ont compris que la Tunisie n'était pas facile, que ce n'était pas une promenade (de santé) d'établir un émirat à Ben Guerdane », a estimé Habib Essid.

Il a toutefois appelé à la vigilance, soulignant que la Tunisie était dans « une guerre totale contre le terrorisme ».

« Cellules dormantes »

Face aux interrogations sur la manière dont les jihadistes ont pu attaquer en plein centre-ville de manière simultanée, M. Essid a promis une « évaluation approfondie ».

« Il se peut qu'il y ait (eu) une défaillance à un certain niveau, au niveau des renseignements, au niveau d'autres éléments », a-t-il dit.

Des habitants de Ben Guerdane ont raconté lundi que des jihadistes, dont certains se sont réclamés du groupe EI, s'étaient postés dans le centre-ville en demandant leur carte d'identité aux passants.

Pour beaucoup, le fait que les hommes armés aient pu se déplacer avec autant d'aisance est le signe qu'ils sont originaires de la région, laissant entrevoir la possible existence de « cellules dormantes ».

Le pays est confronté depuis sa révolution de 2011 à l'essor d'une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de soldats ainsi que de touristes.

Les attaques de lundi contre des installations sécuritaires sont intervenues moins d'une semaine après de premiers heurts dans cette même région, lors desquels cinq « terroristes » avaient été tués.

La Tunisie, qui compte plusieurs milliers de ressortissants dans les rangs d'organisations jihadistes à l'étranger, exprime régulièrement son inquiétude à propos de la Libye, où le chaos politique depuis la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi a permis l'essor de l'EI.

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