Centrafrique: des Casques bleus de nouveau accusés d'abus sexuels

La MINUSCA, forte actuellement d'environ 10 000 hommes, aide... (PHOTO MARCO LONGARI, ARCHIVES AFP)

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La MINUSCA, forte actuellement d'environ 10 000 hommes, aide notamment le gouvernement de transition à préparer et sécuriser une série d'élections censées sortir l'un des pays les plus pauvres au monde de trois ans de violences intercommunautaires.

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Jean-Pierre CAMPAGNE
Agence France-Presse
LIBREVILLE, Gabon

La Mission de l'ONU en Centrafrique a identifié sept nouveaux cas présumés d'abus sexuels de la part de Casques bleus, dont cinq au moins concernent des jeunes filles mineures, dernier scandale en date qui éclabousse la MINUSCA, contrainte de retirer les troupes incrimées.

La MINUSCA «a identifié sept nouvelles présumées victimes d'exploitation et d'abus sexuels à Bambari», une ville du centre de la Centrafrique, selon un communiqué reçu par l'AFP à Libreville.

Ces cas ont été signalés le 21 janvier «par une équipe de chercheurs de Human Rights Watch (...) afin que des soins médicaux et psycho-sociaux soient prodigués aux victimes et afin que la Mission endosse toute sa responsabilité pour ces présumés crimes», poursuit le texte.

La MINUSCA a immédiatement dépêché à Bambari un expert du Bureau des services de contrôle interne des Nations unies (BSCI). «L'évaluation initiale du BSCI a fourni des preuves suffisantes qui confirment que cinq des victimes étaient mineures (...). Une adulte a été victime d'exploitation sexuelle. Le bureau n'a pas pu interroger la septième victime présumée, qui serait également mineure».

Les soldats impliqués proviennent de la République du Congo (Brazzaville) et de la République démocratique du Congo (RDC). «Leurs gouvernements respectifs ont été informés de ces allégations et ont été invités à mener des enquêtes», poursuit le communiqué.

L'ONU a décidé du «rapatriement des 120 soldats congolais déployés à Bambari du 17 septembre au 14 décembre 2015». Ce rapatriement des soldats du Congo-Brazzaville ne sera cependant effectif qu'«après la conclusion de l'enquête», précise le communiqué. Dans l'attente, ils seront confinés dans leurs casernes.

Quant aux troupes de RDC, les Nations unies avaient déjà décidé début janvier de retirer les quelque 800 soldats et policiers du contingent de Casques bleus, car ils «ne répondent que partiellement aux exigences de l'ONU en matière d'équipement, de contrôle du recrutement et de niveau de préparation au combat», avait alors expliqué l'ONU.

«Double crime»

Le Représentant spécial du Secrétaire général en Centrafrique, et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, s'est rendu jeudi à Bambari.

Il a rappelé aux soldats que «l'exploitation et l'abus sexuel constituent une atteinte grave aux règles des Nations unies et une violation des droits de l'homme; un double crime qui affecte les femmes et les enfants vulnérables que vous êtes ici pour protéger».

La MINUSCA, forte actuellement d'environ 10 000 hommes, aide notamment le gouvernement de transition à préparer et sécuriser une série d'élections censées sortir l'un des pays les plus pauvres au monde de trois ans de violences intercommunautaires.

Sur 69 cas d'abus sexuels présumés recensés l'an dernier par l'ONU au sein de ses missions de paix dans le monde, 22 cas concernaient la MINUSCA.

Le Haut-commissariat des droits de l'homme de l'ONU avait dénoncé fin janvier un nouveau scandale d'abus sexuels présumés sur des enfants commis par des soldats étrangers, notamment géorgiens, en mission en Centrafrique.

Les faits se seraient produits en 2014 et, selon quatre jeunes filles, âgées alors de 14 à 16 ans, leurs agresseurs appartenaient à des contingents opérant au sein de la force de l'Union européenne (EUFOR-RCA).

L'ONU a aussi dénoncé un autre scandale retentissant de viols d'enfants entre décembre 2013 et janvier 2014 impliquant des soldats participant à la force française Sangaris.

Une enquête a été ouverte par la justice française et cinq militaires ont été entendus mi-décembre 2015. Cependant, aucun d'entre eux n'a été mis en examen et ces auditions n'ont pas apporté grand-chose, selon une source proche de l'enquête.

Ces fréquentes accusations d'abus sexuels commis par des militaires venus s'interposer entre miliciens anti-balaka et rébellion Séléka ont lieu dans un pays qui connait un niveau très élevé de violences sexuelles. Selon l'ONU, en 2014, plus de 2500 cas de violences sexuelles et viols ont été dénoncés.

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