Attentat au Burkina Faso: «C'était vraiment la panique dans toute la ville»

L'hôtel Splendid et le café-restaurant Cappuccino, situés dans... (PHOTO ISSOUF SANOGO, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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L'hôtel Splendid et le café-restaurant Cappuccino, situés dans le quartier des affaires de Ouagadougou, sont très prisés des touristes et des étrangers.

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Le Québécois d'origine burkinabè Jean-Marc Palm se rend régulièrement dans le quartier visé par l'attentat terroriste pour brasser des affaires. Heureusement, ce soir-là, il se trouvait chez lui, à seulement deux kilomètres de là. Jean-Marc Palm a tout entendu, impuissant : les coups de feu incessants, puis le calme lancinant, suivi de deux violents assauts policiers.

« C'était vraiment la panique dans toute la ville. Les gens se sont retrouvés dans un scénario qu'ils avaient déjà vécu. Tout le monde s'est réfugié chez soi. C'était vraiment une ambiance assez difficile », raconte-t-il, joint par La Presse hier soir, dans son appartement de Ouagadougou.

Jean-Marc Palm, qui a la double citoyenneté, se trouve dans la capitale du Burkina Faso depuis quatre mois. Il tente de tisser des partenariats d'affaires entre des entreprises canadiennes et burkinabè. L'hôtel Splendid et le café-restaurant Cappuccino, prisés des touristes et des étrangers, il les connaît très bien. 

« C'est la zone huppée, c'est la zone d'affaires. Les Français et les Canadiens sont là. C'est là que j'amène manger une personne du Canada. Sur dix personnes, tu vas y trouver sept expatriés. », explique Jean-Marc Palm.

Le Splendid, l'un des principaux établissements hôteliers de Ouagadougou, voit régulièrement descendre des Québécois. « On envoie parfois du monde dans cet hôtel », a indiqué à La Presse Francis Asselin, coordonnateur au Burkina Faso pour le Centre d'étude et de coopération internationale, précisant que personne lié à l'organisme montréalais ne s'y trouvait au moment de l'attaque.

Selon Jean-Marc Palm, un attentat en plein coeur de Ouagadougou est une douche froide pour un pays en pleine reconstruction depuis les émeutes qui ont chassé du pouvoir le président Blaise Campaoré en 2014. Ce dernier tentait de modifier la Constitution pour prolonger son règne de 27 ans. « On a un gouvernement qui vient de se mettre en place. Les gens se disaient : "Enfin, on a tourné la page." Et là, c'est le chaos », lance-t-il, découragé.

Plusieurs étrangers tués

Au moins cinq Burkinabè se trouvent parmi les 29 victimes de l'attentat. C'est dire que la majorité des victimes seraient des étrangers. Deux Français, deux Suisses et un Américain font notamment partie du lot, sans compter les six Québécois. Un véritable coup dur pour le pays d'Afrique de l'Ouest. « C'est sûr que pour un pays comme le Burkina Faso, qui cherche à se développer, on n'a pas intérêt à ce que les victimes soient des étrangers. Quand on regarde la structure de l'attaque, la manière dont ç'a été orchestré, c'est comme si on visait ces gens », estime l'ancien résidant de Montréal et Sherbrooke, qui vit généralement à Toronto avec sa conjointe québécoise.

Jean-Marc Palm tenait à rendre hommage à toutes les victimes de l'attaque. « Ils ont perdu leur vie parce qu'ils souhaitaient apporter quelque chose à ce pays qui se cherche. C'est très triste. C'est important : il faut rester fort. Ça peut arriver n'importe où dans le monde. On l'a vu en France, on l'a vu au Mali. C'est global, c'est mondial », soutient-il.

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