16 000 enfants soldats enrôlés au Soudan du Sud en 2015

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Depuis janvier, «environ 16 000 enfants ont été recrutés par les groupes et forces armés» au Soudan du Sud.

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Agence France-Presse
GENÈVE

Quelque 16 000 enfants ont été enrôlés de force cette année par les différentes parties en conflit au Soudan du Sud, a dénoncé vendredi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

«La situation des enfants reste grave. Malgré la signature d'un accord de paix en août, il y a peu de signes d'amélioration», a déclaré un porte-parole de l'UNICEF, Christophe Boulierac, lors d'un point de presse à Genève.

«De graves violations des droits des enfants, dont des assassinats, des enlèvements et des violences sexuelles, continuent à travers le pays», a-t-il déploré.

M. Boulierac a expliqué que «depuis le début de 2015, la situation des enfants au Soudan du Sud a empiré», avec «un enrôlement et une utilisation constants d'enfants, essentiellement des garçons, mais aussi des filles, par les forces et groupes armés».

Depuis janvier, «environ 16 000 enfants ont été recrutés par les groupes et forces armés», a-t-il dit, précisant «qu'ils sont donc tous encore dans les groupes et forces armés».

Pas seulement dans les combats

Il est courant d'appeler «enfants soldats» les enfants associés aux forces et groupes armés, terme qui évoque l'image de jeunes garçons portant des uniformes et des armes. Mais dans la pratique, l'utilisation de ces enfants est plus large que leur participation à des hostilités en tant que combattants.

Ces enfants peuvent aussi notamment, pas exclusivement, exercer d'autres fonctions comme porteurs ou messagers et sont envoyés dans des zones et situations extrêmement dangereuses du fait des combats. Les filles sont souvent utilisées à des fins sexuelles et pour des mariages forcés.

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, sous les auspices des États-Unis, avant de replonger en décembre 2013 dans la guerre en raison de dissensions politico-ethniques, alimentées par la rivalité entre le chef de la rébellion Riek Machar, ancien vice-président, et l'actuel chef de l'État Salva Kiir.

En dépit de l'accord de paix signé le 26 août entre le gouvernement sud-soudanais et les rebelles, les combats n'ont jamais vraiment cessé.

Le conflit, marqué par des atrocités attribuables aux deux camps, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles. Environ 1500 enfants ont été tués, selon l'UNICEF.

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