Le pape appelle les jeunes Kényans à résister au tribalisme

Quelque 50 000 garçons et filles se sont rassemblés... (PHOTO JENNIFER HUXTA, AFP)

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Quelque 50 000 garçons et filles se sont rassemblés au grand Stade de Kasarani, à Nairobi, pour entendre le pape François.

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Agence France-Presse
NAIROBI

Le pape François a lancé des appels vigoureux vendredi aux jeunes Kényans à résister au tribalisme et à la corruption qui menacent leur société, mais aussi au recrutement dans des groupes armés, faute de perspectives.

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Jorge Bergoglio a aussi souligné que la corruption qui gangrène le Kenya et de nombreux pays d'Afrique est «une route qui ne conduit pas à la vie, mais à la mort».

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S'adressant à quelque 50 000 garçons et filles rassemblés au grand Stade de Kasarani, à Nairobi, le pape s'est exclamé : «Je vous invite, vous tous, à vous prendre par la main contre le tribalisme et à dire : "Nous sommes une Nation!"».

Cette lutte contre le tribalisme, leur a-t-il dit, «peut être gagnée avec l'oreille, avec le coeur et avec les mains. L'oreille permet d'écouter les autres (...) Une fois que nos oreilles ont reçu la réponse, vous la passez au coeur. Et ensuite, vous tendez la main».

«Surmonter le tribalisme est une tâche quotidienne», a-t-il observé. «Si on ne dialogue pas avec les autres, le tribalisme sera un ver qui grandira dans la société.»

Jorge Bergoglio a aussi souligné que la corruption qui gangrène le Kenya et de nombreux pays d'Afrique est «une route qui ne conduit pas à la vie, mais à la mort».

«C'est comme le sucre, c'est doux, on aime ça, c'est facile, mais ça vous mange de l'intérieur. À la fin (...), vous ou votre pays finissez diabétiques», a-t-il expliqué, notant que la corruption était partout, «même au Vatican».

«Chaque fois que vous empochez un pot-de-vin, vous détruisez votre coeur et votre personnalité et vous détruisez votre pays. S'il vous plaît, ne développez pas ce goût pour ce sucre qu'on appelle corruption», leur a-t-il demandé. «Si vous ne voulez pas de corruption dans votre pays, commencez maintenant vous-mêmes» à la refuser.

François a aussi abordé le recrutement des jeunes par des groupes armés extrémistes, notamment djihadistes.

«[La corruption] C'est comme le sucre, c'est doux, on aime ça, c'est facile, mais ça vous mange de l'intérieur. À la fin [...], vous ou votre pays finissez diabétiques.»

Le pape François

«Comment les faire revenir? D'abord, il faut se demander pourquoi des jeunes pleins d'idéaux acceptent de se radicaliser. Ils perdent leurs amis, leur tribu, leur pays. Ils laissent derrière eux leur vie pour apprendre à tuer».

«Si un jeune homme ou une jeune fille n'a pas de travail, ne peut étudier, que peut-il - ou elle - faire? Une vie de délinquance, la drogue, voire le suicide ou se laisser attirer sur ce mauvais chemin», a-t-il argumenté.

«La première chose à faire pour empêcher un jeune d'être recruté est l'éducation et le travail (...) sinon l'idée s'insinue en lui».

«Ce danger social nous dépasse et dépasse la nation. Parce qu'il dépend d'un système international injuste, d'une économie qui ne met pas la personne au centre, mais le Dieu argent».

Il a appelé les jeunes à la prière : «Dieu est bien plus fort que toute campagne de recrutement», a-t-il expliqué.

«Priez le Seigneur qu'il vous donne la force de détruire le tribalisme, d'avoir le courage de n'être pas corrompu, d'offrir des gestes de proximité» à ceux qui, isolés, désespérés, sont tentés par les groupes armés.

Il a sorti de sa chasuble les deux objets qu'il «porte toujours avec lui» : un rosaire et un chemin de croix de poche, un livret représentant les étapes de la Passion du Christ : «C'est l'histoire de l'échec de Dieu», a-t-il remarqué, ajoutant que le Christ (par sa résurrection) a vaincu cette épreuve».

«Quand le désespoir vous frappe, regardez la croix, c'est la défaite de Dieu, mais Dieu n'a pas terminé sur cet échec».

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