Le Burkina «tourne la page» du coup d'État

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Mercredi, la vie avait repris son cours à Ouagadougou, malgré l'opération de ratissage et de sécurisation du quartier Ouaga 2000, dans le sud de la capitale, menée par l'armée.

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Patrick FORT, Romaric Ollo HIEN
Agence France-Presse
OUAGADOUGOU

La situation au Burkina Faso était en voie de normalisation au lendemain de l'assaut mené mardi par l'armée contre la caserne des ex-putschistes, qui n'a fait «aucune victime», a affirmé mercredi le président Michel Kafando, pour lequel «une page est tournée».

«Nous avons réussi cette prouesse de conquérir ce camp sans aucune victime», a annoncé M. Kafando à la presse depuis la caserne Naba Koom II, dont l'armée loyaliste a délogé la veille les irréductibles du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui rechignaient à rendre les armes.

«Une page de notre histoire est tournée. Le nouveau Burkina est en marche,» a-t-il solennellement proclamé, estimant que le Burkina sortait «grandi» d'un «long cauchemar».

Le président s'est exprimé à deux reprises dans le camp, une fois sur la place d'armes et une fois symboliquement à l'intérieur du poste de commandement du RSP, dissous vendredi.

C'est cette unité d'élite de l'armée burkinabè, ancienne garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré, qui a mené le coup d'État du 17 septembre, mis en échec une semaine plus tard.

Avant même que le bilan officiel ne soit rendu public, le chef d'état-major de l'armée burkinabè, Pingrenoma Zagré, s'était voulu rassurant, affirmant que le camp était en grande partie déserté au moment de l'assaut.

Le chef des putschistes et ancien bras droit de M. Compaoré, le général Gilbert Diendéré, craignait mardi soir un bilan très élevé.

«Ils ont sorti l'artillerie (...) Ils ont tiré sur le camp. Malheureusement il y avait des familles, la clinique (dans le camp). Il doit y avoir beaucoup de morts et de blessés», avait-t-il dit.

Le général Diendéré se trouvait de son côté «dans une représentation diplomatique» de la capitale, et des négociations étaient en cours pour qu'il soit remis aux autorités, avait annoncé plus tôt mercredi le gouvernement dans un communiqué.

La veille, le général avait affirmé à l'AFP être en «lieu sûr» et assuré qu'il se «mettrait à la disposition de la justice de son pays».

Les hommes du RSP dissous ont jusqu'à vendredi pour rejoindre leurs futures affectations s'ils ne veulent pas être considérés comme déserteurs, a-t-on appris auprès de l'armée qui a précisé que certains «meneurs» étaient recherchés.

«Il faut juger Diendéré»

«Maintenant, nous voulons des élections et il faut juger Diendéré», a déclaré à l'AFP Momouné Sigué, conducteur de triporteur.

Mercredi, la vie avait repris son cours à Ouagadougou, malgré l'opération de ratissage et de sécurisation du quartier Ouaga 2000, dans le sud de la capitale, menée par l'armée. Une circulation très intense de centaines de petites motos, le moyen de locomotion le plus populaire à Ouagadougou, avait repris sur l'axe principal menant au centre-ville.

La société civile, qui avait rejeté une première médiation de la Cédéao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) comprenant une amnistie des putschistes, n'a cessé de rappeler que le putsch avait fait une dizaine de morts et une centaine de blessés et que ses principaux responsables devaient être traduits en justice.

Le régime de transition a d'ailleurs procédé à l'arrestation mardi, «en lien avec le putsch», de Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères de Compaoré, dont la candidature à l'élection présidentielle initialement prévue le 11 octobre avait été rejetée par le Conseil constitutionnel.

«Djibrill Bassolé paraît être accusé d'avoir contribué à la tentative de coup d'État du 17 septembre, ce qu'il conteste formellement», a réagi mercredi son avocat parisien, Me Alexandre Varaut, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Relevant que son client était «actuellement détenu dans un lieu secret», l'avocat s'est inquiété d'une procédure «qui paraît poursuivre essentiellement le but de l'écarter des élections présidentielles à venir».

L'organisation des élections générales est désormais la principale mission du régime de transition.

L'Union européenne (UE) s'est félicitée mercredi de «la fin des affrontements» à Ouagadougou, saluant «un pas important vers la normalisation de la situation».

Les prochaines élections sont censées tourner la page de la transition ouverte il y a un an à la suite du soulèvement populaire qui a chassé du pouvoir le président Compaoré, après 27 ans à la tête de ce pays dont l'histoire est jalonnée de coups d'État militaires depuis son indépendance en 1960.

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