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Burundi: le parti présidentiel remporte des législatives boycottées par l'opposition

Le CNDD-FDD a remporté 77 des 100 sièges... (PHOTO GILDAS NGINGO, AP)

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Le CNDD-FDD a remporté 77 des 100 sièges en jeu dans les urnes et l'UPRONA, un parti allié, a décroché deux sièges. La coalition d'opposition des Indépendants de l'Espoir, menée par les opposants Agathon Rwasa et Charles Nditije, a quant à elle obtenu 21 sièges, a annoncé mardi le président de la CÉNI, Pierre Clave Ndayicariye.

PHOTO GILDAS NGINGO, AP

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Esdras NDIKUMANA
Agence France-Presse
BUJUMBURA

Le parti au pouvoir au Burundi a largement remporté les législatives boycottées par l'opposition et décriées par la communauté internationale compte tenu de la grave crise politique née de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Le CNDD-FDD a remporté 77 des 100 sièges en jeu dans les urnes et l'UPRONA, un parti allié, a décroché deux sièges. La coalition d'opposition des Indépendants de l'Espoir, menée par les opposants Agathon Rwasa et Charles Nditije, a quant à elle obtenu 21 sièges, a annoncé mardi la Commission électorale nationale indépendante (CÉNI).

Pour respecter un savant équilibre prévu dans la Constitution en terme de représentation ethnique (Hutu et Tutsi) et de parité hommes-femmes, des députés devront cependant être cooptés, ce qui portera le nombre total de sièges à 121, dont 86 iront en théorie au CNDD-FDD, 30 aux Indépendants de l'Espoir, 2 toujours à l'UPRONA et 3 à l'ethnie twa (ultra-minoritaire).

La Constitution prévoit que l'Assemblée nationale comprenne 60 % de Hutu (environ 85 % de la population) et 40 % de Tutsi (environ 15 %), ainsi que 30 % de femmes.

Avant même la publication des résultats, l'ONU avait mis en doute leur validité. Comme la quasi-totalité de la communauté internationale, elle réclamait un report des scrutins législatifs et communaux qui ont ouvert le 29 juin les élections générales burundaises. La présidentielle, où Pierre Nkurunziza briguera un troisième mandat, est prévue le 15 juillet.

À l'issue de ces premiers scrutins, l'opposition avait ouvertement dénoncé une «mascarade électorale» et des fraudes massives.

Les résultats proclamés mardi sont d'ailleurs très théoriques, la coalition des Indépendants de l'Espoir ayant boycotté le scrutin.

La CÉNI, qui a également fait état d'une participation de 74 %, leur a attribué des sièges, affirmant n'avoir jamais reçu de requête formelle demandant le retrait de ces candidats.

«Nous rejetons les résultats, car les législatives et les communales n'étaient pas crédibles», a répliqué M. Rwasa. Il a demandé l'organisation d'un nouveau vote en même temps que la présidentielle qui, selon lui, devrait aussi être repoussée au 30 juillet comme l'ont recommandé les chefs d'État de la Communauté est-africaine (EAC) lundi en sommet.

Se disant au contraire «satisfait» de ces résultats, ponctuant des élections organisées dans «de bonnes conditions», le président du CNDD-FDD, Pascal Nyabenda, a appelé les opposants à revenir sur leur décision et à occuper leurs sièges : «Des gens se sont déplacés pour voter en leur faveur, il faut qu'ils viennent par respect pour les électeurs».

«Pas confiance» en Museveni 

L'opposition et la communauté internationale - ONU, mais aussi EAC, Union africaine, Union européenne ou encore États-Unis - jugeaient les conditions impropres à la tenue des élections fin juin. Tous dénonçaient un problème d'insécurité, des intimidations et un manque de pluralisme politique.

La crise burundaise est née de l'officialisation fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, jugé anticonstitutionnel, mais aussi contraire à l'Accord d'Arusha qui a permis de mettre fin à la longue guerre civile burundaise (1993-2006, quelque 300 000 morts).

L'annonce de cette candidature a suscité un mouvement populaire de contestation violemment réprimé par la police. Au moins 70 personnes sont mortes depuis le début de la crise et 158 000 Burundais ont fui dans les pays voisins.

La communauté internationale, et en particulier les pays de la région, qui a connu son lot de guerres, massacres et flots de réfugiés ces deux dernières décennies, s'inquiète d'un retour de la violence à grande échelle au Burundi.

Lundi, les dirigeants de l'EAC ont non seulement demandé au Burundi de reporter la présidentielle, mais aussi désigné le président ougandais Yoweri Museveni comme nouveau médiateur dans cette crise.

Le pouvoir burundais, qui a jusqu'ici systématiquement refusé tout nouveau report en arguant d'un risque de vide institutionnel - le mandat de Pierre Nkurunziza s'achevant le 26 août - n'a pas encore officiellement réagi à cette demande de glissement du calendrier électoral.

L'opposition a, elle, d'ores et déjà récusé le chef de l'État ougandais : «On ne fait pas confiance à la médiation de M. Museveni», a déclaré Agathon Rwasa à l'AFP, estimant que cette médiation avait été décrétée par un sommet a minima. Seuls deux chefs d'État sur cinq y ont participé.

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