Madagascar: le président essuie un vote de censure qui échoue de peu

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Agence France-Presse
ANTANANARIVO

Les parlementaires malgaches sont repartis vendredi à l'offensive contre le président Hery Rajaonarimampianina, mais n'ont pas réussi, de peu, à adopter une motion de censure, a constaté l'AFP sur place.

Après de vifs débats, qui ont commencé par l'expulsion de l'équipe de la télévision nationale accusée de faire le jeu du pouvoir, 95 députés ont voté la motion de censure, tandis que 17 se sont prononcés contre, et il n'a donc manqué que sept voix pour atteindre le seuil des deux tiers (102 députés sur 151) nécessaire pour renverser le gouvernement.

«Ainsi (...), la motion de censure du gouvernement n'est pas adoptée», a annoncé le président de l'Assemblée nationale Jean Max Rakotomamonjy.

La censure aurait pu forcer le président à un scénario de cohabitation forcée avec un nouveau Premier ministre hostile et l'éventualité d'une dissolution de l'assemblée n'était pas non plus à écarter.

C'est la deuxième fois en quelques semaines que le président, élu fin 2013 pour remettre Madagascar sur les rails après cinq ans de crise, parvient à neutraliser l'hostilité des députés.

Fin mai, il a fait les frais d'un vote de destitution par les députés, ralliés à ses deux prédécesseurs qui n'ont pas digéré d'avoir été exclus de la dernière élection présidentielle de 2013 sous la pression de la communauté internationale.

Le premier est Marc Ravalomanana, démocratiquement élu puis renversé en 2009 par un coup d'État du second, Andry Rajoelina, resté au pouvoir jusqu'en 2013 sans jamais avoir été élu.

La demande de destitution a été finalement rejetée le 13 juin par un jugement de la Haute cour constitutionnelle malgache. Mais la fronde n'est pas retombée.

Dans leur lettre visant l'actuel Premier ministre Jean Ravelonarivo, les députés présentent cinq griefs dont la gestion approximative des urgences humanitaires pendant la saison des cyclones entre janvier et mars cette année, la montée de l'insécurité et des ratés dans les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).

«Il y a trop de manipulation visant à obtenir un poste ministériel au sein du prochain gouvernement dans cette motion de censure», a critiqué Harijaona Randriarimalala, député opposé à la destitution de M. Rajaonarimampianina en juin.

«On doit tous admettre qu'il reste encore beaucoup de choses à rectifier dans les affaires de la nation. Beaucoup de Malgaches sont encore dans la pauvreté. Mais beaucoup d'efforts sont déjà accomplis pour tenter de résoudre les problèmes», a de son côté dit le ministre de l'Intérieur Olivier Mahafaly.

Pour la gestion des urgences humanitaires pendant la saison des cyclones, «nous avons eu une félicitation lors du sommet au Japon sur la stratégie de gestion des cataclysmes cette année», a-t-il ajouté. «En cinq mois, pourrait-on vraiment évaluer la performance d'un gouvernement?»

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