Dans une nouvelle vidéo, Boko Haram refuse de s'avouer vaincu

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Dans la vidéo de 10 minutes publiée sur YouTube, sur laquelle n'apparaît pas le chef de Boko Haram Abubakar Shekau, un homme non identifié au visage recouvert d'un chèche désigne le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger, qui ont lancé en février une opération militaire conjointe contre les islamistes dans le nord-est du Nigeria, de «coalition de partenaires de mensonges».

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Bukar HUSSEIN
Agence France-Presse
MAIDUGURI

Des hommes se revendiquant de «l'État islamique en Afrique de l'Ouest» - nouveau nom du groupe armé nigérian Boko Haram - réfutent avoir subi des défaites contre la coalition internationale qui les combat dans une nouvelle vidéo diffusée mardi, au moment où un attentat-suicide a fait 13 morts à Maiduguri, leur ancien fief dans le nord-est du Nigeria.

Le nouveau président du Nigeria Muhammadu Buhari, qui a promis de faire de la lutte contre Boko Haram sa priorité, a rencontré dans la journée les chefs des forces de sécurité à Abuja. L'ancien général avait annoncé après son investiture vendredi sa décision de déplacer d'Abuja à Maiduguri le centre de commandement des opérations militaires contre les insurgés.

Dans la vidéo de 10 minutes publiée sur YouTube, sur laquelle n'apparaît pas le chef de Boko Haram Abubakar Shekau, un homme non identifié au visage recouvert d'un chèche désigne le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger, qui ont lancé en février une opération militaire conjointe contre les islamistes dans le nord-est du Nigeria, de «coalition de partenaires de mensonges».



Le président Buhari doit se rendre mercredi au Niger et au Tchad pour parler de la lutte contre Boko Haram, dont l'insurrection a fait plus de 15 000 morts et 1,5 million de déplacés depuis 2009.

«La quasi-intégralité de notre territoire est toujours sous notre contrôle», affirme l'homme de la vidéo, malgré les récents succès annoncés par la coalition régionale. Il s'exprime en haoussa, la langue la plus parlée dans le nord du Nigeria, et son message est sous-titré en anglais et en arabe.

La vidéo porte le logo de «l'État islamique en Afrique de l'Ouest» - un nouveau nom qui a émergé après le serment d'allégeance du groupe islamiste nigérian Boko Haram, plus tôt cette année, à l'organisation armée État islamique, qui s'est emparée de larges pans de territoire en Irak et en Syrie.

Dans la dernière vidéo de Boko Haram publiée en février, Abubakar Shekau avait promis de perturber la tenue des élections présidentielle et législatives - une menace qui n'a pas été mise à exécution.

Le chef de Boko Haram est apparu dans la plupart des vidéos publiées par le groupe depuis trois ans, et son absence dans cette vidéo risque de relancer le débat sur sa mort possible.

L'armée nigériane a annoncé plusieurs fois avoir tué Shekau, et a décrit les personnages apparaissant dans les précédentes vidéos comme des sosies jouant le rôle du leader islamiste.

Il est possible que le serment d'allégeance à l'EI ait provoqué de nouvelles divisions au sein de Boko Haram, un groupe souvent décrit comme très fractionné, et que Shekau, s'il est encore vivant, ait en partie perdu le leadership. Mais on dispose de très peu d'informations sur les luttes internes de Boko Haram et sur la structure actuelle du groupe.

Attentats et tirs de roquettes à Maiduguri

On ignore quand la vidéo a été tournée. Le protagoniste évoque à un moment le «président du Nigeria (Goodluck) Jonathan», qui a passé la main la semaine dernière à Muhammadu Buhari.

Depuis l'investiture vendredi de M. Buhari, Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, a été la cible de plusieurs attaques, dont deux attentats-suicides.

Un kamikaze s'est fait exploser mardi vers 13 h (8 h à Montréal) dans un marché aux bestiaux de la ville, tuant treize personnes et en blessant 24 autres, selon le porte-parole de la Croix-Rouge nigériane, Umar Sadiq.

«Nous essayons de séparer les restes humains des carcasses de bétail éparpillées partout (...) Le kamikaze a choisi l'endroit le plus fréquenté du marché pour déclencher ses explosifs», a déclaré à l'AFP Shettima Bulama, un milicien chargé de combattre les islamistes.

Maiduguri, fief historique de Boko Haram - le mouvement y est né en 2002 -, avait déjà été visée par des tirs de roquettes dans la nuit de lundi à mardi, ainsi que samedi.

Toujours samedi, un kamikaze s'était aussi fait exploser dans une mosquée, tuant 26 fidèles et en blessant 28 autres.

Après la rencontre entre le président Buhari et les chefs militaires, un haut responsable militaire a affirmé que le nouveau centre de commandement de Maiduguri serait mis en place rapidement.

«C'est une directive du président». Il faut la mettre en oeuvre «aussi vite que possible», a déclaré le vice-Amiral Usman Jibril.

La multiplication des frappes de Boko Haram en quelques jours depuis l'investiture du président Buhari apparaît comme un test pour le nouveau chef de l'État, alors que son prédécesseur Goodluck Jonathan avait été très critiqué pour son inaction face aux insurgés islamistes.

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