Kerry au Kenya après des années de brouille

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Le secrétaire d'État américain John Kerry, à son arrivée au Kenya.

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Nicolas Revise
Agence France-Presse
Nairobi

Après des années de brouille entre les deux pays, le secrétaire d'État américain John Kerry est arrivé dimanche au Kenya pour renforcer la coopération contre les islamistes shebab, avant la prochaine visite de Barack Obama sur la terre natale de son père.

Ces voyages des plus hauts responsables américains à Nairobi -- le dernier remonte à celui de la secrétaire d'État de l'époque Hillary Clinton en 2012 -- furent longtemps impensables. En cause: l'inculpation qui visait le président kényan Uhuru Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI).

Ces poursuites pour crimes contre l'humanité pour le rôle présumé du dirigeant dans les violences postélectorales qui ont déchiré ce pays d'Afrique de l'Est fin 2007-début 2008 ont finalement été abandonnées en décembre dernier par la procureure de la CPI, faute de preuves. Elle avait alors dénoncé de «vastes initiatives concertées pour harceler, intimider et menacer» les témoins.

«Nous avons une longue relation avec le Kenya depuis plus de 50 ans, avec des liens économiques et culturels qui ne se sont jamais rompus», a fait valoir un diplomate américain auprès de journalistes voyageant avec John Kerry.

«Il ne s'agit donc pas dans ce voyage de faire amende honorable. Il s'agit de renforcer et d'approfondir la relation que nous avons avec le Kenya et pour préparer aussi le voyage du président Obama qui aura lieu fin juillet», a défendu le responsable du département d'État.

M. Kerry, qui est venu du Sri Lanka, doit rester jusqu'à mardi au Kenya et rencontrer notamment le président Kenyatta.

La lutte contre les insurgés islamistes shebab somaliens, affiliés à Al-Qaïda, figurera au menu des discussions.

«Nous regardons comment nous pouvons apporter un soutien supplémentaire aux efforts du Kenya pour combattre les shebab», a expliqué le diplomate américain.

Le Kenya reste traumatisé par l'attaque de l'université de Garissa (nord-est), qui a fait début avril 148 morts, dont 142 étudiants. Cette opération commando revendiquée par les shebab a aussi suscité l'indignation internationale.

Il s'agissait de la pire attaque sur le sol kényan revendiquée par les insurgés, que l'armée kényane combat en Somalie voisine dans le cadre d'une force militaire africaine.

«Préoccupations» sur les droits de l'Homme

«Nous estimons que les Kényans font de leur mieux; combattre le terrorisme est difficile et en particulier dans la région. Le Kenya a été victime de multiples attaques et celle de Garissa a montré la portée de l'impact des shebab sur des civils innocents», a expliqué le diplomate.

Les failles du système sécuritaire kényan sont régulièrement dénoncées, par la presse notamment.

Après l'attaque de l'université, le ministère kényan de l'Intérieur a d'ailleurs dû reconnaître que des mises en garde des services de renseignements avaient été ignorées. Neuf responsables des services de sécurité de Garissa ont été suspendus et pourraient être inculpés de négligence criminelle.

John Kerry devrait également aborder la question des droits de l'Homme avec ses interlocuteurs, alors que des organisations de la société civile fustigent régulièrement des abus commis au nom de la lutte contre le «terrorisme».

Il doit rencontrer des responsables de l'opposition et des militants de la société civile.

«Nous continuons de soulever nos préoccupations en matière de droits de l'Homme et de démocratie», a assuré le responsable du département d'État.

Né d'une mère américaine et d'un père kényan, Barack Obama effectuera en juillet son premier déplacement au Kenya en tant que président.

Il s'agira de son quatrième voyage en Afrique subsaharienne depuis son arrivée à la Maison-Blanche il y a plus de six ans.

À Nairobi, il participera au «Sommet mondial de l'entrepreneuriat» qui rassemblera plus de 1000 créateurs d'entreprises venus d'Afrique et d'ailleurs afin de mettre l'accent sur l'innovation sur le continent.

Les États-Unis ne pointent qu'à la troisième place au tableau des échanges commerciaux avec l'Afrique, loin derrière l'Union européenne et la Chine.

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