Mali: deux enfants et un Casque bleu tués à Kidal

La Mission de l'ONU au Mali a déploré... (Photo: AFP)

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La Mission de l'ONU au Mali a déploré un soldat mort et huit blessés dans ses rangs, ainsi que deux enfants tués et trois adultes blessés parmi la population civile à l'extérieur du camp.

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Serge DANIEL
Agence France-Presse
Bamako

Deux enfants et un Casque bleu tchadien ont été tués dimanche par des tirs de roquettes à Kidal, dans le nord-est du Mali, au lendemain d'un attentat meurtrier à Bamako, le premier à frapper des Occidentaux dans la capitale.

Le corps de l'un des cinq tués de l'attentat, un Français de 30 ans, Fabien Guyomard, devait être rapatrié lundi soir. Un Belge, le lieutenant-colonel Ronny Piens, 44 ans, responsable de la sécurité pour la délégation de l'Union européenne (UE) fait partie des morts, ainsi que trois Maliens.

L'attentat a également fait huit blessés, dont deux militaires suisses, qui ont été rapatriés dimanche après avoir été évacués au Sénégal et se trouvaient hors de danger, a annoncé l'armée suisse.

Contrairement à l'attaque de Bamako, revendiquée par Al-Mourabitoune, le groupe djihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, les auteurs des tirs de roquettes contre un camp de l'ONU à Kidal, fréquents dans ce bastion de la rébellion, ne se sont pas fait connaître dans l'immédiat.

La Mission de l'ONU au Mali (MINUSMA) a déploré un soldat mort et huit blessés dans ses rangs, ainsi que deux enfants tués et trois adultes blessés parmi la population civile à l'extérieur du camp.

Une source au sein de la MINUSMA a indiqué que le soldat tué était tchadien.

Selon une source sécuritaire de la MINUSMA, les civils touchés, appartenant à la tribu arabe des Kountas, se trouvaient dans un campement situé à environ trois kilomètres de la base de l'ONU.

«Vers 05h40 le camp de la MINUSMA à Kidal a essuyé plus d'une trentaine de tirs de roquettes et d'obus», et les Casques bleus ont répliqué peu après à deux kilomètres du camp, «une fois la provenance des tirs établie», selon un communiqué.

«Cette attaque intervient alors que des progrès ont été enregistrés à Alger lors des pourparlers de paix», ajoute la force de l'ONU, en référence à l'accord paraphé le 1er mars par le gouvernement, mais pas encore par la rébellion à dominante touareg du Nord.

Le Conseil de sécurité a condamné une attaque «haineuse», assurant que leurs auteurs devraient «rendre des comptes».

Sécurité insuffisante avant l'attentat 

Forte de quelque 10 000 militaires et policiers, la MINUSMA a mis à la disposition du Mali des enquêteurs et experts en scènes de crime pour retrouver les auteurs de l'attentat de Bamako.

Une source policière a fait état d'«indices sur le véhicule qui a servi à transporter le commando auteur des crimes commis à Bamako», sans autre précision.

La sécurité était renforcée dans la capitale, où les contrôles étaient stricts sur les trois ponts enjambant le fleuve Niger, et la police anticriminelle était déployée en force, équipée de gilets pare-balles.

Un ami malien du Français tué, rescapé de l'attentat, Zakaria Maïga, s'est dit «surpris» de la facilité avec laquelle les assaillants ont pu «avec des grenades - ils étaient bien équipés - venir au centre ville, là où il y a la police malienne, l'armée malienne et la MINUSMA».

Signe de la tension, notamment au sein de la communauté expatriée, le lycée français de Bamako a annoncé que la rentrée scolaire d'après les vacances, prévue lundi, était reportée de deux jours.

Dans sa revendication, le groupe Al-Mourabitoune a dit vouloir venger non seulement un de ses chefs, Ahmed el-Tilemsi, tué par l'armée française en décembre, mais surtout son prophète, «de l'Occident mécréant qui l'a insulté et moqué».

Il faisait allusion aux caricatures du prophète Mohammad publiées par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, dont une partie de la rédaction avait été massacrée deux mois auparavant, jour pour jour, par deux djihadistes à Paris.

Bamako vit sous la menace djihadiste depuis que le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda.

Ces groupes ont été partiellement chassés par l'opération militaire «Serval», lancée à l'initiative de la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l'opération «Barkhane», dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la zone sahélo-saharienne.

Des zones entières échappent néanmoins toujours au pouvoir central, mais les attaques djihadistes, qui s'étaient multipliées depuis l'été, surtout contre la MINUSMA, ont récemment diminué d'intensité.

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