L'UA appelle à la mobilisation contre Boko Haram et porte Mugabe à sa tête

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Le sommet, qui se tient vendredi et samedi dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, a par ailleurs désigné à la présidence tournante de l'UA le chef de l'État zimbabwéen Robert Mugabe.

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Karim LEBHOUR, Tristan MCCONNELL
Agence France-Presse
ADDIS ABEBA, Éthiopie

L'Union africaine a appelé vendredi à «une réponse collective» contre Boko Haram, alertant sur la menace que les islamistes nigérians incarnent pour la sécurité et le développement du continent, en ouverture d'un sommet de l'organisation panafricaine.

Le sommet, qui se tient vendredi et samedi dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, a par ailleurs désigné à la présidence tournante de l'UA le chef de l'État zimbabwéen Robert Mugabe.

«Le terrorisme, en particulier la brutalité de Boko Haram contre nos populations, est une menace à notre sécurité collective et à notre développement. Elle s'est désormais propagée à la région au-delà du Nigeria et nécessite une réponse collective, efficace et décisive», a déclaré la présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.

«Boko Haram (...) représente un danger pour la paix et la sécurité nationale (au Nigeria), régionale et internationale», a abondé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la tribune.

Dans la nuit, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA avait appelé à la création d'une force militaire régionale de 7500 hommes pour contrer Boko Haram, dont l'avancée au Nigeria - le groupe armé s'est emparé de territoires entiers du nord-est du pays - et les incursions au Cameroun inquiètent les pays voisins. L'insurrection et sa répression par l'armée nigériane ont fait plus de 13 000 morts depuis 2009.

Nigeria, Cameroun, Niger, Tchad et Bénin avaient déjà convenu fin 2014 d'établir une force de 3000 hommes. Mais elle n'est toujours pas opérationnelle du fait de dissensions entre Abuja et ses voisins.

La chef de l'exécutif de l'UA a aussi rappelé les autres conflits ravageant le continent : Somalie, Mali, Libye, Soudan du Sud et République démocratique du Congo (RDC), où l'armée a annoncé jeudi le lancement d'une offensive contre des rebelles rwandais enracinés depuis 20 ans dans l'est.

Un sommet de l'IGAD, l'organisation intergouvernementale est-africaine, est prévu samedi pour tenter d'arracher un accord entre le président sud-soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, dont la rivalité a plongé depuis décembre 2013 la plus jeune nation du monde dans une guerre civile.

Dans son discours d'investiture, M. Mugabe, bientôt 91 ans et connu pour ses tirades contre l'Occident et les «impérialistes», a de son côté appelé à protéger les ressources naturelles de l'Afrique.

«Les ressources africaines devraient appartenir à l'Afrique, et à personne d'autre que ceux que nous invitons comme amis», a-t-il lancé. «Nous devons avoir des amis, mais plus d'impérialistes ou de colonisateurs».

Mauvais signal 

Ban Ki-moon a abordé un autre sujet brûlant : il a appelé les dirigeants africains à «ne pas s'accrocher au pouvoir» et à «quitter leurs fonctions à l'issue de leur mandat».

«Les changements de Constitution non démocratiques et les vides juridiques ne devraient pas être utilisés pour s'accrocher au pouvoir», a lancé M. Ban, trois mois après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir parce qu'il tentait de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat.

«Les dirigeants modernes ne peuvent se permettre d'ignorer les voeux et aspirations de ceux qu'ils représentent», a poursuivi M. Ban.

En ce sens, la désignation à la tête de l'UA de l'autocrate Robert Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance de son pays en 1980, est un mauvais signal envoyé par l'organisation sur les valeurs de démocratie et de gouvernance qu'elle prétend défendre, selon des observateurs.

M. Mugabe est accusé par ses adversaires de s'être maintenu à la tête de l'État par l'intimidation, la violence et des scrutins frauduleux.

En RDC, le pouvoir a dû retirer mi-janvier, après des violences meurtrières, une disposition litigieuse d'une loi électorale. Elle aurait entraîné un report de la présidentielle et permis au président Joseph Kabila de rester au pouvoir à l'expiration de son mandat.

Au Burundi, une tentative de lever la limitation constitutionnelle du nombre de mandats a échoué en mars 2014. Mais les partisans du président Pierre Nkurunziza estiment que la Constitution actuelle l'autorise à en briguer un nouveau, ce que réfutent ses opposants.

D'autres chefs d'État (Rwanda, Togo, Congo-Brazzaville) sont soupçonnés de vouloir modifier leurs Constitutions pour rester au pouvoir.

Une quinzaine de scrutins présidentiels et législatifs sont prévus en Afrique en 2015. Les dirigeants rassemblés vendredi et samedi devraient tenter de prévenir les violences électorales redoutées en Égypte, au Burundi ou en Centrafrique.

Ils se pencheront aussi sur le rétablissement économique des pays touchés par l'Ebola. L'épidémie, qui a fait environ 9000 morts en un an (essentiellement au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone), a ralenti, mais n'est pas encore «endiguée», selon l'ONU.

À l'ordre du jour figure également la question du financement de l'UA, largement assuré par ses partenaires occidentaux. L'organisation a d'ores et déjà demandé à l'ONU de financer la force régionale anti-Boko Haram.

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