Ouganda: un chef de la LRA en route vers La Haye

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Dominic Ongwen (ci-dessus) s'était rendu début janvier en Centrafrique, portant un coup sévère à l'Armée de résistance du Seigneur commandée par Joseph Kony qui a semé la terreur pendant une trentaine d'années dans plusieurs pays d'Afrique centrale.

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Agence France-Presse
La Haye

Dominic Ongwen, l'un des principaux chefs de la sanguinaire rébellion ougandaise de la LRA qui s'est rendu début janvier, est en route vers le centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a-t-on appris mardi auprès de la Cour.

L'avion transportant Dominic Ongwen depuis la Centrafrique «a décollé vers 17H00 GMT et devrait arriver demain (mercredi) dans la matinée», a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Cour, Fadi El Abdallah.

Dans un communiqué, la Cour a précisé que Dominic Ongwen était «accompagné par une délégation de la CPI», rappelant qu'il avait été remis samedi à la garde de la Cour.

Dominic Ongwen s'était rendu début janvier en Centrafrique, portant un coup sévère à l'Armée de résistance du Seigneur commandée par Joseph Kony qui a semé la terreur pendant une trentaine d'années dans plusieurs pays d'Afrique centrale.

Il était recherché depuis près de dix ans par la CPI pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Les États-Unis offraient cinq millions de dollars pour sa capture.

«À son arrivée, M. Ongwen recevra une visite médicale et comparaîtra, le plus tôt possible, devant les juges en présence d'un avocat de la défense», a précisé la CPI, soulignant que la date de l'audience n'avait pas encore été fixée.

Cette audience est destinée à confirmer son identité, vérifier la langue utilisée pour les procédures et à informer le suspect des charges retenues à son encontre.

Les juges doivent également fixer la date de l'audience de confirmation des charges, étape préalable à l'ouverture d'un éventuel procès.

Le Sénégalais Sidiki Kaba, président de l'assemblée des États parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, a affirmé que ce transfert était un «succès important».

«Les communautés touchées auront désormais l'occasion de voir la justice internationale se pencher sur la violence horrible commise en Ouganda», a-t-il ajouté, cité dans le communiqué.

Le département d'État américain s'est félicité dans un communiqué de cette «avancée vers la justice pour les victimes».

Dans un communiqué, le Conseil de sécurité des Nations unies a également «rendu hommage à toutes les victimes de crimes perpétrés par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA)».

Créée aux alentours de 1987, la LRA opérait alors dans le nord de l'Ouganda, où elle a multiplié les exactions --enlèvements d'enfants transformés en soldats et en esclaves, mutilations et massacres de civils. Elle en a été chassée au milieu des années 2000 par l'armée ougandaise, avant de s'éparpiller dans les forêts équatoriales des pays alentour, dont la Centrafrique.

Dominic Ongwen est lui-même un ancien enfant soldat.

Le mandat d'arrêt de la CPI, délivré en 2005, énumère sept chefs d'accusation.

M. Ongwen se serait ainsi rendu coupable de trois chefs de crimes contre l'humanité: le meurtre, la réduction en esclavage et des actes inhumains causant de grandes souffrances.

Il est également accusé de quatre chefs de crimes de guerre, dont des meurtres, des traitements cruels, le fait de diriger intentionnellement une attaque contre une population civile et des pillages.

Selon l'ONU, la rébellion a, depuis sa création, tué plus de 100 000 personnes en Afrique centrale et enlevé plus de 60 000 enfants.

Joseph Kony reste le dernier dirigeant de la milice toujours en liberté, selon l'armée ougandaise. La LRA ne compterait plus que 150 hommes environ.

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