RDC: violentes manifestations anti-Kabila à Kinshasa

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Des policiers anti-émeute montent la garde dans le centre de Kinshasa, le 12 janvier.

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Agence France-Presse
KINSHASA

Trois personnes, dont un policier, ont été tuées lundi à Kinshasa lors de violentes manifestations ayant tourné par endroits à l'émeute, a indiqué à l'AFP un haut responsable gouvernemental.

«Un policier a été tué», a déclaré ce responsable sous couvert de l'anonymat, «on décompte également deux morts parmi les pilleurs».

La capitale de la République démocratique du Congo a été secouée vendredi par de violents affrontements en divers points de la ville entre force de l'ordre et jeunes scandant des slogans hostiles au président Joseph Kabila. Dans le sud de la capitale, près de l'Université de Kinshasa (Unikin) une journaliste de l'AFP a vu les policiers ouvrir le feu sur des étudiants pour les disperser.

Plusieurs témoins ont rapporté des scènes de pillages dans la ville, ayant visé en particulier des magasins tenus par des Chinois.

Le bilan des violences pourrait être plus élevé dans la mesure où, selon une source hospitalière, deux manifestants tués par balle ont été admis à la morgue de l'Hôpital général de Kinshasa, sans que l'on puisse dire si ces morts correspondent aux «pilleurs» mentionnés par le haut responsable.

Une journaliste de l'AFP s'est vu refuser l'accès à la morgue par les forces de l'ordre.

Un collectif d'opposants avait appelé les habitants «à occuper massivement» le parlement pour protester contre le projet de loi électorale en cours d'adoption par les élus et qui a été voulu, selon ses détracteurs, par M. Kabila lui-même pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat, fin 2016. Joseph Kabila est à la tête de la RDC depuis 2001.

Selon diverses sources hospitalières, cinq manifestants au moins ont été blessés par balle.

Très tôt, des centaines de policiers et de soldats de la Garde républicaine (GR) ont bouclé le parlement, empêchant tout passage dans un large périmètre autour du Palais du peuple, incluant les sièges de plusieurs partis politiques d'opposition.

Les violences ont eu lieu alors que M. Kabila recevait son homologue angolais, José Edouardo dos Santos, à l'occasion de la signature d'accords de coopération économique.



«Démocratie confisquée»

Près de la place Victoire, dans le centre de la capitale, les policiers ont dispersé dans la matinée à coup de grenades lacrymogènes un groupe d'environ 200 jeunes qui scandaient des slogans appelant le président Kabila à «partir à la fin de son mandat».

Vers 13 h, selon une journaliste de l'AFP, un autre groupe aussi nombreux a été dispersé dans le quartier de Bandalungwa par des militaires à bord d'une jeep, qui ont tiré trois coups de feu en l'air.

Alors que la situation semblait commencer à s'apaiser, un porte-parole de la police a indiqué à l'AFP que les «opérations» étaient toujours en cours et qu'il était encore trop tôt pour avoir un bilan.

Dans bien des endroits, la capitale ressemblait à une ville morte : rues désertes, écoles fermées, transports en commun perturbés. Nombre d'habitants et d'écoliers sont restés chez eux.

Sur les grands axes menant au riche quartier Gombe, où se trouvent administrations et ministères, on pouvait voir des policiers et soldats à chaque carrefour, alors qu'un hélicoptère militaire patrouillait dans le ciel. Le siège de la télévision publique était gardé par des postes de GR armés de mitrailleuses.

Ville morte, Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans le sud-est, l'a été également pendant une bonne partie de la journée, selon plusieurs témoins. Un fort déploiement militaire et policier semble y avoir dissuadé toute velléité de manifester.

Joint par téléphone, Vital Kamerhe, président de l'Union pour la Nation congolaise (UNC), troisième parti d'opposition au parlement, a dénoncé le déploiement des policiers l'ayant contraint selon son parti à ne pas quitter à Kinshasa ses locaux de 1 h du matin (minuit GMT; 19 h dimanche à Montréal) jusqu'à ce qu'il puisse finalement en sortir vers 15 h 30 (9 h 30 à Montréal). «C'est une confiscation de la démocratie par la famille politique de M. Kabila», a-t-il dit.

Ancien président de l'Assemblée nationale et ex-meilleur allié de M. Kabila, M. Kamerhe est aujourd'hui un de ses opposants les plus bruyants. À Bukavu, son fief du Sud-Kivu, dans l'est du pays, près de 200 manifestants ont manifesté en sa faveur.

À Goma, capitale du Nord-Kivu, un correspondant de l'AFP a vu 16 opposants arrêtés pour avoir bravé l'interdiction de manifester décrétée par le maire de la ville.

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