Mali: nouvelle attaque contre le camp de l'ONU à Kidal

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et... (Photo HABIBOU KOUYATE, AFP)

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Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita.

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Agence France-Presse
BAMAKO

Le camp de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) à Kidal, dans l'extrême nord-est du pays, a été samedi la cible d'une nouvelle attaque au cours de laquelle un Casque bleu tchadien a été tué, a indiqué à l'AFP une source à la Minusma.

Tôt samedi matin à Kidal, «le camp de la Minusma a été attaqué par les terroristes. Ils ont d'abord lancé un camion piégé vers une entrée du camp. Ensuite, ils ont attaqué. Les soldats de la Minusma ont riposté. Malheureusement, un soldat tchadien de la Minusma a été tué, un autre blessé», a déclaré cette source, travaillant à la Minusma dans cette ville à plus de 1500 km au nord-est de Bamako.

«C'est la première fois que les forces de la Minusma interviennent aussi énergiquement pour faire repousser une attaque», a-t-elle souligné. Plus de dix obus, selon cette source, ont été tirés contre le camp lors de l'assaut.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné cette attaque et a réaffirmé la détermination de l'ONU, indique un communiqué de son porte-parole.

L'attaque de samedi et celles qui l'ont précédée «ne changeront pas la détermination des Nations Unies à soutenir le peuple malien dans sa recherche de la paix», déclare ce communiqué.

«Cette dernière attaque ne fait que souligner l'urgence de parvenir à un règlement politique pour mettre fin au conflit et pour assurer le rétablissement complet de l'autorité de l'État sur la totalité du territoire malien», ajoute le communiqué de l'ONU.

Un habitant de Kidal joint par l'AFP a affirmé avoir entendu samedi matin des «coups de feu nourris vers le camp de la Minusma», avec «des tirs et des +contre-tirs+», sans être en mesure d'en identifier les sources. Ces échanges de tirs poussaient les résidents à rester calfeutrés chez eux.

La Minusma, qui a pris en juillet 2013 le relais d'une force panafricaine pour contribuer à la stabilisation du Mali, a perdu ces derniers mois plusieurs Casques bleus dans les attaques, qui ont également causé de nombreux blessés dans ses rangs.

Le 9 janvier, sept Casques bleus sénégalais avaient été blessés lorsque leur véhicule a sauté sur un engin explosif à Kidal, selon la Minusma, qui avait dénoncé une «attaque terroriste» contre ses forces.

Le 4 janvier, six soldats nigériens de l'ONU avaient aussi été blessés par un engin explosif entre les localités de Ménaka et Ansongo, dans la région de Gao, au sud de Kidal.

Les violences, qui étaient généralement localisées dans les trois régions administratives formant le Nord, sont également été enregistrées depuis début janvier dans des régions du centre du pays.

Vendredi, des djihadistes ont attaqué la ville de Ténenkou, dans la région de Mopti, où l'armée malienne a riposté. Au moins deux militaires maliens y ont été tués, selon une autorité locale et une source au sein de la Minusma.

La semaine dernière, des combattants islamistes avaient tenté sans succès d'attaquer Ténenkou mais avaient réussi à frapper d'autres localités de la région voisine de Ségou: une garnison à Nampala, le 5 janvier, la mairie de Dioura dans la nuit du 6 au 7 janvier. Au moins onze soldats maliens ont péri à Nampala, et un civil a été tué près de Dioura, d'après des sources concordantes.

L'attaque contre la garnison de Nampala avait été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dans des déclarations à l'agence privée mauritanienne Al-Akhbar.

Le centre du Mali se situe à la frontière d'une zone où opèrent les groupes armés, dans le vaste Nord ayant été contrôlé pendant près de dix mois - entre 2012 et début 2013 - par divers mouvements dont certains liés à Al-Qaïda.

Les groupes djihadistes ont été chassés en grande partie de ces régions par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France à travers l'opération Serval, ensuite rejointe par des troupes de plusieurs pays.

Des islamistes restent cependant actifs dans ces zones, où opèrent également diverses bandes armées qui se sont également affrontées entre elles dernièrement.

Serval a cédé la place en août 2014 à Barkhane, dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la zone sahélo-saharienne.

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