Soudan: l'ONU juge «inacceptable» l'expulsion de deux de ses responsables

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Dans un communiqué publié jeudi soir, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a «condamné la décision du gouvernement soudanais d'expulser» les deux responsables. Il l'a estimé «inacceptable».

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Les Nations unies ont protesté jeudi auprès de Khartoum après la décision soudanaise d'expulser deux de leurs principaux représentants sur place et ont demandé au gouvernement soudanais d'annuler immédiatement cette décision jugée «inacceptable».

«L'ONU a émis une protestation officielle auprès du gouvernement soudanais à la suite de sa décision de réclamer le départ du pays de deux hauts responsables des Nations unies», a confirmé à l'AFP le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

Il n'a pas précisé les raisons éventuelles invoquées par Khartoum ni dans quel délai les deux responsables devront partir. Il s'agit du coordinateur de l'ONU et du programme humanitaire au Soudan, Ali Zaatari, et de la directrice pour le Soudan du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) Yvonne Helle.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a «condamné la décision du gouvernement soudanais d'expulser» les deux responsables. Il l'a estimé «inacceptable», soulignant que les deux responsables onusiens accomplissaient leur mission «en conformité avec la charte de l'ONU».

Il a demandé à Khartoum de «revenir immédiatement sur cette décision» et l'a enjoint de «coopérer pleinement avec toutes les entités de l'ONU présentes au Soudan».

Une source de l'ONU ayant requis l'anonymat avait auparavant annoncé la décision soudanaise en soulignant que les raisons de cette demande n'étaient pas claires.

Contactés par l'AFP, le PNUD et le ministère soudanais des Affaires étrangères n'ont pas donné suite dans l'immédiat.

M. Zaatari, de nationalité jordanienne, est au Soudan depuis bientôt deux ans, et Mme Helle, une Néerlandaise, dirige depuis environ un an le bureau du PNUD dans le pays.

Cette décision de Khartoum survient alors que les tensions sont très vives entre les autorités soudanaises et la mission conjointe de maintien de la paix ONU-Union africaine au Darfour (Minuad).

La Minuad a provoqué la colère de Khartoum en voulant enquêter sur des allégations de viol collectif sur 200 femmes et filles par des soldats dans un village du Darfour le 31 octobre.

Khartoum a demandé à la Minuad «une stratégie de sortie» du Darfour, où elle déployée depuis 2007 pour protéger les civils et sécuriser l'aide humanitaire.

Cette région de l'ouest du Soudan est en proie à des violences depuis le soulèvement en 2003 de rebelles contre le pouvoir central et les élites arabes. Elles ont fait plus de 300 000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU.

L'expulsion de M. Zaatari et de Mme Helle est la dernière d'une série d'incidents et tensions avec les organisations humanitaires ou internationales au Soudan.

En avril, le gouvernement avait demandé à la patronne du Fonds des Nations unies pour la population au Soudan, l'Américaine Pamela DeLargy, de quitter le pays, l'accusant d'ingérence dans les affaires intérieures soudanaises.

Outre le conflit au Darfour, le pays est déchiré par des violences dans les États du Nil bleu et du Kordofan-Sud.

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